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Chapitre 12 : Severus, passé et présent (suite)

- Présent--

"Qu'est-ce qu'il y a, Severus ?" fit la voix fausse de Malfoy encore une fois. "Le moldu n’est pas à votre goût ?" Et l'insinuation suggestive sur le dernier mot contenait des notes vraiment offensantes.

Calmement, Severus répondit, "Je ne le saurais pas, Lucius - je ne remarque pas vraiment autant les moldus - à la différence de vous, on dirait. Juste combien soigneusement le regardiez-vous ?"

Severus avait toujours soupçonné que Malfoy pourrait avoir quelque tendance vague vers ses propres préférences. Cela expliquerait les tentatives infinies de l'autre homme d'insulter sa sexualité. Ce n'était certainement pas parce que de telles insultes avaient n'importe quel effet sur lui. D'autre part, elles servaient de rappel constant à Voldemort que Severus était 'imparfait' et donc pas tout à fait aussi digne de la faveur du Seigneur des Ténèbres que certains de ses autres serviteurs - comme Lucius lui-même. Alors peut-être qu’il avait tort dans sa supposition...

Lucius choisit d’ignorer sa remarque précédente et fit au lieu de cela le commentaire : "Une telle pitié que vous ne dussiez jamais connaître les joies de paternité, Severus. Drago nous rejoindra l'année prochaine vous savez-"

"Oh ?" l’interrompit Severus, "J'avais pensé entendre une rumeur selon laquelle cela allait être cette année. Mais alors, Drago est toujours à l'école je suppose..."

Le visage de Lucius s’obscurcit au rappel de sa rencontre avec le Mage de Guerre. "Les liens entre père et fils sont puissants," siffla-t-il. "Comment allez vous vous débrouiller quand Drago joindra sa magie à la mienne pour se tenir à mes côtés ? Vous devez avoir remarqué comme cela plaît au Seigneur des Ténèbres est quand il voit les enfants de ses serviteurs actuels portés en avant pour recevoir la Marque. C'est une telle pitié qu'il sache que vous n'apporterez jamais un tel enfant devant lui."

"Nous servons tous de notre propre façon," lui sourit Severus d'un air satisfait, "et je comprends tout à fait pourquoi vous vous sentez contraint de faire tant de l'enfant que vous avez. Après tout, un morveux décharné après seize ans de mariage est à peine mieux que ma propre contribution aux générations futures. Qu'est-ce qu'il y a Lucius - des problèmes matrimoniaux ? Peut-être que vous feriez mieux de demander conseil aux Weasley. Ils ne semblent pas avoir quelque problème que ce soit à éparpiller des sangs-purs partout."

Lucius eut soudain l’air de pouvoir en réalité saisir sa baguette, quand soudain il se calma et un petit sourire satisfait correspondant apparut sur son visage. "Comme vous dites, Severus - nous servons tous à de notre propre façon - et puisque votre ... goût ... écarte la possibilité d'une forme de service, alors il est bon de savoir qu'au moins il peut être employé pour ... d'autres devoirs ..."

Severus fronça les sourcils. Ce n'était pas bon. Lucius était trop suffisant pour mentir. Voldemort avait évidemment projeté quelque chose pour lui - et l'autre homme savait ce que c’était. Le fait que cela impliquait ses préférences sexuelles remplissait Severus d'effroi. Leur maître avait à peu près ignoré son petit 'défaut' après que Lucius l'ait signalé il y a toutes ces années. Pourquoi cela importerait-il maintenant ?

"Lucius." Soudainement les tons lisses, glacials de Voldemort remplirent la pièce - suivis rapidement par le sens accablant de sa présence et de son pouvoir, comme le Seigneur des Ténèbres apparut à côté d'eux.

Immédiatement, tous les deux Mangemorts tombèrent à genoux.

Les chaînes cliquetèrent derrière eux comme le moldu tremblait de crainte.

"Toujours à asticoter Severus après tout ce temps ?" se renseigna Voldemort avec un regard amusé dans la direction de Malfoy. "Vous savez que mon couteau coupe le mieux avec sa langue," et Voldemort passa une main de propriétaire légèrement au-dessus de la tête baissée de Severus. "Cela ne me sert pas, Lucius, que mes serviteurs se battent entre eux."

