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Chapitre 10 : questions et réponses

LE MIROIR DE PEUT-ÊTRE
- Questions et Réponses--

----Oo00oo----

Pour Severus Rogue, le jour suivant passa dans une tache de confusion et d’émotions mélangées. D'une part, il était incroyablement flatteur de savoir que le Mage de Guerre le trouvait attirant. Mais d'autre part, Severus ne croyait pas une minute que cet homme était sincère dans son petit discours ' être tout ce que deux personnes peuvent être l'une pour l'autre ' .

Il était évident, cependant, que le professeur de Défense le trouvait désirable - peu importe quelles ses autres raisons puissent être. On ne pouvait simplement pas regarder une autre personne de cette manière persistante et ... appréciative ..., sans au moins quelque intérêt véritable.

// La question est// pensa Severus// que dois-je faire à ce propos //

Savoir qu'il devait y avoir quelque chose d'autre que le Mage de Guerre voulait de lui, ne signifiait pas que Severus devait jamais le lui donner. Tant qu'il refusait de satisfaire l'autre homme par quoi que ce soit de plus qu'une relation badine, alors quelques nuits passées ensemble ne compromettraient rien. En fait, cela pourrait même être utile, puisque le mage révélerait probablement sa raison réelle de vouloir cette liaison aussitôt qu'il pensait que Severus était suffisamment enamouré de lui.

Mais en attendant, cela pourrait être agréable d'avoir un lit chaud dans lequel dormir et quelqu'un à tenir près de soi durant la nuit. Cela avait été bien trop longtemps depuis la dernière fois que Severus avait apprécié le contact d'un amant et la solitude était, en effet, un aphrodisiaque très puissant.

Severus s'était permis quelques rapports occasionnels au cours des années et ne savait que trop bien comment ils se terminaient invariablement. Finalement, l'autre partie découvrait qu'il était vraiment exactement ce qu'il semblait être - et non pas quelque innocent au bon cœur secrètement réprimé - ou bien ils se rendaient finalement compte qu'ils n'allaient pas avoir quoi que ce soit qu'il voulaient et terminaient rapidement l'affaire pour essayer leur chance ailleurs.

Chaque fois que cela arrivait, cela causait à Severus une légère sensation de regret - mais c'était seulement une petite douleur, puisqu'il n'avait jamais été sous aucune illusion de la permanence du rapport en premier lieu. En fait, il était parfois reconnaissant qu’il n’y ait jamais eu de quelconque grand amour dans sa vie - les êtres aimés étaient une faiblesse que Voldemort exploité impitoyablement et ce bâtard avait assez de mainmise sur lui comme cela.

Et pourtant, tant que cela durait, la satisfaction que Severus tirait de l'amant occasionnel faisait plus que compenser n’importe quelle douleur minuscule qu’il sente quand ils partaient.

Mais cette fois, Severus se trouva à se demander si le Mage de Guerre pouvait vraiment désirer continuer la liaison après qu'il ait découvert que Severus ne lui donnerait pas du tout ce qu’il voulait.

Quand il avait vu la photo du mage pour la première fois dans la Gazette du Sorcier, Severus pouvait se souvenir avoir pensé que l'homme avait été béni avec un visage vraiment ordinaire. Pas beau, ni laid - c'était juste un visage et il serait facilement oublié dans une foule. Il y avait eu beaucoup de fois où Severus aurait tué pour avoir un tel visage - un qui ne l'identifierait pas, ni ferait que les gens se le rappellent aussi facilement que ses propres traits le faisaient.

Alors il avait vraiment rencontré l'homme.

Le Mage de Guerre Ash avait de la présence. Il pourrait probablement le charmer les oiseaux à descendre des maudits arbres s'il le voulait. En personne, il n'y avait rien d’oubliable en lui du tout. Même après la petite 'démonstration' d'Albus au banquet de bienvenue, la plupart des élèves - et certainement tout le personnel - était toujours enchantée par lui. Un peu plus circonspecte peut-être, mais enchantée néanmoins.

Cela étant le cas, le mage aurait pu se trouver un amant n'importe où, où il le voulait. Pré-au-Lard, par exemple, était commodément proche et avait une population suffisamment grande pour qu'il y ait certainement plusieurs sorcières appropriées qu’il aurait pu approcher.

Mais il n'y avait pas énormément de sorciers appropriés qu’il aurait pu approcher.
Les sorciers qui préféraient la société intime d'autres hommes étaient en minorité et tandis qu'ils n'étaient pas chassés ou persécutés, une préférence pour votre propre sexe était toujours considérée comme quelque peu ... décevante… par la famille d’un jeune sorcier ou d’une sorcière.

Severus - qui n'avait ni frère ni soeur et dont les parents étaient morts avant son douzième anniversaire - n'avait eu personne à décevoir. Ainsi, il ne s'était jamais donné la peine de cacher ses préférences et n'avait jamais senti d'obligation 'de s’installer' et de produire des petits-enfants. C'était seulement son désir intense de vie privée et son dégoût des démonstrations émotionnelles publiques, qui tenaient les autres dans l'ignorance.

Cela voulait dire qu’il aurait été relativement facile pour le mage de découvrir que Severus était seulement intéressé par les hommes. Certainement que Albus et Minerva le savaient et probablement plusieurs des autres enseignants aussi. Quelques sourires charmeurs et quelque commérage de salle des professeurs se seraient assurés que le professeur de Défense soit aussi au courant de l'information.

Si le Mage de Guerre était exclusivement intéressé par les hommes, alors il y avait une chance qu’il puisse accepter une offre de continuer un rapport occasionnel simplement parce que c'était commode. Il était attiré par Severus - il savait déjà que Severus avait une préférence pour des amants masculins - et ils étaient tous les deux enseignants à Poudlard : vivant même dans le même couloir isolé.

Et pourtant...

On ne survivait pas à la vie que Severus avait vécue en étant quoi que ce soit de moins que brutalement honnête avec soi-même et Rogue était bien conscient qu'avec son nez crochu et son teint pâle, il n'était pas exactement le type même de la beauté masculine. Il n'était en aucun cas laid non plus, mais il n'était pas très probable qu’il apparaisse sur la couverture de Sorcière Hebdo avant longtemps.

Si le mage pouvait se déranger à faire quelque enquête, il en trouverait finalement d'autres qui étaient plus jeunes, plus beaux et pas si enclins aux insultes et au sarcasme. À ce point, 'convenance' était tout ce qui pouvait rester en faveur de Severus.

Ce n'était pas vraiment une grande motivation.

Et ainsi, Severus passa une grande partie du samedi à hésiter entre la pensée qu'il pourrait être agréable de se permettre une brève relation et la connaissance que cela ne durerait probablement pas très longtemps - et qu’ensuite il devrait supporter de voir l'homme tous les jours et de savoir qu’il avait probablement un amant autre part .
Severus n’avait pas besoin de cette sorte de rappel déprimant dans sa vie.

