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Chapitre 11 : Leçons de crainte (suite)

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Peu après, tous les élèves se trouvèrent debout à intervalles réguliers le long d’un côté des matelas de gymnastique. Harry leur avait ordonné d'enlever leurs chaussures et ils faisaient actuellement face aux fenêtres, en l'observant marcher nu-pieds au centre de la pièce. Harry tenait une petite poche de cuir et en extrayait une pincée de poudre bleue chaque fois qu’il arrivait en face d’un élève. Il déposait alors la substance bleue à l’air inoffensif au milieu du tapis devant eux.

Tandis qu'il faisait cela, Harry expliquait aussi que : "Le danger le plus grand que la crainte nous offre, se tient dans le fait qu'elle a tendance à fermer notre capacité à penser." Comme il posait la dernière pincée de poudre bleue, il se redressa et leur demanda, "Vous souvenez-vous tous pourquoi les gens sont les ennemis les plus dangereux à avoir ?" La classe hocha la tête. "Rappelez-vous alors cela - la pire chose que vous puissiez faire dans n'importe quelle situation est d’arrêter de penser."

"M. Thomas," dit Harry, indiquant l'élève de Gryffondor, "Quand j’ai éteint la lumière et que mon illusion a menacé de vous tuer - qu'est-ce qui vous passait par la tête ?"

"Euh..." Dean lutta un peu, avant d'admettre, "je ne me rappelle pas vraiment, monsieur Quelque chose dans le genre de ' oh, merde ' je crois..." A cela il y eut des pouffées de rire assourdi partout dans la classe.

"Oh, merde," répéta Harry. "Pas de pensée d'attaque, alors ? De défense ? De dissimulation ? Même pas de fuite ?"

Dean secoua la tête. "Il n'y avait pas assez de temps, monsieur"

"Bien sûr qu’il y avait assez de temps," contredit Harry. "Il y avait abondance de temps et avant que mon illusion ne dise ' lumos' et ensuite quand vous pouviez simplement voir où il était. Ce qui est arrivé, est que votre surprise - et ensuite votre crainte - a fermé vos processus de pensée et vous êtes juste restés debout là parce que vous ne pouviez penser à rien d’autre à faire."

Dean sembla embarrassé.

"Ne vous en inquiétez pas, M. Thomas," lui dit Harry . "Votre réaction est parfaitement normale. Tous les autres ont exactement eu la même réponse. Pas même les quelques personnes qui ont sauté hors du chemin y pensaient - ils ont simplement réagi. Cela m'a pris des années de formation pour surmonter la même chose et même maintenant, je ne l'ai pas vraiment surmonté, plutôt remplacé avec l'instinct d’attaquer. C'est pourquoi vous tous vous déplacez avec de la petite monnaie dans vos poches, ou des cloches sur votre personne." Alors Harry fit une pause. "Mais", ajouta-t-il, "comme cette réaction le prouve, même moi, je ne peux pas vraiment penser dans ce premier moment critique après avoir été surpris ou effrayé." Alors Harry haussa les épaules et dit, "C’est juste la manière dont les humains sont."

"Le truc," conclut-il, "est de savoir cela à propos de soi et de s'y attendre. Apprenez ce à quoi ressemble ce moment de vide et remettez ensuite votre esprit au travail dès que vous le pouvez."

"Cela," dit-il en faisant un geste vers la poudre bleue sur les tapis, "est un des premiers exercices de formation qu'un Mage de Guerre pratique pour se familiariser avec la manière dont leur corps et leur esprit réagissent à la crainte."

Chacun regarda la poussière bleue d‘un air curieux.

"Quand j'aurai jeté le sort pour activer la poudre," expliqua Harry, "vous verrez une sorte de couloir bleu devant vous. Tout ce que vous devez faire est passer d'un côté des nattes à l'autre, par le couloir. Chaque couloir restera en place jusqu’à ce que j'annule le sort et vous pouvez vous exercer à passer de l'autre côté autant de fois que vous le souhaiterez. La personne qui traversera le tapis le plus grand nombre de fois recevra vingt points pour sa Maison." Il y eut quelque surprise à cela - c’était le plus grand nombre de points que le Mage de Guerre ait jamais donné.

"Andron Formido!" dit Harry et des lignes bleues brumeuses tourbillonnèrent en se levant de la poudre devant chaque élève. Chaque personne regarda son couloir avec des doutes sérieux.

Harry rit dans sa barbe. "Vous avez raison de vous méfier," leur dit-il. "Une fois que vous entrez dans le couloir, quelque chose qui vous effraie y apparaîtra." Plusieurs élèves pâlirent. "Ne vous inquiétez pas," les rassura Harry, "ce n'est pas comme un épouvantard - ce ne sera pas votre plus grande peur, ou quoi que ce soit même d’approchant." Alors il rit doucement. "Au commencement, vous pouvez même trouver cela drôle. Les couloirs commencent tous avec quelque chose que vous trouvez un peu dérangeant." Après une pause brève, il admit, "Je suis d'habitude en face d‘un placard vide." Ses élèves le regardèrent avec confusion. "C'est mes vêtements," expliqua Harry, "Ils sont tous sales pour quelque raison et je sais juste que je devrai porter une chemise avec des taches sur le devant en public."