"Mes excuses, Maître," répondit humblement Malfoy. "Je vis seulement pour vous servir."

"Veillez à le faire," vint l'avertissement léger.

Lucius resta silencieux.

Du coin de ses yeux baissés, Severus observa les robes de Voldemort tourbillonner au loin vers une chaise simple mais solide. Une fois que le Seigneur des Ténèbres était assis, il leur était permis de lever leurs têtes pour le regarder.

Quand lui et Lucius levèrent finalement les yeux, Severus s’assura prudemment que son expression ne le trahissait pas. La parodie épuisée pâle d’un homme qui était assise devant lui ne pouvait pas être reconnue comme le sorcier beau et charmant à qui il avait d'abord juré allégeance. Il était adapté que le corps de l'homme reflète finalement son âme - mais quelque partie de Severus subissait toujours un mal morne quand il considérait la forme présente de Voldemort et se rappelait le passé. En vérité, ce n'était pas tant la perte de l'aspect de son maître qui le peinait, comme c'était la perte de l'homme qu’il avait autrefois admiré et respecté - un homme qui n'avait jamais vraiment existé, sauf dans l'imagination de Severus.

Mais cela faisait toujours mal de le regarder et que cette perte lui soit rappelée.

Voldemort le regardait étroitement. Soigneusement, Severus permit à son masque vide habituel de glisser juste un peu. Un élargissement léger de ses yeux, couplé avec une baisse minuscule de ses épaules et l'adoucissement de quelques muscles faciaux, causa l’apparition d’une faible note d'adoration. Alors il retourna rapidement à son expression typiquement neutre, comme pour essayer de dissimuler un écart momentané.

Un demi-sourire heureux apparut sur le visage de Voldemort. Intérieurement, Severus eut un soupir de soulagement. Mentir au Seigneur des Ténèbres - avec ou sans mots - était une affaire au mieux délicate. Il espérait qu'il venait de réussir à rassurer de nouveau Voldemort sur sa fidélité ininterrompue.

"Severus," s’adressa à lui le Seigneur des Ténèbres , "Lucius m'a apporté quelques nouvelles très intéressantes."

Silencieusement, Severus fit glisser ses yeux de côté vers l'autre homme avant de retourner un regard fixe et neutre à son maître. Sans mots, il utilisa son expression pour transmettre son doute quant à la véracité de quoi que Lucius ait pu dire. Le visage de Voldemort prit une nuance amusée. Lucius détestait le fait que Severus puisse communiquer avec son maître de cette façon silencieuse. En effet, la raison principale pour laquelle Severus le faisait du tout, était pour la joie d'irriter le sorcier à côté de lui - un fait, que Voldemort connaissait très bien.

"Dois-je vous rappeler votre devoir aussi, Severus ?" lui demanda le Seigneur des Ténèbres - toujours légèrement amusé.

Severus laissa tomber ses yeux docilement avant de répondre, "Non Maître." La forte envie folle de se plaindre que Lucius avait commencé traversa son esprit. Il passait évidemment bien trop de temps avec ces morveux que Dumbledore appelait des élèves.
"Mmm," réfléchit Voldemort - pas dupé pendant une seconde par la contrition apparente de ses deux serviteurs. "Lucius", commença-t-il après un moment, "répétez l'information de votre fils pour l'avantage de Severus."

Severus fut momentanément effrayé. Quelle information utile pouvait avoir Drago ? Le Maître de Potions était toujours prudent de maintenir l'impression qu'il était un Mangemort dévoué devant tous les élèves - particulièrement ceux de Serpentard. Anxieusement, il essaya de se souvenir s'il avait pu faire une faute récemment. Mais, non - si Voldemort l'avait soupçonné, il aurait été sous Endoloris et veritaserum longtemps avant cela.

"Maître," commença Lucius avec un petit sourire satisfait mal dissimulé en direction de Severus, "mon fils, Drago, a rapporté que le Mage de Guerre connu sous le nom de Ash semble partager la préférence de Severus en partenaires sexuels. Il rapporte aussi que l'homme a pris un intérêt plutôt ... intense… dans le Maître de Potions de l’école. En fait, Drago dit que c'est connaissance commune que le mage ne peut pas sembler arracher ses yeux de lui."