Cependant, ce ne fut que samedi soir tard qu’il réalisa soudainement qu’il y avait une ou deux raisons très importantes pour lesquelles Severus Rogue devrait probablement mieux rester aussi loin du professeur de Défense qu'il le pouvait ... et assez curieusement, ce fut un verre de vin qui lui rappela finalement les réalités de la vie - ou du moins les réalités de sa vie.

----Oo00oo----

Il était tard - plusieurs heures après dîner - et Severus s'était depuis longtemps retiré dans ses quartiers. Il était confortablement installé dans son fauteuil favori, observant le feu s’éteindre dans le foyer. Après avoir distraitement pris une petite gorgée de son verre à vin, il baissa son bras seulement pour voir ses yeux attirés par les lumières vacillantes reflétées dans le délicat cristal plombé. Severus nota que la couleur rouge du vin ressemblait remarquablement à du sang dans cette lumière.

Alors ses yeux furent attirés par une image plus sombre.

Quand il avait levé le verre à vin à ses lèvres, la manche de ses robes était tombée en arrière, exposant la Marque Sombre sur son avant-bras. Avec sa paume vers le haut pour bercer le verre, la Marque était entièrement exposée dans la lueur du feu - un rappel indélébile de la présence de Voldemort dans sa vie - et d'où sa loyauté publique était supposé être.

Voir la Marque sur son bras fut comme si on lui avait jeté un seau d'eau glacée.

Le Mage de Guerre avait déjà tué un Mangemort et Severus avait entendu par d'autres que l'homme avait aussi refusé l'invitation du Seigneur des Ténèbres de les rejoindre - et refusé d'une telle façon qu'il avait fait comprendre qu'il ne ressentait rien que du mépris et du dégoût pour Voldemort et tous ses disciples.

// Que pensais-je // vint la réalisation secouée. // Même si le mage ne me tuait pas, Voldemort le ferait//

Aucun des amants précédents de Severus n'avait été puissant, visible, ou assez important, pour que Voldemort s’en soucie aucunement - et tous avaient déjà su à propos de la Marque Sombre. Mais dans le cas du Mage de Guerre, Voldemort devrait se demander pourquoi l’un de ses serviteurs censé être loyal s’était lié avec un homme puissant et dangereux qui s'était déjà déclaré ennemi. Severus avait assez de problèmes à faire que le Seigneur des Ténèbres reste convaincu qu’il était loyal, sans lui donner plus de raisons d'en douter. Et quant au mage lui-même, Severus ne pouvait certainement pas expliquer qu'il était l'espion de Dumbledore! Même si le professeur de Défense le croyait, Severus n'avait pas survécu si longtemps en faisant confiance à des étrangers complets quant à ses secrets les plus étroitement gardés.

Et certainement pas pour quelque chose d’aussi insignifiant qu’une relation sexuelle!
// Maudit enfer// jura-t-il. // Qu'est-ce qui ne va pas avec moi ? - un regard d'un homme que je connais à peine, et je ne suis pas mieux que ces idiotes hormones marchantes auxquelles je suis forcé d’enseigner toute la semaine//

Inquiet que son sens finement aiguisé de survie glisse, Severus étudia sa réaction au Mage de Guerre avec autant de logique froide qu'il pouvait rassembler. Tardivement, il se rappela la version sombre et dangereuse du mage qu'il avait entrevu à la fin de leur première rencontre tardive du soir dans la salle des professeurs. Il pouvait se rappeler avoir alors pensé que l'homme avait déjà tué un des serviteurs de Voldemort. Pourquoi l'avait-il oublié ?

Finalement, Severus atteignit la conclusion que c’était probablement parce qu'il avait passé la journée à penser au mage comme à un amant potentiel. Il n'avait jamais eu à s’inquiéter de Voldemort - ou d’un violent préjugé anti-Mangemort - avec l’un de ses partenaires précédents. Cela n'avait simplement pas été une question. De quelque façon étrange, ces expériences précédentes s'étaient mêlées ensemble dans son subconscient et d'une façon ou d'une autre ... isolé ... son idée d'un partenaire sexuel de la plus large image de sa vie.

C'était un isolement dangereux - et maintenant qu'il en était conscient, il ferait attention de s’en garder à l'avenir.

// Mais pour le moment// pensa-t-il en finissant son vin// je crois que je resterai bien loin du Mage de Guerre Ash. //

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Dimanche après-midi trouva Ron et Hermione à retourner à l'école en marchant après un plaisant après-midi passé avec Hagrid. Ils étaient devenus beaucoup plus proches du demi-géant depuis qu'ils avaient découvert qu'il avait toujours une connexion avec Harry. Chaque jour ils s'arrêtaient en passant pour lui rendre visite, qui commençait toujours par l'assurance de Hagrid que Harry allait très bien. De là ils parlaient souvent de leur ami disparu, avant de passer à d'autres sujets comme l'école, leurs classes et le monde en général.

Ron aimait entendre Hagrid raconter des histoires au sujet de Charlie - un de ses frères aînés- et des espiègleries qu'il avait faites quand il avait été élève à Poudlard. En fait, Charlie avait toujours partagé l'amour bizarre de Hagrid pour les animaux dangereux et Ron soupçonnait à titre privé que Hagrid aurait même pu être la cause de la décision de Charlie d'étudier des dragons.

Cela avait étonné Ron d’apprendre que son frère et Hagrid s’envoyaient toujours des hiboux régulièrement l'un à l'autre et que Hagrid avait même un album photo plein d’images de Norbert - toutes venant de Charlie. Comme le norvégien à crête avait grandi, Hagrid avait acquis de nouvelles images du frère de Ron, détaillant tous les changements physiques du dragon.

"Regard’ là, Ron!" avait pointé Hagrid avaient avec enthousiasme . "C'est l’ premier vol de Norbert! Ton frère l’a attrapé just’ comm’ il sautait de la roche! Et bien, il était plutôt en train d‘ tomber, en fait - mais ses ailes étaient étendues et Charlie a dit qu’il s’était posé bien à six mètres dans la pente! Son premier vol - mon petit Norbert!"

Après cela, ils avaient aussi vu la première chasse de Norbert et la première proie de Norbert - à quoi Hermione avait réagi par "Ewww ..." - mais Hagrid n'avait pas semblé le remarquer et continué à parler de la première rencontre de Norbert avec d'autres dragons et comment ils l'avaient accepté et le premier ci de Norbert et le premier ça de Norbert, jusqu'à ce que finalement il n'y ait plus de photos.

Cela avait été intéressant pour Ron parce que cela impliquait son frère et le travail que Charlie faisait en Roumanie. Mais pour Hermione, cela avait été intéressant (même si un peu sanguinaire) parce qu'elle s'était soudainement rendue compte que Hagrid devait avoir voulu parler de Norbert avec quelqu'un depuis une éternité. Mais puisque très peu de personnes savaient que Hagrid avait autrefois possédé un dragon domestique illégal, il n'y avait vraiment personne à qui il pouvait le dire.