Il y eut plusieurs sourires et une ou deux pouffées de rire.

"Mais," expliqua Harry, "chaque fois que vous traversez le couloir, ce que vous voyez deviendra progressivement plus effrayant - et à la différence d'un épouvantard, le couloir ne vous laissera pas vous rappeler que c'est seulement une illusion. Tandis que vous serez à l'intérieur, vous croirez absolument que tout ce que le couloir vous montre est complètement réel. Si vous réussissez à traverser vingt fois, alors vous aurez finalement affronté votre crainte la plus grande et la plus secrète. Si vous continuez à traverser après cela, je donnerai à votre Maison cent points automatiquement - par traversée."

Il y eut quelque mouvement à cela. Cent points par croisement était énorme! Ce ne serait pas facile.

"Oh," ajouta Harry comme il voyait plusieurs élèves s’échauffer. "Ai-je oublié de le dire? - Ne prenez pas la peine d’essayer de courir - cela ne fait pas de différence puisque cela prend exactement le même temps pour arriver de l'autre côté, peu importe la vitesse à laquelle vous allez en commençant." Plusieurs personnes semblèrent déçues.

"Allez-y!" leur dit Harry.

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Quelque temps plus tard, Harry observait toujours tandis que les quelques derniers élèves essayaient de se convaincre de traverser juste encore une fois par leur couloir. La plupart d'entre eux avaient décidé qu'ils avaient atteint leur limite quelque part entre douze et quinze.

Avec une combinaison d'éloge et d'encouragement, même Neville avait réussi à traverser treize fois et était incroyablement fier du fait qu'il n'avait pas le nombre le plus bas de traversées dans la classe. En fait, les deux élèves qui s’étaient arrêtés à douze, ne donnaient évidemment pas beaucoup d'importance à l'exercice. Mais cela n'importait pas pour Neville - il était fier néanmoins et Harry était heureux que le cours se soit si bien passé pour lui.

Il était évident que le jeune homme penserait à cette leçon pendant une longue période de temps. Savoir qu’un Mage de Guerre lui avait dit que c’était normal d’avoir peur prendrait quelque temps à s‘y habituer. Mais même maintenant, Harry pouvait voir les germes d'acceptation en lui. Il ne serait jamais celui en charge, ou se mettant en avant, mais son assurance avait reçu une augmentation énorme aujourd'hui et pour la première fois, Neville avait vraiment l’air de penser qu’il pourrait vraiment appartenir à Gryffondor - la Maison qui était renommée pour le courage de ses membres.

En fin de compte cependant, le concours fut réduit à Ronald Weasley et un Serdaigle nommé Terry Boot. Ils en étaient tous les deux à 16 traversées et étaient à la fois pâles et tremblants lorsqu’ils apparurent ensemble du même côté des nattes. Terry semblait particulièrement mal en point.

Ron ne regarda pas même son rival. Au lieu de cela, le rouquin fougueux se pencha - ses mains sur ses genoux - et prit plusieurs respirations profondes. Alors il se redressa et Harry vit un air qui était de pur esprit de contradiction têtu s’installer sur son visage. Avec une déglutition difficile, le jeune homme retourna en marchant dans son couloir pour sa dix-septième traversée.

Harry regarda le Serdaigle.

Suant toujours lourdement, Terry regarda derrière lui et secoua lentement la tête.
Une demi-minute plus tard, Ron chancela de l'autre côté et s'effondra sur le matelas.
Harry annula le sort et les couloirs bleus tourbillonnèrent au loin dans le néant.
Il marcha au travers du tapis vers la forme tremblante de son meilleur ami . Harry n'avait jamais été plus fier de lui.

Les autres élèves se relevèrent lentement et se réunirent autour.

Se tenant dans les dernier rayons du soleil matinal qui entrait à flot par les fenêtres à côté d'eux, Harry considéra son élève émotionnellement drainé, effondré sur le sol devant lui.

"M. Weasley," dit-il.

Pâle, Ron leva les yeux vers lui.

"Je vous ai dit plus tôt que la seule personne qui pouvait juger un acte courageux était celui qui l'exécutait. Aujourd'hui vous avez traversé un Couloir de Crainte dix-sept fois de votre propre arbitre. Il n'est pas possible de le faire pour une raison extérieure comme des points de Maison ou des droits à se vanter. Seulement deux choses permettent à quelqu'un de le traverser tant de fois : la crainte de quelque chose de pire que ce qui est dans le couloir, ou le vrai désir de faire face à ses craintes et de surmonter ses faiblesses."
Harry fit une pause. "Avez-vous du courage, M. Weasley ? Ou était-ce de la lâcheté ?" Il y eut plusieurs inspirations brusques des autres élèves. Autant qu'ils étaient concernés, la dernière question de leur enseignant était une insulte.

Ron chancela sur ses pieds. "Monsieur .." Dit-il en tremblant. "Je pense ... je pense peut-être ... Que c’était les deux."