"Est-ce vrai, Severus ?" s’enquit Voldemort.

Severus ne considéra pas même mentir. Il était si étonné par la tournure de la conversation, que Voldemort aurait noté son hésitation immédiatement. "Oui, Maître," dit-il simplement.

"Oh," sourit Voldemort. Étrangement assez, il semblait en fait heureux de cette nouvelle.
"Il s'est approché de vous, alors ?"

"Vendredi dernier au soir," confirma Severus.

"Et quelle réponse lui avez-vous donnée ?" demanda Voldemort avec une douce intensité comme il se penchait en avant.

"Aucune à ce jour, Maître," répondit Severus sincèrement. Il avait eu l'intention de décliner l'offre - mais étant donné l'intérêt actuel de Voldemort, il n'était pas sur le point de le reconnaître. Alors au lieu de cela, il ajouta, "Je ne savais pas quelle réponse pourrait servir le mieux vos intérêts."

"Excellent," dit Voldemort comme il se penchait en arrière dans sa chaise de nouveau.
"Voyez-vous, Lucius, comme même le défaut de mon couteau peut être tourné à mon avantage ?" Alors - s’adressant encore une fois à Severus - il ajouta, "J'ai été sage de vouloir vous permettre de rester sans enfants."

"Maître ?" demanda Severus dans une confusion étonnée.

Voldemort rit de lui. "Alors cela vous a échappé, Severus ? Étant donné la nature de votre faiblesse, je suis à peine étonné." Severus permit à son manque de compréhension de se montrer. Voldemort rit de nouveau. "Quel âge pensez-vous que j‘aie, mon couteau ?" demanda-t-il, amusé.

Toujours confondu, Severus répondit, "Je ne l'ai jamais calculé, Maître." Plus vieux que lui, certainement - mais nulle part près de l'âge de Dumbledore.

"J'étais un sorcier adulte avant même que vous ne soyez né," lui dit Voldemort. "À la différence de mes contemporains, cependant, l'âge ne m'affaiblira jamais - la mort ne me revendiquera jamais. C'est une joie particulière, mon couteau, de regarder vos ennemis se faner en vieux imbéciles tremblant. Il est malheureux que je sois trop impatient pour vraiment en apprécier l'effet." Voldemort fit une pause pour considérer les deux hommes à genoux devant lui. "Mais alors, mes ennemis ne sont pas les seuls à passer dans l'histoire avant moi. Mes serviteurs, aussi, m'abandonnent pour embrasser la mort - quelque peu plus tôt que d'autres, bien sûr - mais tous à temps."

Severus avait un soupçon désagréable et insidieux quant à où cette explication était dirigée. Il y avait une sensation légèrement écœurante dans la fosse de son estomac.
"Il n'est jamais sage d'ignorer l'avenir, Severus," lui dit Voldemort. "Peu de temps avant que vous et Lucius ne soyez venus à mon attention, j'ai perdu un de mes favoris aux Aurors. Il avait été un de mes meilleurs serviteurs - puissant, intelligent et d'une lignée longue et pure. Le jour d’après, un autre de mes Mangemorts a apporté son enfant devant moi pour recevoir ma Marque. Cet homme - tandis que digne de sa place - ne m'était en aucun cas aussi utile ou agréable que celui que j'avais perdu. Mon serviteur mort n'avait aucun descendant. Était-ce probable que l'enfant d'un homme moindre puisse l'égaler ?"
Voldemort renifla son mépris pour cette idée avant de continuer. "Devais-je, alors, permettre à la chance - à la chance - de dicter les capacités de mes serviteurs futurs ?" Avec une chiquenaude froide de ses doigts, le Seigneur des Ténèbres indiqua son rejet de l'idée. "Je pense pas," conclut-il .

"Et ensuite," sourit le Seigneur des Ténèbres, "une nouvelle génération est venue à moi. Lucius ..." et il tourna des yeux heureux sur l'autre homme, "fut le premier de vos camarades d’âge à montrer une telle promesse. Comme mon serviteur perdu, lui aussi, exerce de la magie puissante - et son sang est pur et propre. Il possède un esprit supérieur et le statut social de sa famille a augmenté sa capacité naturelle de manipuler et dominer ceux autour de lui. Il s'est prouvé être à la fois de valeur et utile plusieurs fois."