Hermione découvrit qu'elle aimait assez le sentiment qui venait de simplement être assis là et de permettre à Hagrid de bavarder à propos de son dragon. Ce n'était pas dur à faire et cela rendait le demi-géant très heureux. En retour, son bonheur bouillonnait jusqu'à remplir la pièce et à la fois Ron et Hermione partaient toujours avec des sourires sur leurs visages.

Ce dimanche après-midi particulier, comme elle et Ron faisaient leurs adieux au Garde-chasse, Hermione était particulièrement consciente de combien elle était plus gaie que quand elle était arrivée. Comme elle et Ron remontaient en marchant vers le château sous calme ciel de début d'automne, elle considéra ses émotions et la capacité inconsciente de Hagrid à la faire se sentir mieux.

// Cela pourrait-il être quelque chose dans le genre de la Magie du Coeur // se demanda-t-elle - et ensuite la pensée curieuse lui vint que peut-être que quelques sortes de pouvoirs n'étaient pas simplement sorciers ou moldus - mais allaient en degrés de ... 'magicalité', si un tel mot existait. Si c'était vrai, alors le bonheur qu'elle recevait en la compagnie de Hagrid était certainement de la Magie du Coeur - une forme moins magique que celle que Harry (ou peut-être Professeur Ash) avait exécutée, mais toujours de la Magie du Coeur néanmoins. Cela, à son tour, signifiait qu'il y avait des choses qui étaient à la fois moldues et magiques et pourraient, peut-être, seulement être vraiment comprises par des spécialistes avec les deux formations.

// Je me demande ce qui arriverait// pensa-t-elle// si on mettait à la fois des chercheurs moldus et sorciers à travailler ensemble sur le même problème ... //

En revenant de la hutte de Hagrid ce dimanche après-midi parfaitement ordinaire, Hermione n'avait pas idée qu'elle avait eu une révélation qui mènerait un jour à une entièrement nouvelle branche d'étude - une où science et magie seraient mélangées ensemble pour créer des merveilles basées sur le royaume nouvellement découvert de la technomagie.

Si Harry avait été là pour expliquer ses expériences dans le Miroir, il aurait pu lui parler d'un vieux mot utilisé pour une nouvelle situation, où 'magicien' en viendrait à signifier un moldu qui pouvait manipuler la magie à l'aide des machines verrouillées à sa signature mentale personnelle. Il n'y aurait jamais beaucoup de tels moldus, puisque la liaison entre l'esprit et le mécanisme exigeait que le magicien comprenne aussi ce que le dispositif faisait - en effet cela limitait le cadeau de la magie à ceux qui avaient la capacité de créer de telles machines.

Mais l'une des chose dont Harry ne lui aurait jamais parlé, était Robert - le tout premier magicien moldu - et l'homme qui pourrait un jour aussi être son mari.

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Comme Ron et Hermione entraient dans l'école, ils se trouvèrent à parler encore une fois de Harry et par extension, de leur frustration avec Patmol, Lunard et leur professeur de Défense.

"Qu’est-ce que la lettre de Patmol disait, déjà ?" demanda Hermione.

Ron grimaça. "Seulement que Harry est en sécuritéet que nous ne devions pas nous inquiéter. Je ne peux pas croire que lui et Lunard sont partis sans nous dire ce qui se passait! Nous avons attendu et attendu - c'était de la torture d’être assise en Défense et d’avoir professeur Ash se tenir là devant nous comme si rien n'était arrivé! Et maintenant cela! Ne vous inquiétez pas, qu’il dit! Et bien, je suis sacrément inquiet!"

"Oui et c'est très étrange, aussi," acquiesça Hermione. "Tu te rappelles de ce que le professeur a dit ? - il a dit qu'il n'avait rien fait à Harry qu'il se soucie de discuter devant ses élèves. On dirait qu’il sait exactement ce qui est arrivé..."

"Ouais - et je parie il a dit à Patmol un tissu de mensonges énorme simplement pour nous laisser en suspens comme cela."

"Je ne le pense pas," désapprouva Hermione, "Patmol n'est pas stupide tu sais. Je ne pense pas qu'il accepterait une explication sans quelque preuve. Et Lunard est assez intelligent aussi. Je ne vois vraiment pas comment Professeur Ash aurait pu les duper tous les deux."

Ron fronça les sourcils. "Alors il a probablement jeté un sort sur eux ou quelque chose du genre."

Hermione sembla inquiète. "C’est toujours possible," admit-elle. "Mais alors pourquoi ne nous a-t-il rien fait ? Il sait que nous le soupçonnons."

"Peut-être," fit la voix de Ash derrière eux, "parce qu'il n'a rien fait de mal et n'a ainsi rien à craindre de vos soupçons."

Les deux élèves sursautèrent au premier mot et vers la fin de la déclaration du mage, ils lui faisaient tous les deux face, serrés l’un contre l’autre et pâles de peur.

Le professeur soupira. "Ecoutez, je ne suis vraiment pas le méchant gars ici, d’accord ?"

Ron réunit son courage et fit une moitié de pas en avant. "Dites-nous alors ce que vous avez fait de Harry," le défia-t-il. "Dites-nous où il est!"

Inopinément, Ash sourit. "Vous avez le courage et la ténacité de vrais amis," leur dit-il. "C'est …très bon ... de savoir combien vous vous souciez de lui."

"Alors vous allez nous le dire ?" demanda Hermione avec incertitude.

Le mage considéra cela. Après un moment, il répondit, "Je ne peux pas vous dire grand chose ..." et ensuite il regarda autour de lui, "-et je ne vais certainement pas discuter de cela dans un couloir, même s'il semble être vide." Il se tourna et leur fit geste de le suivre. "Venez," leur dit-il, "Nous parlerons de cela dans mes quartiers."

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Les deux élèves inquiets traînèrent après leur professeur, à demi effrayés d’être seuls avec lui et à demi espérant qu'ils pourraient finalement découvrir ce qui était arrivé à leur meilleur ami.

À un point, Ron se pencha près de Hermione et chuchota, "Est-ce que tu penses que nous devons le suivre comme cela ? Il pourrait essayer de nous attirer quelque part de privé où il puisse jeter un sort sur nous..."

Sans se retourner, Harry répondit, "Je n’aurais pas besoin de vous emmener à l’écart pour cela M. Weasley et vous devriez baisser plus votre voix plus si vous voulez parler en privé avec Mlle Granger."

Il y eut silence dans les couloirs après cela.

Peu après, ils arrivèrent à une partie du château qu'aucun des deux élèves n'avait visité depuis assez longtemps - pas depuis leurs voyages d'explorations pendant la première et la deuxième année, en fait.

"Le professeur Rogue ne vit-il pas quelque part par ici ?" demanda Ron à sa camarade Gryffondor.