"Vingt points pour Gryffondor," dit Harry dans la pièce calme - et ensuite il sourit. Ron refléta l'expression avec une compréhension parfaite. De tout ceux réunis sur les matelas à ce moment là, seulement lui et son professeur comprenaient entièrement que la lâcheté et le courage étaient inséparables. Vous ne pouviez littéralement pas avoir l’un sans l'autre. Chaque acte de courage était, de quelque façon, conduit par la crainte. La crainte de l'échec, la crainte de perte, crainte pour la sécurité des aimés, crainte de railleries, crainte de la douleur - même la crainte de la crainte elle-même. Ainsi, chaque héros - chaque champion - était aussi un lâche. Et au contraire, chaque lâche avait des graines de héros en lui.

"Mais," ajouta Ron soudain, "je pense qu’il pourrait aussi y avoir eu un bon gros morceau de stupidité là-dedans aussi."

Le moment se rompit et chacun rit. // Ronald Weasley// pensa Harry avec amusement// ferait des blagues même si c’était la fin du monde. //

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C'était presque la fin du temps de classe lorsque chacun eut remis ses chaussures et se fut rassemblé au bout du gymnase devant l'illusion laide. Pour quelque raison, leur enseignant n'avait pas annulé le sort qui l'entretenait et donc ils terminèrent tous là où ils avaient commencé - le dos à la porte, tandis que la baguette allongée de la chose horrible était pointée directement sur eux. Le Mage de Guerre était debout à côté de cette chose.
"D‘accord," dit Harry, "Nous avons presque fini. Il y a seulement une dernière chose que chacun de vous doit faire avant de pouvoir partir."

Les élèves fatigués le regardèrent simplement.

"Quand je vous indiquerai votre tour," dit Harry, "vous devrez regarder ce gars quelque peu repoussant debout à côté de moi et hurler de son nom aussi fort que vous le pouvez. Alors vous pourrez partir."

"M. Weasley," continua Harry, "je crois que vous avez gagné l'honneur de commencer."

Ron regarda le mystérieux type maigrelet et scruta son visage. "Euh ... monsieur ? Je ne sais pas son nom."

"Oh," dit Harry avec une surprise feinte. "Je ne vous l’ai pas dit ? C'est Voldemort."

Il y eut silence.

"Ca ?!" s’exclama quelqu'un.

"Est-ce une autre plaisanterie bizarre ?" demanda Padma Patil avec lassitude.

"Non," assura Harry. "C'est vraiment Voldemort - ou une illusion de lui, de toute façon. C'est en fait à quoi il ressemble."

Certains des élèves regardèrent l'image avec soupçon.

"Non," argumenta Pavarti. "Vous nous menez en bateau."

Soudain solennel, Harry dit, "Je jure sur mon honneur et ma vie que c'est une représentation juste et précise du corps actuel du sorcier connu sous le nom de Lord Voldemort."

Tout le monde le regarda fixement. Puis ils regardèrent fixement l'illusion. Penser que ça c'était leur croque-mitaine des ombres - exposé à la lumière dans tout son caractère… peu plaisant - n'allait pas trop bien à beaucoup d'entre eux.

"C'est une personne réelle ?!" grinça une des filles de Serdaigle. "C'est ... C’est lui ?"

"J'en ai peur," confirma Harry.

"Ick!" s'exclama-t-elle. "C'est grotesque!"

Malicieusement, Harry décida de rendre cela même pire.

Il agita sa baguette et soudain les robes du Seigneur des Ténèbres disparurent. L'illusion était maintenant debout devant eux - la baguette toujours étendue - vêtu seulement de caleçons roses avec des grands coeurs rouges dessus.

La classe tomba pratiquement sur le sol dans une tempête de rire hystérique.

Quand Ron réussit finalement à faire plus que s'accrocher à Hermione et haleter pour prendre de l’air - il se tourna vers l'illusion et hurla, "Voldemort a vraiment mauvais goût en sous-vêtements!"

Cela les fit tous repartir de plus belle et donna aussi le ton au reste des élèves.
Harry ne réussit en fait pas à entendre tous les élèves appeler le nom de Voldemort, puisque cela prenait bien trop longtemps pour qu’ils se remettent de l'hilarité qui s'ensuivait chaque fois que quelqu'un hurlait une insulte.

Après des choses comme "Voldemort - le régime qui est allé trop loin!" Et "Hé Voldemort - on est supposé voir le monde avec des lunettes roses - pas des yeux roses !" Même Harry eut des difficultés à garder un visage sérieux.

Les élèves qui étaient passés d'abord, étaient restés pour entendre les insultes que les élèves d’après inventaient et lorsque le cours finit, Harry agita simplement un bras vers eux tous et dit, "Sortez d’ici espèces de sadiques!"

Ils sortirent ensemble, inventant encore de nouvelles insultes et Harry eut le plaisir d'entendre le nom 'Voldemort' flotter dans l’air derrière eux.

"C'était une classe du diable," rit Harry en se tournant pour dissiper l'illusion du Seigneur des Ténèbres et alla ensuite ranger les matelas.

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Comme la classe libérée d’élèves de Serdaigle et de Gryffondor passait la porte - riant et faisant des blagues sur Voldemort - plusieurs d'entre eux s’arrêtèrent d’un côté pour observer les autres élèves apparaissant derrière eux. C'était une vue étrange, puisque la porte du couloir était toujours fermée et le reste de la classe apparaissait simplement devant, comme s'ils venaient de marcher directement à travers le bois solide.