Severus pouvait pratiquement sentir Lucius s’enorgueillir sous les commentaires de Voldemort.

"Mais bien sûr," ajouta Voldemort, "ses défauts m’étaient évidents dès le début." A genoux à côté de lui, la respiration de Malfoy s’accrocha soudain, avant de devenir délibérément lente et régulière. "Mon Lucius," expliqua le Seigneur des Ténèbres, "-avec son affinité naturelle pour la politique - est bien trop ambitieux. Si je le permettais, il réunirait ses propres disciples - en volant même parmi mes moindres serviteurs. Je dois constamment lui rappeler sa place." Avec un soupir de léger regret, Voldemort ajouta, "je ne le blâme pas pour cela, bien sûr. C'est simplement sa nature. Pourtant je trouve toujours cela ennuyeux de temps en temps."

"Et peu après," sourit Voldemort froidement, "vous êtes venu à moi..." Les yeux rouges à demi-fermés se concentrèrent intensément sur le visage de Severus. "Vous aussi, étiez puissant - pur - et vous possédiez un esprit à concurrencer même les meilleurs de mes autres domestiques. Comme Lucius, vous êtes rapidement monté en grade - laissant crainte et obéissance dans votre sillage. Pourtant, il vous manquait l’envie de Lucius d’avoir des disciples. Même maintenant, vous n'avez aucun désir de régner - et même si vous en veniez à le désirer - vous manquer du don pour le faire. Vous étiez le serviteur parfait. Parfait ..." et la voix de Voldemort s'estompa de regret.

"Peut-être que maintenant, mon couteau - mon couteau pointu - comprendrez-vous pourquoi j'ai été si déçu quand Lucius a révélé votre faiblesse," lui dit Voldemort. "J'avais de tels plans pour vous - pour votre avenir..." Silencieusement, Severus remerciait Dieu, le destin et même Lucius Malfoy, pour le fait que Voldemort ait découvert son 'défaut' il y a toutes ces années. S'il avait su alors ce qu'il savait maintenant, il aurait prit une pleine page de publicité dans la Gazette du Sorcier, annonçant son orientation sexuelle au monde.

"Mais à la réflexion," disait Voldemort, "ce n'était pas si un grand échec. Après tout, il y a des potions - des sorts - qui peuvent être employés pour surmonter une telle faiblesse." Severus supprima un frisson. "Et même avec ce défaut, vous êtes toujours tellement près d'être le serviteur parfait." Le Seigneur des Ténèbres fit une pause un instant. Alors presque négligemment, il ajouta, "j'ai fait faire quelque recherche sur votre condition à un point. J'avais pensé à vous faire cadeau d’un remède. Mais il semble que l’idiote communauté médicale ne sache pas même ce qui cause cela - sans parler de comment le guérir. Et vous êtes de bien trop de valeur pour risquer d'être endommagé par des expérimentations."

"En plus," conclut le Seigneur des Ténèbres, "il n’est pas plus probable que vos descendants héritent de votre faiblesse qu'un autre enfant, alors il est peu probable que votre échec affecte mes serviteurs futurs."

Severus sentit ses yeux s'élargir involontairement à l'utilisation du présent par Voldemort. Sûrement qu’il ne voulait pas dire...

Voldemort rit de nouveau. "Oh, Severus," dit-il avec une note peu habituelle d'affection dans sa voix, "Ne vous est-il vraiment jamais arrivé de penser que de tous ceux qui sont les plus proches de moi, vous êtes le seul sans femme et sans enfant ?"

Et bien, non - il n'y avait jamais pensé . Bien que, rétrospectivement - et étant donné ses soupçons quant à Lucius - il aurait probablement dû le faire.