"Je crois que oui..."

"Oui," leur dit Harry. "Ses appartements sont quelques portes plus loin que la mienne."

"Vous vivez à côté de Rogue ?!" s’exclama Ron.

"Professeur Rogue," répondit doucement le Mage de Guerre, "est un excellent voisin."

Ron lança à Hermione un regard incrédule. Elle répondit par un qui disait simplement 'Et alors ? - et de grâce, n'en fais pas tout un plat '.

Ron fronça les sourcils, mais ne poursuivit pas l'impossibilité d’un Rogue bon-voisin.

Comme ils tournaient dans le couloir final, à la fois Ron et Hermione furent étonnés de voir Drago Malfoy rôder alentour. Ils supposèrent immédiatement qu'il devait attendre pour voir Rogue - son Directeur de Maison - et furent étonnés quand il s'avéra qu’il attendait à la porte de Ash.

"Drago," reconnut Ash avec des tons chauds.

Ron et Hermione se lancèrent des regards inquiets. Ils n'avaient jamais entendu leur professeur de Défense s’adresser à l'autre garçon par quoi que ce soit d'autre que ' M. Malfoy ' en classe. Cela n'était pas de bon augure si le professeur était en fait ami avec ceux du genre Drago Malfoy!

Drago lui-même semblait tout à fait heureux que le Mage de Guerre veuille bien utiliser son prénom devant deux Gryffondors. Pour Drago, cela signifiait que le professeur n'était pas honteux d'être publiquement associé au fils d'un Mangemort. Et en considérant que Ash n'aimait pas les disciples du Seigneur des Ténèbres , cela confirmait seulement que le Professeur Ash pensait vraiment à lui comme à une personne séparée en lui-même - et non simplement comme au fils de son père.

Drago réussit à choquer les deux autres élèves de nouveau en donnant à son professeur un sourire authentiquement plaisant. "Professeur", répondit-il, "j'espérais vous parler, mais je vois que vous êtes occupé."

"Est-ce que c'était important ?" demanda Ash. "Je peux remettre cela à une autre fois si ça l’est."

"Non," répondit Drago, "c'était simplement pour parler - rien qui ne puisse pas attendre," et ensuite il sourit d'un air satisfait vers les deux Gryffondors, assumant évidemment qu’ils étaient sur le point d'être punis pour quelque chose.

Ron se hérissa et même Hermione sembla indignée.

"Drago," avertit doucement Ash, "ils n’ont pas d'ennuis - je dois simplement parler avec eux de quelque chose."

Drago sembla faiblement déçu. "Dommage", murmura-t-il, "j'espérais qu'ils avaient fait quelque chose d’extrêmement Gryffondor."

Harry ravala un rire, se rappelant comment Drago avait trouvé que la faiblesse des Gryffondors était d’être si courageux qu'ils faisaient de temps en temps des choses que seul un idiot essayerait.

Ron et Hermione regardèrent de leur enseignant à Drago et en arrière de nouveau - se demandant évidemment s'ils venaient juste d’être insultés, mais ne voulant pas admettre leur ignorance en posant la question.

Drago sembla seulement plus amusé comme il souhaita facilement au revoir au professeur de Défense et partit en flânant le long du couloir.

Ron surveilla le Serpentard à qui on ne pouvait pas faire confiance jusqu’à ce qu'il soit hors de vue. Il entendit le Professeur Ash dire "Ouvre toi" et se retourna pour voir le Mage de Guerre faire entrer Hermione à l'intérieur et attendre avec espoir qu’il suive.
Avec quelque agitation, il entra dans les quartiers personnels du Mage de Guerre .

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La pièce joyeuse et confortable au-delà de la porte fut une surprise complète. Ron et Hermione restèrent bouches bées au milieu de la salle de séjour de leur professeur de Défense comme ils se tournaient lentement sur place, absorbant graduellement toutes les curiosités étranges, entrelacées avec des objets familiers de l'école.

Le mage lui-même avait disparu dans la cuisine, les laissant parler en privé quelques moments.

"Ron ?" demanda Hermione tranquillement, "Cette pièce est..."

"... vraiment super," termina Ron d'une voix tranquillement stupéfiée.

"Tu le sens aussi ?"

"Ouais - c’est comme ... comme être dans notre salle commune ou quelque chose du genre - sauf que ce n'est pas simplement la salle commune de Gryffondor..."

"Non," acquiesça Hermione, "c'est l'école entière. J'ai l’impression d’être partie tout l’été et que je viens de passer la porte d'entrée de nouveau." Et comme elle continuait à regarder autour d‘elle, l'oeil de Hermione tombèrent sur une petite sphère de verre craquelée posée sur une des planches. Cela semblait familier, mais elle ne pouvait pas dire d’où - et alors le professeur revint.

Il portait un plateau avec de l'eau chaude, des tasses, du lait, des biscuits et du chocolat à boire - qu’il glissa adroitement sur une table basse près de la cheminée. "Voulez vous tous les deux du chocolat chaud ?" demanda-t-il.

Ils le regardèrent fixement, surpris. Hermione trouva sa voix d'abord et répondit poliment "Oui, merci, Professeur."

"Est-ce que tu es folle ?!" siffla Ron tout bas dans son oreille.

"Je pense," répondit Professeur Ash, "que Mlle Granger a simplement remarqué qu'il y a là trois tasses sur le plateau - indiquant que j'ai entièrement l'intention de boire le même mélange d’ingrédients qui seraient dans vos propres tasses. Ainsi, elle ne sent aucun besoin de s'inquiéter d'être empoisonnée ou qu’on lui glisse quelque potion étrange."

Ron eut la grâce de sembler embarrassé et marmonna en excuse "Désolé ,Hermione."

"Alors," demanda Ash de nouveau, "voulez-vous un chocolat chaud M. Weasley ?"

"Erm ... oui, merci," et ensuite - comme pour prouver qu’il était maintenant fermement du côté des buveurs de chocolat chauds - Ron demanda, "Sont-ce là des guimauves ?"

Un sourire joua sur les lèvres du professeur. "Non, j'ai peur que non." Répondit-il. "J’ai malheureusement dû faire don de mon dernier paquet à un ami. Cependant je demande humblement d’être pardonné et offre ces biscuits à la crème comme pauvre remplacement."

Généreusement, Ron déclara, "Ce n’est pas grave - je suis sûr que ceux-ci seront excellents."

Aucun des deux élèves ne remarqua qu'ils se détendaient lentement en présence du Mage de Guerre comme ses quartiers et sa plaisanterie légère continuaient à soulager leurs soupçons. Quand il avait le temps pour cela, Harry était très habile à faire que les gens aient confiance en lui - et ses deux amis valaient bien l'effort de les convaincre.Une fois qu'ils eurent tous une boisson et un biscuit dans leurs mains - et après que Ash ait délibérément pris la première petite gorgée de sa propre tasse - Ron et Hermione s’arrangèrent dans leurs sièges, les deux paires d'yeux épinglant avec espoir leur enseignant à sa chaise.