Il y avait deux élèves, cependant, qui ne s'attardèrent pas, mais au lieu de cela partirent à toute vitesse - utilisant la distance physique pour se donner quelques moments de privauté chuchotée.

"L'as-tu fait ?" demanda Ron à Hermione.

"Oui," répondit Hermione en chuchotant, "j'ai jeté le charme tandis que le reste d’entre nous attendait que toi et Terry finissiez."

Ron attendit. Hermione semblait quelque peu ... perplexe. Finalement, Ron ne put plus attendre. "Et?" demanda-t-il. "Qu'est-ce qui est arrivé ?"

Hermione fronça les sourcils. "Je ... je dois mal l'avoir jeté ou ... ou avoir mal lu le sort..."
Ron renifla. "Le jour où tu jetteras mal un sort ou liras mal un livre est le jour où je me teindrai les cheveux en vert et annoncerai que je suis devenu Serpentard." Ron pinça ses lèvres et regarda spéculativement son amie. Hermione fronçait les sourcils avec acharnement et refusait de rencontrer son regard fixe. "Qu'est-ce qui ne va pas Hermione ?" demanda-t-il. "Penses-tu vraiment que tu as fait une erreur avec le sort ?"

Hermione soupira. "Non", dit-elle, "j'ai tout fait correctement - mais il avait toujours la même apparence!" Un air de frustration apparut sur son visage. "Mais les faits concordent tous!" siffla-t-elle tout bas vers lui. "Je sais que c’est lui - ce doit être lui!"
Elle jeta un coup d'oeil vers le loin de nouveau - ses yeux devenant vagues comme elle tournait ses pensées vers l'intérieur. "Il est un mage maintenant," se murmura-t-elle, "alors il doit utiliser un sort qui peut résister au charme que j'ai utilisé ... peut-être qu’un sort plus fort..."

"Non!" dit Ron comme il saisissait son bras et la tirait dans une alcôve voisine.

Hermione fut choquée par sa véhémence. "Ron ?" questionna-t-elle.

"Non Hermione," répéta-t-il tout à fait sérieusement. "Tu ne continueras pas cela. Si tu le fais, alors tu devras le faire par toi-même - parce que je ne vais pas t’aider."

Hermione en eut le souffle coupé. "Ron!" cria-t-elle et presque immédiatement sa main vola pour couvrir sa bouche comme plusieurs élèves qui passaient tournèrent leur têtes dans sa direction .

L'expression de Ron se durcit. "Retrouve-moi à la porte de Ash après dîner," dit-il. Nous pourrons parler librement dans ses quartiers. "

"Mais-"

"Retrouve-moi y!" insista Ron et la laissa ensuite debout dans l'alcôve, tout à fait abasourdie.

Le reste de la journée passa très lentement pour Hermione Granger. Elle n'osait pas parler de Harry - ou 'Ash' comme elle croyait qu'il s'appelait maintenant - et bien que Ron continue à être assis à côté d'elle et à sourire et bavarder de même qu'il l’avait toujours fait, il y avait toujours une tension subtile entre eux qui ne laissait à Hermione aucun doute que si elle essayait de continuer leur discussion précédente, Ron trouverait soudain quelqu'un d'autre à côté de qui s‘asseoir.

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Hermione arriva devant la porte du professeur de Défense peu de temps après dîner et juste avant Ron. L'autre Gryffondor venait évidemment de prendre une douche, ce qui expliquait pourquoi elle n'avait pas pu le trouver dans la salle commune avant de partir.

"Ron-" commença-t-elle.

"Attends que nous soyons à l'intérieur," lui dit-il. "Alors nous parlerons." Et avant qu'elle ait eu une chance de répondre, il avait déjà frappé deux fois à la porte du professeur.

Quelques secondes plus tard, Ash apparut. Il cligna des yeux un instant et puis fit un pas de côté et leur fit geste d’entrer. Une fois qu'ils furent tous à l'intérieur avec la porte bien fermée derrière eux, il demanda, "Vouliez-vous me voir tous les deux ? Ou est-ce que vous cherchez un endroit où vous savez qu'une conversation privée restera privée ?"

"Monsieur," répondit Ron, "Hermione et moi devons nous parler de quelque chose. C'est très important, mais c'est assez… personnel ... Je n'ai pas l'intention de vous chasser de votre propre salon, mais..."

Ash - qui pouvait ou non être Harry Potter - sembla simplement amusé et répondit facilement, "Aucun problème, Ron. Je lisais seulement de toute façon. Je peux le faire dans mon étude aussi bien que dans le salon. Voulez-vous que je jette un sort de silence autour de vous pour vous assurer que je n'entende rien par accident ?"

"Non merci," répondit Ron. "Hermione peut le faire."

Le professeur hocha la tête et ramassa ensuite un livre ouvert du coussin où il était posé sur un des vieux fauteuils battus près du feu. "Faites-moi savoir quand il est sûr de sortir," dit-il et ensuite il se dirigea nonchalamment vers la pièce suivante.

Ron se tourna avec attente vers Hermione. Elle roula des yeux vers lui. "Ron", commença-t-elle, "C’est un mage. S'il veut écouter, mon sort de silence ne va pas l'arrêter."