"Ceux parmi les rangs inférieurs," lui dit Voldemort, "peuvent choisir quiconque ils souhaitent, tant que la femme n'est pas une sang de bourbe et est capable de porter des enfants." Il ne mentionna pas même de femme moldue, puisque - pour un Mangemort - cette option était impensable. "Et par la naissance de chaque génération successive," continua le Seigneur des Ténèbres, "tous mes Mangemorts continueront à me servir au long des longs siècles à venir." Un sourire mince tira le coin des lèvres pâles de Voldemort comme il ajouta, "Il me plaît énormément d’accueillir de tels enfants à mon service - puisqu'ils viennent à moi en sachant déjà ce que l'on attend d'eux et obéissant à mes vœux."

Alors le Seigneur des Ténèbres fit une pause et une main d’araignée caressa distraitement le bras de sa chaise. "Mais pour des comme vous et Lucius," dit-il aux deux hommes devant lui, "il n'est pas suffisant que vous vous mariiez simplement. Vos enfants doivent être assez forts - assez puissants - pour avoir la capacité de me servir aussi bien que - si non mieux que - vous le faites. On ne peut pas permettre aux familles inférieures de diluer vos lignées." Alors Voldemort ajouta, "Même les enfants filles me sont utiles quand elles portent le sang d'un père puissant. L'enfant Parkinson fera un mariage approprié pour le jeune Drago quand le temps viendra."

Personnellement, Severus était de l'avis que si quoi que ce soit ferait que Drago refuse de devenir Mangemort, c'était savoir que Voldemort s'attendait à ce qu'il épouse Pansy Parkinson. La fille était une intrigante naturelle qui aimait manipuler les gens pour son avantage personnel. Drago n'était pas le genre de personne qui supporterait d’être contrôlé par sa femme. Pensivement, Severus classa au loin cette pensée pour la considérer dans le futur. Cela pourrait être utile de faire savoir qu jeune M. Malfoy ce que Voldemort avait projeté pour lui.

Le Seigneur des Ténèbres parlait de nouveau - cette fois directement à Severus. "Seulement vous, mon couteau," disait-il, "devez encore me fournir un héritier - et la décision de retarder cette exigence n'a pas été prise à la légère."

Savoir que Voldemort pensait que son mariage avait simplement été 'retardé' ne faisait rien pour aider à calmer l'estomac de Severus.

"Il m’est venu à l'esprit," continua le Seigneur des Ténèbres, "qu’il pourrait venir un temps où il serait utile d'avoir quelqu'un avec vos … préférences ... parmi mes serviteurs. Plusieurs fois, la séduction d'un simple sorcier ou d’une sorcière a rapporté de l'information de valeur et importante, où des sorts plus évidents et des potions pourraient avoir été découverts. Et puis il y a ceux parmi nos ennemis qui ont le même défaut que vous-même - et certains d'entre eux tiennent des positions d'importance clef. Le fait que vous ayez permis que votre faiblesse devienne de connaissance publique a seulement rendu ma décision plus facile."

Alors, étonnamment, Voldemort rit de nouveau. "Et maintenant voyez!" se vanta-t-il, "Voyez comme ma patience est récompensée! J'ai un serviteur qui est en position d’apprendre les secrets d'un Mage de Guerre!"

Animé par la pensée de revendiquer un tel pouvoir pour lui, Voldemort se pencha rapidement vers Severus. Avec une main ouverte devant lui, le Seigneur des Ténèbres siffla, "Vous encouragerez le Mage de Guerre dans son engouement, Severus! Rendez-le votre amant! Faites-lui vous faire confiance - faites-le vous aimer! L’amour rend aveugle - même les mages - et vous êtes un Maître en Potions." Alors la main ouverte se serra soudainement en un poing serré. "Je veux que vous le possédiez! Employez toutes vos compétences pour le lier à vous!"

Son esprit reculant de dégoût, Severus réussit néanmoins à demander, "Une fois qu'il sera mien, Maître - que me ferez-vous faire de lui ?"

Avec un sourire cruel, Voldemort se redressa. "Je veux que vous m'apportiez le secret de magie sans baguette," dit-il carrément.

Severus fut déconcerté. Autant qu'il le savait, il n'y avait aucun secret - simplement un moyen de penser différent et utiliser la même magie en soi. Voldemort attrapa sa surprise et se moqua de lui. "Pensiez-vous vraiment," demanda-t-il, "que c'était simplement une question de vous imaginer être une des créatures moins qu'humaines qui peuplent notre monde ?" Le Seigneur des Ténèbres fit un bruit ironique. "Comme si," continua-t-il avec le mépris, "il était possible pour un homme de soudainement penser comme un animal - même des intelligents comme les gobelins ou elfes. Non, mon couteau - ce n'est rien de plus qu'un mensonge que les mages ont répandu à travers le monde pour protéger leur pouvoir - un pouvoir que j'ai l'intention d'avoir pour moi!"