Ash leur sourit. "Oui", admit-il, "je sais vraiment où est Harry Potter et non - je ne peux pas vous le dire."

"Quoi !" cria Ron, "Pourquoi vous ne pouvez pas nous le dire ? Nous sommes ses meilleurs amis! Nous méritons autant que Dumbledore de le savoir !""Et Dumbledore ne sait pas non plus où il est," vint la réponse lisse.

"Mais le Directeur sait que vous savez," devina Hermione.

Leur enseignant hocha la tête d'accord.

Fronçant les sourcils de nouveau, Ron demanda, "Alors que pouvez-vous nous dire ?"

"Autant que j'en ai dit au Directeur - si vous jurez que vous ne direz rien à d'autres et que vous ferez attention de ne pas discuter de cela où il y a une chance que vous puissiez être entendus."

"Nous le jurons," consentirent-ils tous les deux promptement - et Ash fronça des sourcils à leur réponse rapide.

"Le faites-vous, vraiment," demanda-t-il lentement. "Et vous rendez-vous aussi compte que si certaines personnes à l'école venaient à entendre parler de cela, non seulement je deviendrai une cible pour leurs intrigues, mais vous en serez aussi une pour enlèvement et torture possible."

Les deux Gryffondors pâlirent.

"Cela," expliqua Ash, "est le risque que vous prenez quand vous connaissez plus de secrets que les gens autour de vous." Alors doucement, il ajouta, "Scientia est Potestas - 'La Connaissance est la Puissance' - et même le peu que je veux bien partager avec vous, est plus que Voldemort ne sait. Que pensez-vous qu'il ferait - ou plus pertinemment, y a t’il quoi que ce soit que vous pensiez qu'il ne ferait pas - s'il croyait que n'importe lequel d'entre vous puisse avoir une réponse à même une de ses questions ?"

Ron avala durement, "Il - il ne peut pas entrer à Poudlard - c’est trop bien protégé et Dumbledore est là..."

"Et vous n'allez pas chez vous pendant les vacances ?" demanda le Mage de Guerre avec des sourcils levés, "Vous n'avez pas d'amis - de famille - qui vive à l'extérieur de l'école ?"

"Ma famille est moldue," chuchota Hermione. "Ron - ils n’auraient pas une chance!"

Leur professeur de Défense se pencha en arrière dans sa chaise. "Ce n'est pas même une question de combien je vous en dis," expliqua-t-il, "c'est une question de combien l'ennemi pense que vous pourriez savoir - et comme vous l’avez dit, vous êtes les meilleurs amis de Harry..."

Maintenant à la fois Hermione et Ron semblaient considérablement plus sérieux à propos de quoi ils s‘engageaient.

"Êtes-vous sûrs que vous voulez savoir ?" Leur demanda Ash. "Ce serait plus sûr pour vous - et pour vos familles - si vous ne le saviez pas; mais je veux toujours bien vous le dire. Après cela, ce sera à vous de vous assurer que vous ne vous trahirez pas. Dumbledore comprend cela. Je dois m'assurer que vous deux le faites aussi."

Ce fut Hermione qui rompit finalement le silence. Se tournant vers Ron, elle dit, "Si nous faisons cela, alors nous ne pourrons jamais en discuter à l'extérieur de ces pièces ou du bureau du Directeur. Il y a des passages secrets et des portes cachées partout. Nous pourrions être entendus - même quand nous pensons que nous sommes seuls."

Avec une expression solennelle sur son visage, Ron admit péniblement, "Alors je ne pense pas que je doive rester. Je ... je pense que je devrais en parler Hermione. Je ne pense pas que je pourrais savoir où il est, ou ce qu'il fait et tenir tout cela bloqué à l'intérieur. Je dois parler de lui - cela me donne l’impression qu’un peu de lui est toujours ici."

Le Mage de Guerre les interrompit : "Vous seriez les bienvenus pour utiliser cette pièce chaque fois que vous le souhaitez. Mes quartiers sont sûrs et je suis parfaitement heureux de travailler dans mon étude si vous voulez être en privé. La seule chose dont vous devez être conscients, est que vous vous heurterez probablement à Drago de temps en temps. Il vient souvent ici après les cours."

Les deux élèves considérèrent cela. Soigneusement Hermione dit, "Professeur ... vous savez que son père est un Mangemort, n'est-ce pas ? Dites s'il vous plaît que vous n'avez pas dit à Malfoy à propos de Harry..."

Ash la considéra avec un air de déception. "Mlle Granger," dit-il, "vous faites une injustice à Drago. Il n'est pas son père et c'est injuste à vous de supposer qu'il sera un Mangemort simplement parce que Lucius Malfoy en est un. Allez-vous être un dentiste simplement parce que vos parents le sont ?"

Ron fut rapide à défendre son camarade Gryffondor. "Mais monsieur - Drago veut être un Mangemort!"

"Oh," répondit le professeur, "il vous a dit cela, non ? Lui avez vous réellement demandé?"

"Et bien, non - mais tout le monde sait-"

"Rien," interrompit fermement Ash. "Tout le monde ne sait rien. Ils - et vous - supposent beaucoup de choses."

"Vous voulez dire qu'il ne veut pas être un Mangemort ?" demanda Hermione avec quelque surprise.

"Ce n'est vraiment aucune de vos affaires," répondit calmement leur enseignant . "De quoi Drago et moi parlons est entre lui et moi - et je n’en discuterai pas avec vous, pas plus que je ne parlerais de notre conversation actuelle avec lui." Alors le mage inclina sa tête pensivement de côté et ajouta, "Cependant, cela peut vous intéresser de savoir qu'il ne m'a jamais même mentionné Harry. En fait, maintenant qu'il n'est plus à l'école, je ne pense pas que Drago se soucie le moins du monde de M. Potter."

"Et bien, je sais que ce n'est pas vrai," dit Ron avec assurance. "Malfoy déteste Harry de toutes ses tripes!"

"Ah bon ?" demanda Ash avec un regard déconcertant, "ou est-ce simplement ce à quoi ‘tout le monde’ s’attend ? Quand le monde entier croit que vous ferez quelque chose, ou serez quelque chose, alors il est très dur d'aller contre cette croyance. Harry ne vous a jamais dit combien il déteste être le Survivant ? Il y a tant de personnes - toutes attendant des choses de lui - indépendamment de ce qu'il veut. Il me semble, que Harry et Drago ont plutôt beaucoup en commun quand vous y pensez." Alors le Mage de Guerre fit une pause avant d'ajouter, "Et vous M. Weasley, devriez considérer le nombre de fois que vous avez entendus vos parents passer en revue les accomplissements de vos frères et vous rappelez de comment on se sent de savoir qu'ils attendent certaines choses de vous, simplement parce que vos frères les ont faites."