"Mais sa propre honnêteté le fera," contra Ron. Alors il ajouta, "Indépendamment de qui il est, ou de qui il pourrait être - j'ai confiance en lui qu’il n’écoutera pas exprès. Le sort s'assurera qu'il n'écoute pas par accident."

Hermione considéra cela et ensuite jeta le sort. Ensuite - étreignant toujours sa baguette - elle croisa les bras, le regarda fixement et attendit.

Ron tressaillit au regard que Hermione lui envoyait. Elle allait ensorceler quelque chose s'il ne se dépêchait pas fait d’expliquer ses actions. "Hermione", commença-t-il, "Te souviens-tu que ce matin je t’ai dit que je n'étais pas ennuyé d'agir comme un sac de livre pour toi ?"

"Oui," acquiesça-t-elle, "ce qui est pourquoi je ne comprends pas-"

Ron la coupa. "Et te souviens-tu que je t’ai aussi dit que la raison pour laquelle cela ne m’ennuyait pas, était que j'avais à penser à quelque chose d’important ?"

Maintenant perplexe, Hermione hocha la tête.

"Et bien," expliqua Ron. "Je pensais à Harry et si vraiment nous devons essayer de le trouver du tout." Alors il fit une pause et Hermione pouvait pratiquement le voir changer de mécanismes mentaux comme Ron se préparait à s'expliquer plus clairement. "Pour moi," dit-il lentement, "il y a seulement deux possibilités ici : 1) Professeur Ash est vraiment Harry Potter; ou 2) il est exactement qui il dit être et a simplement aidé Harry à disparaître."

De nouveau, Hermione hocha la tête.

"Maintenant," continua Ron. "Supposons une minute qu'il n'est pas Harry. Cela fait toujours de lui un Mage de Guerre - et quelqu'un en qui Harry, Dumbledore, Patmol et Lunard ont tous décidé d'avoir confiance. Cela fait aussi de lui quelqu'un qui est bon professeur de Défense contre les Forces du Mal et qui semble être quelqu’un de très convenable. Mais surtout - cela fait de lui quelqu'un qui sait où est Harry Potter. Tu me suis jusque là ?"

Hermione soupira. "Oui, Ron," dit-elle patiemment.

"Alors," demanda-t-il, "s'il n'est pas Harry, alors que réaliserions-nous en poursuivant ton idée ?"

"Et bien, rien, je suppose..."

"Faux," la corrigea Ron. "Selon combien quelqu'un a calculé à nous observer, nous pourrions très facilement convaincre quelques très mauvaises personnes que nous pensons que Ash est Harry Potter - ou du moins, que nous pensons qu'il est impliqué avec la disparition de Harry."

Hermione pâlit. "Oh, non ..." Chuchota-t-elle.

"Bien sûr," répondit Ron. "Nous attirerions de l'attention indésirable sur quelqu'un qui est de notre côté et qui - s'il pouvait être capturé ou trompé à parler - sait exactement où est Harry."

"Mais ... mais c’est un Mage de Guerre!" s’exclama Hermione. "Sûrement qu’il pourrait se défendre contre-"

"Il doit dormir, Hermione," fit remarquer Ron. "Personne n’est parfait. Même Merlin lui-même a fait des erreurs. Mais - et plus pertinemment - pourquoi devons-nous mettre sa vie plus en danger qu’elle ne l’est déjà ? Ce n'est simplement pas juste - ni pour lui, ni pour nous."

"Nous ?" demanda Hermione et répondit ensuite promptement à sa propre question : "-oh, parce qu'ils voudraient savoir nos raisons pour être si intéressés par lui."

"Quand bien sûr," acquiesça Ron, "tout le monde sait et je suis seulement intéressé par ce qui est arrivé à notre ami Harry." Lourdement, Ron ajouta, "Ce qui nous rend susceptibles d'enlèvement nous-mêmes, ou d'avoir nos familles menacées."

Hermione semblait assez malheureuse à ce point. Jamais lente à comprendre, elle ajouta, "Et bien sûr, s'il est Harry, alors nous venons de le désigner à la vue de tout le monde."

"Et," termina Ron , "le Harry Potter que je connais ne nous donnerait jamais tout ce souci à moins qu'il n'ait une maudite bonne raison pour faire cela - une raison qui pourrait aller directement à l’eau si nous gâtons tout cela en l'exposant."

"Tu as raison," acquiesça Hermione, "Il ne nous ferait pas cela sans raison."

"Une maudite bonne raison ," lui rappela Ron.

Elle sourit faiblement. "Oui", elle capitula, "une maudite bonne raison." Alors Hermione soupira et dit, "Alors ce que tu dis est que cela n'importe pas si c’est Harry ou pas - nous ne pouvons pas nous permettre d’attirer l'attention sur lui d'une manière ou d‘une autre."

"C'est à peu près cela," acquiesça Ron.

"Mais," protesta Hermione, "et si nous pouvions le découvrir sans attirer l'attention..."
Mais Ron secoua la tête.