Severus savait qu'il avait des ennuis maintenant. Tandis qu'il était à peine possible qu'il y ait en réalité quelque truc secret pour la magie sans baguette, le refus de Voldemort d'accepter que les non-humains puissent être aussi sensibles et intelligents que des sorciers, lui disait qu'il n'y en avait probablement pas. Il était beaucoup plus probable qu'à quelque point le Seigneur des Ténèbres ait essayé d'apprendre la magie d'un non-humain et que son échec l'ait fait conclure que s'il ne pouvait pas le faire, alors simplement personne d’autre ne le pourrait. Cela, à son tour, l'aurait convaincu que l'explication acceptée quant aux capacités d'un mage était un mensonge.

Tout cela signifiait que Severus était destiné à échouer à cette mission, peu importe ce qu'il faisait.

Voldemort ne supportait pas bien l'échec.

Ainsi, Severus fit la seule chose à laquelle il pouvait penser. Il joua pour gagner du temps dans l'espoir que soit lui soit Dumbledore puissent inventer quelque chose plus tard.

"Maître," commença-t-il sans à-coup, "je suis confiant de pouvoir faire comme vous avez commandé, mais je dois humblement prier votre patience à cet égard. Cela peut me prendre quelque temps pour-"

"Pourquoi ?" interrompit Voldemort.

Sans à-coup, Severus releva sa manche gauche. "Je suis vôtre, Maître - et Marqué comme tel. Le mage ne sait pas cela et a montré une certaine …aversion ... aux Mangemorts. Je devrai trouver un moyen de contourner ce problème. Aussi," ajouta-t-il, "il se peut que les mages aient la capacité de résister aux potions et sorts habituels . Je devrai faire attention de ne pas éveiller ses soupçons avant d’être certain de ma prise sur lui." Alors Severus conclut, "Et bien sûr, il ne serait pas sage d'attirer l'attention de Dumbledore en développant un rapport anormalement rapide."

Voldemort considéra cela. "Vos points sont bien posés," permit-il finalement. "Vous pouvez avoir le temps que vous désirez." Alors il rétrécit ses yeux - les pupilles fendues apparaissant comme de fines lignes noires sur du rouge. "Mais je m'attends à être informé de vos progrès, Severus," siffla-t-il - signifiant qu’il ferait mieux d'y avoir des progrès.
"Et je ne m'attends pas à ce que vous abusiez de ma patience infiniment!"

Severus inclina la tête en reconnaissance.

De là, Voldemort tourna son attention à l'emplacement d'un Harry Potter. Il lui déplaisait énormément que l'enfant qu'il détestait tant ait d'une façon ou d'une autre réussi à disparaître.

Pour le moment, du moins, Severus pouvait apprécier écouter Lucius marmonner son échec à localiser le garçon. "Maître", disait Lucius, "personne au Ministère ne sait où il est. Vos gens," et Severus sourit presque - d'habitude Lucius disait ' nos gens ' - "au gouvernement et les Aurors cherchent toujours, mais-"

"Assez!" hurla Voldemort. "Endoloris!" Et Lucius se tordit immédiatement à l'agonie sur le sol - trop contordu pour faire plus que de pleurnicher et de gargouiller d'un air impuissant.

Observant impartialement, Severus se trouva penser que pour un homme censément intelligent, Lucius était de temps en temps un peu idiot. Il y avait des moyens de livrer de mauvaises nouvelles pour qu’elles ne sonnent pas tout à fait autant comme un échec.
Voldemort relâcha Malfoy - qui resta haletant sur le carrelage - et se tourna vers son autre serviteur. "J'ai confiance, Severus, que vous avez de meilleures nouvelles ?"

"Oui, Maître," répondit-il . "Je peux vous dire que la disparition du garçon n'a certainement pas été projetée par Dumbledore et qu'il n'est pas caché à l'école."