Ron sembla mortifié. "Je déteste cela!" admit-il. "Je ... je n'aime pas la pensée qu’on fasse la même chose à quelqu'un d'autre - même si c'est Malfoy." Alors il grimaça. "Mais je ne peux toujours pas supporter ce petit flagorneur!"

Ash rit. "Alors ignorez-le simplement. Je pense que vous constaterez que maintenant que Harry n'est plus avec vous, il sera parfaitement heureux de vous ignorer parfaitement en retour."

"Pourquoi," demanda Hermione soudainement, "appelez-vous Harry et Malfoy par leurs prénoms, mais pas nous ?"

Sans pause pour reconnaître le changement brusque de sujet, le Mage de Guerre répondit sans à-coup, "Vous rappelez-vous ce que j'ai dit à votre classe à propos des Mages de Guerre et de leurs noms ?" Les deux élèves hochèrent la tête. "Et bien, j'ai le droit d'utiliser le nom personnel de Harry et bien qu'il soit vrai que je n'ai pas formellement demandé à Drago sa permission - il est aussi vrai qu'il y a …certaines choses ... entre nous, qui m'ont permis de présumer de sa permission. S'il avait élevé une objection, bien sûr que je l'appellerais toujours M. Malfoy, même en dehors des cours."

"Oh," dit Hermione. "Donc c'est juste une question de permission ? C'est tout ?"

Souriant, son enseignant demanda, "Mlle Granger, voudriez-vous que je vous appelle Hermione quand nous ne sommes pas en classe ?"

"Oui s'il vous plaît," sourit-elle, "-particulièrement si Ron et moi allons utiliser vos quartiers quand nous parlerons de Harry."

Intérieurement Harry lui-même acclamait. Hermione avait été convaincue - maintenant seul Ron restait. "Et vous M. Weasley ? Ou Hermione a-t-elle par erreur supposé que vous voulez toujours en savoir autant que je peux vous en dire ?"

Ron fut rapide à soutenir son amie. "Hermione me connaît assez bien, Professeur. Je veux toujours savoir pour Harry - et vous pouvez m'appeler Ron si vous voulez. Seulement s'il vous plaît - ne m'appelez jamais 'Ronald'."

"C’est Ron," sourit leur professeur. Et ensuite il continua en leur disant seulement autant qu'il en avait dit Albus Dumbledore. Il contournait soigneusement la vérité et remerciait silencieusement l'intelligence de Hermione quand elle remplissait les blancs toute seule, de même que le Directeur l’avait fait.

Quand ils parvinrent à la fin, ce fut Hermione qui fronça les sourcils et dit, "Est-ce que c’est ce que vous avez dit à Patmol et Lunard ?"

Ash rit. "Non", répondit-il, "pouvez-vous imaginer le parrain de Harry satisfait avec cela?"

"Dites-vous," demanda Ron, "que vous leur en avez dit plus que vous ne nous en avez dit - plus que vous en avez dit à Dumbledore ?!"

"Oui," déclara Ash et ensuite leva la main pour prévenir le commentaire outragé suivant de Ron. "Mais Patmol et Lunard étaient un cas spécial," expliqua-t-il. "Même s’il était su qu'ils avaient des informations sur là où est Harry, ils ont une bien meilleure chance de ne pas divulguer l'information que vous. Après tout, vous devez d'abord les trouver et ensuite vous devez les convaincre de parler."

"Dumbledore," continua Ash, "est facile à trouver parce qu'il est ici à l'école. Et bien que je doute qu'il parlerait jamais, le Ministère, les Aurors et les médias pourraient rendre cela très difficile pour lui. Il est mieux qu'il ne sache pas - alors il peut honnêtement le dire et - comme vous pouvez le remarquer - à cause de cela, tous ces vautours ont finalement abandonné et sont partis."

"Aussi," conclut leur professeur de Défense, "pouvez-vous dire honnêtement que l’un ou l’autre d’entre vous serait capable de résister à la torture - ou au veritaserum, s'il en venait à cela ?" Ron et Hermione avaient l’air craintifs, mais déterminés. "Oui", leur dit Ash, "je sais que vous feriez de votre mieux, mais aucun de nous ne peut jamais vraiment savoir comment nous réagirons à quelque chose comme ça avant que cela n'arrive - et aucun d'entre vous n'a été formé pour éviter les réponses, ou donner une réponse véridique mais induisant en erreur, tandis que drogué jusqu'aux yeux."

"Il suffit de dire," conclut-il, "que j'étais prêt à prendre un risque plus grand quand il s’agissait de Sirius Black et de Remus Lupin - et ils étaient prêts à accepter ce risque, sachant exactement ce que Voldemort et les Aurors et le Ministère et les médias feraient s'ils découvraient jamais cela."

Hermione trembla. "Ce serait la plus grande chasse à l'homme du monde," dit-elle. "Tout le monde serait après eux."

"Et savoir cela est peut-être le secret le plus grand que vous détenez actuellement . Un mot hors de propos et n'importe lequel d'entre vous pourrait déclencher cette chasse à l'homme. Même Dumbledore ne se rend pas compte qu'ils ont désormais plus d'information que lui - et vous ne devez pas le lui dire. Vous ne pouvez le dire à personne!"

Ron était à la fois effrayé et secoué par la réalisation que sa bouche pourrait tout à fait probablement faire tuer les deux hommes. "Alors pourquoi nous l’avez-vous dit ?" demanda-t-il.

Hermione roula ses yeux. "Parce que nous étions là, Ron," expliqua-t-elle, "et parce que toi et moi savons tous les deux que Patmol ne serait jamais parti avant d’avoir une meilleure explication que celle que nous venons juste d’obtenir. Tôt ou tard nous nous serions rendus compte que lui et Lunard en savaient beaucoup plus que nous. De cette manière le professeur peut s'assurer que nous comprenons bien comme ce petit bout d’information est sérieux. Autrement, nous pourrions avoir envoyé un hibou à Sirius, exigeant d’en savoir plus."

"Dieux!" s'exclama Ron. "N'y pense même pas en tenant une plume! La pensée de cela sur parchemin - n'importe où - est horrible!"

Dans la chaise opposée, Harry était à la fois enchanté et attristé. Il avait réussi à convaincre ses deux amis que 'Ash' était digne de confiance, mais le prix en était qu'eux deux étaient maintenant beaucoup plus conscients des intérêts impliqués dans le fait de garder ses secrets. Jamais plus ils ne se chuchoteraient des théories et des commérages avec l'indifférence négligente d'un enfant d’où ils étaient, ou de ce qu'ils étaient sur le point de dire.

Il était d'une façon ou d'une autre approprié que en les forçant à grandir juste un peu, il les avait aussi apporté juste un peu plus près d’être amis avec son moi adulte.