"Hermione," dit-il avec bonté, "je ne prétends pas comprendre comment tu peux absorber des livres de la manière dont tu le fais - ou comment tu peux lire un sort trois ou quatre fois et bien le lancer ensuite la première fois que tu l'essayes - mais je comprends qu'il y a quelque chose à l'intérieur de toi qui semble simplement ... et bien, devoir savoir des choses. Mais parfois il y a des choses que l’on a pas besoin de savoir et parfois des choses que l’on ne devrait pas savoir."

Hermione ne semblait pas heureuse du tout.

"Hermione," soupira Ron, "mon père travaille pour le Ministère. Nous le harcelons toujours pour nous dire ce qui se passe. Mais si nous lui demandons quelque chose et qu’il dit ' je ne peux pas vous dire cela ', alors nous évitons ce sujet comme la peste. Nous le faisons parce que si nous lui posons une question et qu’il laisse accidentellement quelque chose glisser, alors nous pourrions lui faire avoir beaucoup d'ennuis. Parfois je ne pense pas que je sais ce qu'il fait même pour le Ministère désormais - mais quoi que cela soit, c’est trop important pour risquer son travail juste parce que nous sommes curieux."

"Et," ajouta Hermione astucieusement, "votre papa s’inquiète que si quelqu'un découvre qu'il vous dit des choses - alors vous deviendriez des cibles pour enlèvement."

Ron hocha la tête. "Nous le sommes de toute façon," ajouta-t-il. "Tout le monde qui a de la famille haut dans le Ministère. Les Aurors sont venus mettre de nouvelles protections sur notre maison l'été dernier."

"Ron!" haleta Hermione. "Pourquoi ne me l’as-tu pas dit ?"

"Ce n'est rien de spécial," le rouquin haussa les épaules . "Cela a été fait pour un tas de gens - particulièrement les familles avec un Auror dedans."

Hermione frissonna. La pensée d'un Auror que Voldemort ferait chanter ...

"De toute façon," lui dit Ron, "il y a des choses que je crois honnêtement que je fais mieux de ne pas savoir. Cela ne signifie pas que je ne veux pas savoir - juste que je ne pense pas que le prix de savoir en vaut le risque. Que Ash soit vraiment Harry tombe dans cette catégorie."

Hermione resta silencieuse quelque temps. Alors elle fit le commentaire : "Je semble me rappeler un certain Professeur nous dire combien il est dangereux de savoir des choses que les autres gens ne savent pas."

Ron sourit. "Mais au moins nous avons la certitude de savoir, qu'un jour Harry nous dira ce qui se passe. Après tout - où qu’il soit ou qui qu’il soit - il ne peut pas fuir toujours et nous sommes ses meilleurs amis !"

Hermione hocha la tête. "Oui - je suppose," admit-elle. Elle semblait quelque peu plus heureuse à la pensée. Savoir qu'elle saurait un jour ce qui était arrivé la consolait. Ron avait raison - il y avait vraiment quelque chose à l'intérieur d'elle qui avait horreur de ne pas savoir quelque chose. Alors elle regarda son camarade Gryffondor avec curiosité. "Ron", commença-t-elle, "pourquoi m'as-tu aidé dans mes recherches avant ? Si tu pensais à tout cela même alors, et bien ... n'avons-nous pas déjà mis le Professeur en danger ?"

Ron haussa les épaules. "Je n'ai jamais dit que je ne voulais pas savoir," répondit-il , "et je supposais que tant que nous étions prudents, que nous essayions au moins une fois ne ferait pas trop de dégâts." Alors il soupira. "Mais une fois était tout ce que je suis préparé à risquer. Nous avons essayé - et nous ne savons toujours pas . Maintenant nous devons vivre en ne sachant pas jusqu’à ce que Harry n'apparaisse et ne nous l'explique." Il la regarda et ajouta ensuite, "Et quant à cet essai - et bien, il n'y avait pas autant de risque que tu pourrais penser. Après tout, personne ne cligne même des yeux quand ils te voient avec le nez dans un livre - et ce n’est pas comme si je n’avais pas joué le rôle de bibliothécaire pour toi avant."

"Oui," acquiesça Hermione, "mais si quelqu'un décide de rechercher tous ces livres que tu as emprunté pour moi ? Il y avait seulement deux sujets après tout : les miroirs et les sorts de déguisement. Tout le monde qui examinerait ton historique d'emprunts le calculerait vite."

Ron sourit pratiquement d'un air satisfait. "Pas s'il n'y a pas d'historique d'emprunt à trouver," répondit-il.

"Ron!" haleta Hermione. "Tu n'as pas volé ces livres, n'est-ce pas ?"

"Bien sûr que non!" répondit-il d’un ton offensé. "Ils sont tous retournés pile là d‘où ils venaient!" Alors il fit une pause avant d'ajouter, "je n'ai simplement pas dérangé Madame Pince avec tous les petits détails. Je lui ai épargné beaucoup de travail, en fait."
Hermione ne savait pas s'il fallait être épouvantée ou admirative. "Ron! C'est ... C’est..."

"Super? Très intelligent ? Bien fait ? Tout à la fois ?"

"Oh - toi ..!" Avec une affection exaspérée, Hermione le tapa légèrement sur le bras.
Ils rirent tous les deux et sur cette note plus légère Ron suggéra que peut-être ils avaient occupé le salon du professeur Ash assez longtemps. Cependant, juste avant que Hermione n’annule le sort de Silence, elle demanda soudain : "Ron ? Sérieusement - penses-tu que c’est lui ?"