"Vous en êtes certain ?"

"Oui, Maître. Dumbledore lui-même est allé chez les parents moldus du garçon et a utilisé un sortilège de mémoire sur eux pour découvrir ce qui était arrivé. Je sais maintenant quand et où le garçon a disparu et aussi les circonstances dans lesquelles c’est arrivé." Alors, méchamment, il ajouta, "Peut-être qu’avec cette information, Lucius aura plus de succès dans sa recherche." Severus savait que ce ne serait pas, bien sûr, le cas, mais s'il pouvait lever les espérances de Voldemort, alors ce serait juste autant pire pour l'autre Mangemort quand il échouerait à les remplir.

Considérant la tâche impossible qui venait juste d’être assignée à Severus grâce à l'interférence de Lucius, il ne sentait absolument aucun scrupule à retourner la faveur.

Peu de temps après cela, l'entrevue vint à sa fin et Severus et Lucius - qui avait réussi à regagner sa position à genoux - courbèrent leurs têtes comme le Seigneur des Ténèbres se leva de sa chaise. Quelques secondes plus tard, le sens de subjugation de sa présence magique s’éteignit et ils furent seuls de nouveau.

Severus se leva gracieusement sur ses pieds. Ses genoux lui faisaient mal et il voulait désespérément s'asseoir, mais il était damné s'il montrait jamais de faiblesse devant Malfoy.

Lucius lui-même ne se leva pas même sur ses pieds plutôt que de se tirer du sol. Il chancela même un peu après s’être redressé. Mais alors, le Sort de Doloris avait tendance à avoir cet effet - comme Severus ne le savait que trop bien.

Ils se considérèrent l’un l’autre pendant quelques moments - tous deux reconnaissant le fait que cela aurait facilement pu être Severus titubant sur place, plutôt que Lucius. Cela avait été ainsi par le passé et serait probablement de nouveau à l'avenir. Et il n'y avait aucune fin au nombre de fois où ils avaient été tous deux sous Doloris avant la fin de l’entrevue. A cela, sinon rien d'autre, ils se comprenaient parfaitement. Aucune pensée d'aide ne traverserait jamais l'un ou l'autre esprit, mais quand il s’agissait de la colère de Voldemort - chacun savait exactement ce que l'autre subissait, parce que la punition était la même pour tous.

Dans ce moment particulier de compréhension, Severus demanda soudain, "Vous a-t-il donné une liste de noms ? Ou est-ce que Narcissa était votre seule option ?"

Pendant une seconde, il sembla que la surprise et les effets lents du sortilège de Doloris pourraient en réalité lui fournir une réponse - et Severus était authentiquement curieux.
Mais alors Lucius se reprit.

"Amusez vous avec le Mage de Guerre, petit couteau," se moqua-t-il . "Ce sera la dernière fois que vous pourrez satisfaire votre 'faiblesse'. Après cela, il semblerait que notre Maître vous donnera une expérience personnelle avec laquelle répondre à cette question." Et ensuite il redressa ses robes et sortit à grands pas de la pièce.

Grimaçant de dégoût à l'idée, Severus murmura, "Je crains bien que vous ayez raison..." Il lissa soigneusement ses robes en préparation pour son propre départ, quand une voix faible appela : "Ce ... ce n'est pas - pas un déf-défaut, vous savez."

Le moldu.

Severus avait complètement oublié le jeune homme enchaîné dans le coin.
Curieux, mais circonspect, il s'approcha du moldu inconnu et obscurci. "Et qu’en sauriez-vous ?" demanda-t-il dédaigneusement.

"Je ... j'ai ... avais des… a-amis ... qui étaient..."

"En effet ?" Severus inclina sa tête de curiosité. "Et que, dites-moi, faites-vous ici ?" Il n'attendait pas de réponse, puisque Voldemort expliquait rarement quoi que ce soit à ses prisonniers - et ne s’abaisserait jamais à parler avec un moldu. La question de Severus avait surtout été dirigée vers lui-même, avec la pensée que quelqu'un en cet endroit devait savoir pourquoi le garçon était ici.

Mais étonnamment, le jeune homme répondit pour lui.

"Il ... il veut que ... Que j’explique des ch-choses..."