----Oo00oo----

Plus tard ce soir là, Ron et Hermione étaient assis dans un coin de la salle commune en feignant d'étudier, tandis qu’en réalité ils discutaient calmement de leur professeur de Défense.

Ils évitaient très soigneusement toute mention de Harry.

"Tu sais," disait Hermione, "il y a quelque chose de très étrange à propos du Professeur Ash..."

"Tu veux dire à part le fait qu'il est un mage; qu’il est ami avec Malfoy; qu’il pense que Rogue est un bon voisin; et que nous croyons quand même ce qu'il nous a dit ?" demanda Ron avec un sourire.

"Arrête-ça," elle le regarda fixement. "Ce n'est pas que je voulais dire."

"Désolé."

Il n'avait pas l’air très désolé, mais Hermione était trop occupée à trier ses observations et à les adapter à quelque sorte de modèle pour vraiment le remarquer.

Ron - qui avait attendu un retour - vit qu'elle portait son expression de 'je-pense-à-quelque-chose-de-sérieux' et demanda tranquillement, "Qu'est-ce qui ne va pas, alors ? Tu ne penses pas qu'il nous a menti, n'est-ce pas ?"

"Non," dit-elle, écartant la suggestion immédiatement. "C’est quelque chose à voir avec le professeur lui-même. Je ne peux simplement pas mettre mon doigt dessus..."

Tandis que Ron n'était pas du tout une aide quand il s’agissait de Hermione et de travail scolaire, il savait vraiment exactement que faire quand elle était coincée sur une idée comme cela. "Dis-moi tout," suggéra-t-il, "et nous verrons ce que nous pouvons inventer." Il avait agi comme sa table d'harmonie pendant des années maintenant et il savait que tout ce dont elle avait besoin en ce moment était quelqu'un sur lequel faire rebondir ses idées. Quelque part au long du chemin, elle se décoinçait d'habitude. Le jeu de Ron était d’essayer de calculer ce dont elle parlait avant qu'elle n'atteigne le point où elle partait à toute vitesse à la bibliothèque.

"D‘accord," acquiesça Hermione, réchauffant jusqu'à son sujet. "Tout d'abord, il y a le fait que le Professeur Ash est apparu au Chemin de traverse seulement un jour ou deux après que Harry ait disparu."

Ron s'abstint de dire qu'il avait probablement aidé Harry à disparaître.

"Alors," continua-t-elle, "tu le rencontre simplement par hasard pendant l'été - sortant d'un magasin de balai, pas moins - et il décide immédiatement de vous acheter des milk-shakes et glaces à toi et à Ginny, en vous posant en même temps toutes sortes de questions. Mais ce sont des questions sur des choses qu'il aurait déjà dû savoir! Par exemple - j'ai parlé à Ginny et elle m'a dit qu'il était étonné que vous deux dussiez rester ensemble. Mais ces jours-ci personne ne sort tout seul. Il est un Mage de Guerre - comment aurait-il pu ne pas le remarquer ?" Alors une nouvelle idée la frappa et elle ajouta, "À moins qu'il ne vienne d'arriver de quelque endroit qui était encore plus dangereux - signifiant que la situation ne lui semblait pas si mauvaise ici en Grande-Bretagne."

"Et bien, il a dit qu'il venait de l'étranger," ajouta Ron.

"Oui," acquiesça Hermione avec impatience, "mais ’Tu-Sais-Qui’ est là et a été là les quelques dernières années. Où dans le monde sorcier cela serait-il pire qu’ici ?"

"Cela doit-il être le monde sorcier ?" demanda Ron , "Certaines de ces guerres moldues sont assez terribles."

"Peut-être ..." mais Hermione avait l’air de douter assez de cette possibilité. "De toute façon", continua-t-elle, "après cela il apparaît ici comme notre professeur de Défense - et ensuite cela devient vraiment intéressant."

"Ah bon ?" demanda Ron. Jusqu'ici Hermione gagnait le jeu - parc’ qu’il n'avait aucune idée de vers quoi elle allait.

"Bien sûr," confirma-t-elle. "Parce que c'est quand nous avons découvert qu'il aime le Quidditch et que tu penses qu'il vole de la même manière que Harry."

"Et bien, pas exactement la même..."

"Mais assez proche pour te rappeler très fortement Harry, exact ?"

"Ouais - je crois. C'est important ?"

"C'est un indice," déclara Hermione, "Pris isolément, ce n'est pas important, mais quand on y ajoute tout le reste des indices en un tout - alors oui, cela devient important."

"D‘accord, alors c’est quoi le reste des indices ?"

"Et bien, les plus importants sont ceux de cet après-midi," et elle rassembla ses observations pour lui. "Il connaît Drago même mieux que les Serpentards le font, mais il a seulement été ici trois semaines. On dirait que son appartement a été habité pendant des années et on dirait que l'école entière existe là dedans - oh et n'oublie pas qu'il a d'une façon ou d'une autre réussi à faire bouger tous ces escaliers quand il a sauté de la tour principale - donc il a certainement quelque connexion avec le château lui-même. Et après tout cela, nous découvrons aussi qu'il sait une ou deux choses sur toi et moi qu'il ne devrait pas vraiment connaître."

"Comme quoi ?" demanda Ron.

"Comme le fait que mes deux parents sont dentistes," répondit-elle. "Et qu'il sait ce que tu penses d’être comparé à tes frères aînés - pour ne pas mentionner le fait de comment il pourrait possiblement savoir que tu as même des frères aînés. À moins que tu ne lui en ais parlé au Chemin de Traverse ?"

Maintenant quelque peu dérangé, Ron répondit lentement, "Non - je suis assez sûr de ne pas lui avoir parlé de ma famille. Je ne pense pas qu'il ai posé la question ..."

"Et bien ils ne sont plus ici à Poudlard, alors comment a-t-il su pour eux ?"

Ron haussa les épaules, "Peut-être qu'un autre professeur lui a dit. Ce n'est pas comme si Fred et George étaient faciles à ignorer. Les professeurs racontent probablement les histoires horribles des élèves passés à tous les nouveaux profs."

Hermione pinça les lèvres, considérant cela. "D‘accord, je t’accorderai que c’est possible. Mais alors," continua-t-elle, "il y a Patmol et Lunard. Je ne dirai rien de plus spécifique dans la salle commune, mais pense simplement à cela - qu’est-ce que Ash aurait pu leur dire qui convaincrait ces deux là de simplement partir comme ça ?"

Ron fronça les sourcils. "Maintenant on dirait que tu es en train de dire que le professeur nous a menti."

"Pas du tout," argumenta Hermione , "je dis simplement que je ne pense pas que de la simple information aurait donné satisfaction à ces deux là. Je pense que Professeur Ash doit avoir fait quelque chose, ou leur avoir montré quelque chose, pour les convaincre."

"Comme quoi ?"