Ron considéra cela. "Assez Curieusement," dit-il finalement, "je ne pense pas que cela importe." Hermione leva ses sourcils. Ce n'était pas une réponse qu'elle avait prévue. Ron essaya d'expliquer. "S'il est Harry, alors il est un adulte maintenant. Il est ... il est Mage de Guerre. Il a grandi et il a passé des années et des années loin de nous - loin de tout en fait. Il serait différent et une partie de moi espérait vraiment que ce n'était pas lui parce que je ne voulais pas qu'il soit différent. Je ne voulais pas qu'il se soit détaché de nous. Cela faisait un peu mal d’imaginer qu'il pourrait ne plus être notre ami - ou qu'il pourrait penser à nous comme à deux personnes qui étaient ses meilleurs amis quand il était gosse."

Hermione eut l‘air peinée.

"Mais," continua Ron , "aujourd'hui en classe ... après que j'ai passé ce couloir la dernière fois - tu te rappelles ce qu'il m'a demandé après ?"

"Si tu étais un héros ou un lâche ?" demanda Hermione. "Oui", répondit-elle, "et je me souviens avoir pensé que c'était une question très impolie, aussi - mais alors tu lui as dit que tu étais les deux et ... et bien, on aurait dit que vous deux partagiez une plaisanterie privée ou quelque chose de ce genre, et donc j'ai pensé que cela devait être bien."

Ron sourit. "Plus que bien, Hermione. C'était ... un instant, nous étions les deux seules personnes là. Je ne t’ai pas encore parlé de cela, mais il ne plaisantait pas quand il a posé cette question - ni moi quand j'ai répondu. Nous ne souriions pas parce que nous avions dit quelque chose de drôle - nous souriions parce que j'avais compris ce qu’il demandait et qu’il comprenait ma réponse. Vous avez seulement entendu les mots - mais il y avait une conversation entière que vous n'avez pas entendu parce que nous ne l'avons pas dite à haute voix. Nous n’en avions pas besoin."

Hermione y pensa. "Ce n'est pas tout le monde ," répondit-elle lentement, "qui comprend ce que nous disons quand nous ne le disons pas vraiment."

"Non, ce n'est pas tout le monde," acquiesça Ron. "Parfois quelqu’un de ma famille le fait. Mais pas souvent. Surtout c'est simplement toi ... et Harry. Donc tu vois," expliqua-t-il , "je ne pense pas que cela importe si Ash est Harry ou pas - parce que je sais déjà qu'il va être un ami - et un bon aussi. S'il s'avère qu'il est aussi Harry Potter, alors cela signifie juste que nous serons encore meilleurs amis. Mais je n'en suis plus inquiet . Ce sera bien d'une façon ou d’une autre - et sachant cela, je peux attendre la vérité sans avoir peur de ce que je pourrais découvrir."

Ron lui souriait et le regard d'acceptation sur son visage fit répondre Hermione par un sourire. "Donc je suppose," dit-elle avec une ironie désabusée, "que nous continuons simplement comme avant. Il est notre professeur de Défense et notre ami - et même s'il s'avère qu'il est Harry Potter, alors il est toujours notre professeur de Défense et notre ami."

Ron hocha la tête d'accord. "Penses-tu que tu peux supporter ça, fille de recherche ?"
Hermione rit. "Je le peux si tu peux, garçon aux livres."

"Alors rendons au Professeur son salon," suggéra Ron. Et avec cela, Hermione annula le sort de Silence et ils allèrent faire savoir à Ash qu'ils avaient fini.

Ils trouvèrent le Mage de Guerre assis dans son étude, regardant fixement le mur opposé avec des yeux vides. Il avait posé les pieds sur la table et son livre était ouvert sur ses genoux.

"Monsieur ?" demanda Ron avec hésitation.

Leur enseignant ne sembla pas les entendre.

"Professeur ?" demanda Hermione d'une voix plus forte.

Le mage cligna des yeux et les regarda. "Désolé", s’excusa-t-il après un moment. "J'étais entièrement ailleurs." Alors il enleva ses pieds du bureau et se leva. "Terminé ?"
demanda-t-il. Ils hochèrent la tête et le remercièrent pour les avoir laissé utiliser son salon. "Aucun problème," assura-t-il. "Comme je l'ai dit auparavant, vous êtes toujours les bienvenus." Alors il les raccompagna à la porte et les deux élèves partirent - se dirigeant vers la tour Gryffondor avant que le couvre-feu ne les attrape dans les couloirs.

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Harry referma la porte sur ses deux amis, heureux qu'ils aient vraiment pris son offre d'une place sûre pour parler qu sérieux. Non seulement cela soulageait ses soucis qu’ils puissent parler de choses où d'autres pourraient les entendre, mais cela le réchauffait aussi de penser qu'ils lui faisaient autant confiance. Avec un peu de chance, ils commenceraient à le voir comme plus que simplement un autre enseignant. Le processus avait déjà commencé avec Ron et leur moment partagé de compréhension dans la classe ce matin était un bon commencement.

S'il pouvait les faire tous deux apprécier 'Ash', alors il avait une bien meilleure chance de les faire apprécier un Harry Potter de vingt-neuf ans. Ron et Hermione étaient tant une partie de lui que Harry ne pouvait pas supporter la pensée de ne pas les avoir dans sa vie. Il avait bon espoir qu'en développant une amitié avec eux en tant que leur professeur, il pourrait leur donner une manière d’avoir des points communs avec lui quand ils découvriraient finalement ce qui était arrivé. Il y aurait quelque confusion d'abord, mais quand ils découvriraient qu'il n'était plus leur ami de seize ans, ils auraient toujours leur amitié avec 'Ash' sur laquelle retomber.

Harry revint à son étude et ramassa son livre. C'était un roman policier et un assez bon. Il en était environ au trois quarts et il ne savait toujours pas qui le tueur était. Regarder le livre broché lui rappela soudain la sensation qui l'avait distrait juste avant que Ron et Hermione n’arrivent pour le remercier d’avoir pu utiliser ses appartements.

Pendant son temps dans le Miroir, Harry s'était appris à se concentrer sur les impressions différentes qu'il recevait de sa cicatrice. Même avec la connexion resserrée au minimum, quelque sensation suintait toujours à travers et n'importe quelle source d'information sur Voldemort ne devait pas être ignorée.

Directement avant que Hermione n'appelle son nom, Harry avait senti l'éclat momentané d'une sensation faible mais familière. Mais cela avait été quelque temps depuis qu'il l'avait sentie pour la dernière fois et cela lui avait pris quelques secondes pour replacer le sentiment. Alors c‘était revenu.

// L’appel de Voldemort// se rappela Harry. // Ce bâtard a appelé Severus à un meeting. // Normalement, il ne saurait pas quand le Seigneur des Ténèbres appelait l’un de ses Mangemorts. Mais Harry était devenu accordé avec Severus avec le temps et apparemment cet accord compatissant était toujours présent. Cela n'importait pas que Sev ' le connaisse à peine dans le monde réel - la liaison émanait de Harry et résultait d'une combinaison de son lien à Voldemort et de son centrage sur le bien-être de Sev. Puisqu' aucune de ces choses n'avait changé après qu'il ait quitté le Miroir, alors la conscience était de même inchangée.

// Sois prudent, Sev '// avertit-il mentalement. // J'ai des plans pour nous cette fois-ci et tu ferais mieux de pas de les faire louper en te faisant tuer. //

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A une courte distance le long du couloir, Severus avait aussi été en train de lire. Le sujet de son intérêt était un article notamment intrigant sur des techniques expérimentales de fabrication de potions. Il avait été complètement immergé dans le sujet et s’était - à quelque point - déplacé de son fauteuil près du feu vers son bureau pour pouvoir prendre des notes sur les procédures diverses, avec un oeil attentif à la possibilité de les utiliser dans des expériences impliquant ses propres recherches.

Quand la sommation arriva, ce fut complètement inattendu et chaque muscle de sa avant-bras se contracta de douleur lorsque la Marque Sombre brûla soudainement comme de l'acide sur sa peau.

Un moment plus tard et l'agonie était réduite à un mal secondaire.

Serrant les dents et agrippant toujours son bras abusé, Severus étendit soigneusement sa main gauche et la fit bouger. Le jeu des tendons et des muscles bougeant sous la marque à l’air sinistre, faisait tirailler la Marque de temps en temps - mais il permit aussi à Severus de se rassurer que sa main gauche était toujours en état de marche.

Il savait que le mal morne présent augmenterait fermement en une douleur intense s'il tardait à répondre à la sommation de Voldemort. S'il résistait à l'appel, alors il subirait finalement une douleur bien pire de la Marque Sombre que le premier moment de convocation. Cet éclat initial d'agonie avait simplement été la manière du Seigneur des Ténèbres d'obtenir son attention.

Severus se leva immédiatement de son bureau et revint à la cheminée. "Incendia Refero Dumbledore," dit-il, agitant sa baguette devant les flammes basses. Le feu hurla jusqu'à remplir le foyer.

"Severus ?" vint la voix étonnée d'Albus Dumbledore. Une suggestion vague du visage du Directeur vacilla dans les flammes dansantes.

"Albus, j'ai été appelé - je pars maintenant."

"Y avait-il quelque chose de prévu ?" lui demanda Albus avec souci.

"Non," répondit-il d'un air mécontent . "Je n'ai aucune idée de ce que c'est , ou du temps que cela me prendra. Je ferai mon rapport quand je le pourrai."

Alors vint un soupir du feu. "Sois prudent mon garçon."

"Je le suis toujours," et avec cela, le Maître de Potion termina sommairement le sort. Saisissant son balai en se dirigeant à grands pas vers la porte, toute pensée pour l'article sur les potions était oubliée.

Derrière lui sur le bureau, une feuille de parchemin était posée à côté de l'article ouvert. La plume négligemment abandonnée et la tâche d'encre au-dessous des rangées propres d‘écriture, portaient un témoignage muet du départ brusque de l'auteur - et de l'obéissance absolue que Voldemort exigeait de ceux qui portaient sa Marque.

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A suivre

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