"Je n'en ai aucune idée," admit Hermione, "mais je n’arrête aussi pas de penser à cette petite sphère craquelée que j'ai vue dans les appartements du professeur. Je sais que c'est important et je suis sûre que je sais ce que c’est - mais je n‘arrive simplement pas à m‘en souvenir..."

"Sphère ? Tu veux dire comme une balle de quelque sorte ?"

"Je ... oui, je pense - mais on aurait dit qu'elle était faite de verre ou de cristal..."

"Une boule de cristal ? On dirait que quelqu'un en a eu marre de faire ses devoirs de Divination et l’a jeté par une fenêtre," plaisanta Ron.

"L'a jeté... Bien sûr!" s’exclama Hermione. "C'était le Rapeltout de Neville! Il l'a cassé l'année dernière - et l'a donné au Professeur Flitwick pour voir s'il pouvait le réparer!"

"Ouais," acquiesça Ron , "mais Flitwick ne pouvait rien y faire, alors Neville ne s'est pas donné la peine de demander à le ravoir. Tu dis qu'il est dans les appartements de Ash ? Pourquoi le voudrait-il ? Il ne marche plus."

Soudainement le visage de Hermione prit cette expression stupéfiée qui disait à Ron qu'elle venait juste de se décoincer. "Oh non, tu n‘y vas pas!" dit-il en la saisissant par le poignet. "Il est trop tard pour partir en courant à la bibliothèque maintenant - et nous ne pouvons plus emprunter le manteau d'invisibilité de Harry, Rusard ou Mme. Norris t’attraperaient à coup sûr!"

À contre-coeur, Hermione se calma, mais ses yeux étaient brillants et ses joues étaient rouge de l'assaut impétueux de compréhension.

"Et si tu m’incluais dans le secret cette fois, hein Hermione ?" Ron n'avait pas beaucoup d’espoir, mais peut-être qu’elle lui jetterait quelques débris d'information. C'était à des moments comme ceux-ci qu'il regrettait vraiment de ne pas savoir ce qu'elle pensait.
"Oh, Ron - je ne suis pas sûre! Je veux dire - c‘est logique, mais c'est tellement tiré par les cheveux!"

"Quoi ?" demanda Ron . "Qu'est-ce qui est logique ?"

"C’est logique quand on pense au fait que le Professeur Ash vole comme Harry et aime les magasins de balai et le Quidditch. C’est logique quand on pense comment il connaît l'école et nous tous, si bien. C’est logique quand on pense qu'il ne s'est pas montré avant que ce soit juste après que Harry ait disparu. C’est même logique quand on considère qu'il est probablement arrivé d'un endroit qui n'était pas n'importe où sur terre, mais était beaucoup plus dangereux que cela ne l’est ici en Grande-Bretagne. Et," termina-t-elle triomphalement, "C’est très certainement logique quand on considère la raison pour laquelle quelqu'un voudrait garder un Rapeltout cassé - le Rapeltout cassé de Neville - dans son salon!"

Ron pouvait sentir un mal de tête arriver. // Le professeur est arrivé de quelque part pas sur terre // Il tressaillit. // Est-ce que je veux même le savoir // Il devait avoir eu l’air aussi confondu qu'il se sentait, parce que Hermione soupira simplement et l'incita avec : "Ron, pense à la première fois que tu as vu le Rapeltout de Neville. Ce n'était pas un élève de Divination frustré qui l'a jeté - c'était Drago Malfoy."

Ron ne comprenait toujours pas.

Hermione essaya de nouveau. "A quoi penses-tu quand tu te rappelle Malfoy lancer le Rapeltout ?"

"Au premier vol de Harry sur un balai," répondit Ron promptement . "C’était impressionnant! C'était la première fois qu'il a vaincu Malfoy et ça lui a gagné une place de plus jeune Attrapeur à Poudlard depuis plus d'un siècle!"

"Et ça lui a fait avoir son tout premier balai," ajouta Hermione. "Maintenant pourquoi Ash voudrait-il garder quelque chose comme ça ?"

Ron fit une hypothèse : "Pour lui rappeler Harry ?"

"Non." Hermione secoua la tête. "Si j'ai raison, alors il n’a pas besoin qu’on lui rappelle Harry. Essaie encore."

"Umm... écoute Hermione, je ne sais vraiment pas . Il est tard et je suis fatigué - et je suis toujours coincé sur le bout où tu as dit que le professeur pourrait ne pas être terrien."

Hermione rit. "Je n'ai jamais dit qu'il n'était pas terrien - j'ai simplement dit qu'il est arrivé sur terre - quelque temps après qu'il l'ait quittée!"

"Oh. Alors il est définitivement humain ? Parce que maintenant, je commence à me demander si cela pourrait être beaucoup plus logique s'il était un étranger d'un autre monde."

Hermione renifla avec amusement.

"Aller Hermione!" supplia Ron, "Ne peux-tu pas me le dire directement pour une fois ? Je t’ai aidé..."

Hermione se leva de la table et ramassa ses livres.

"Merde," dit Ron d'un ton abattu. "Comment suis-je supposer dormir avec ce truc me tournant dans la tête ?"

Il ne vit pas le mauvais sourire de Hermione comme elle s’arrêtait soudain et se dirigeait de nouveau vers lui. "Et bien", elle sourit d'un air satisfait en se penchant avec une brassée de livres, "dans l’intérêt d’une bonne nuit de repos, peut-être que je mentionnerai juste que demain tu vas m'aider à la bibliothèque-"

"Je le savais déjà," geignit Ron pathétiquement.

"-et que nous essayerons de découvrir où les gens vont quand ils sont aspirés dans des miroirs et si le temps est constant pour eux et aussi comment voir au travers des glamours et des sorts de déguisement."

Alors elle se tourna et partit se coucher pour bien dormir cette nuit.

Ron avait l’air d’avoir été frappé par un sort de zombie. Des yeux larges regardaient fixement l’espace d’un air vide et sa bouche était ouverte de choc.

Finalement, la bouche se referma et il avala quelques fois, essayant de remettre un peu d'humidité sur sa langue.

Il cligna des yeux.

"Oh mon Dieu..."

Autrement que ces mots, l'esprit de Ron était devenu complètement vide de choc.

"Oh mon Dieu ..." il ajouta finalement. "Ce n’est pas possible..."

Mais aussi tiré par les cheveux que ce soit, tous les faits concordaient parfaitement - jusqu'à inclure la croyance de Patmol et Lunard que Harry allait très bien. Parce que, bien sûr, si Hermione avait raison alors Sirius et Lupin avait en réalité rencontré Harry et Harry allait vraiment très bien...

... Et enseignait aussi la Défense Contre les Forces du Mal juste ici à Poudlard.

----Oo00oo----

Quelque temps plus tard, Ron se rendit compte qu'il était assis dans une salle commune déserte au milieu de la nuit.

"Comment suis-je supposé dormir maintenant ?" se plaignit-il.

----Oo00oo----

A suivre

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