Les sourcils de Severus montèrent en flèche. "Que diable un moldu pourrait-il savoir qu'un sorcier - en particulier un d’aussi puissant que mon Maître - voudrait avoir d’ 'expliqué' ?" Voldemort avait-il vraiment parlé à cet enfant ? Ou le garçon lui mentait-il?

Le garçon en question puait la crainte, le sang séché et ses propres déchets. Dans sa condition présente, Severus doutait assez qu'il puisse mentir avec succès à qui que ce soit. Il pouvait à peine parler sans bégayer.

Le moldu déglutit au ton dur de Severus. "Je ... j'étudiais- à l'u-université ... la physique - la c-chimie..." Severus fronça les sourcils. Il savait vaguement de quoi il s‘agissait. Pourquoi Voldemort serait-il intéressé par eux, cependant ? "Q-quelque chose est arrivé ..." Ajouta le garçon. "Une. .. une expérience ... je - je ne sais pas... Cela é-était étrange.
Je je l’ai dit aux g-gens... Ils ne m'ont pas c-cru. Alors i-il est venu..."

"Curieux..." Réfléchit Severus. Mais le moldu n'avait pas fini...

"Je ne s-savais rien des sorciers. ... S-savais pas... Mais m-maintenant - maintenant je pense que c-ce qui est arrivé ... que c'était de la m-magie..."

Les yeux de Severus s’élargirent. Magie! Un moldu qui avait fait de la magie ?! Mais les moldus n'avaient pas de magie innée eux-mêmes. Cela signifiait - Dieu, cela signifiait que ce moldu aurait pu tombé par hasard sur un moyen d'avoir accès à une source extérieure de magie par la science moldue!

Severus n'était pas un imbécile. Le monde sorcier pouvait être parfaitement capable de se protéger des armes nucléaires et des autres inventions moldues, mais d'une bombe magique ? - ou même d’une source de magie qui pourrait être exploitée en utilisant des gadgets de moldus ? La pensée de quelque baguette moldue qui pourrait jeter sort après sort sans fatiguer le sorcier l'employant, était terrifiante. Soudainement Severus eut la vision d'une armée de Mangemorts qui ne s'épuiseraient jamais et pourraient continuer à jeter des sorts jusqu’à ce que leurs adversaires ne tombent d'épuisement.

Il considéra sérieusement tuer ce moldu séance tenante. Une telle action pourrait très bien le faire tuer comme le garçon quand Voldemort le découvrirait - mais le risque si cet enfant vivait...

Mais non, il ne pouvait pas juger si le meurtre du garçon valait sa vie. Et le temps lui manquait - Voldemort pourrait revenir...

"Savez-vous ce que vous avez fait ?" demanda-t-il. "Pourriez-vous le refaire ?"

"N-non," balbutia le garçon. "Je ne s-sais pas ...c-c’était un accident ... cela pourrait prendre des années..."

Assez bon. Il laisserait le garçon vivre - pour le moment. Mais il serait prudent d’en découvrir plus sur lui. Severus n'avait pas le temps pour un entretien prolongé, mais il y avait un renseignement qui lui dirait probablement beaucoup à propos d'un moldu qui manquait d'une université quelque part - "Quel-est votre nom, garçon ?" demanda-t-il.
"R-Robert," répondit le garçon, "Robert T-Thomas."

Severus tira sa baguette et observa le moldu se contracter loin de lui. "Ne vous inquiétez pas," lui dit Severus, "je dois juste m'assurer que vous ne parlerez à personne de notre petite conversation."

"Oubliette."

----Oo00oo----

Il était bien passé minuit lorsque Severus revint finalement à Poudlard. Avec lassitude, il se dirigea vers les quartiers privés de Dumbledore. Il savait que le Directeur serait encore éveillé - s’inquiétant probablement pour lui, autant qu'attendant qu’il fasse son rapport.
Ce fut avec gratitude que Severus se trouva bientôt installé dans un des fauteuils confortables d'Albus, avec du thé chaud dans ses mains et les biscuits inévitables à côté de lui. Par droit, il savait qu'il aurait dû avoir faim, mais la pensée de quoi que ce soit de plus que le thé calmant dans son estomac était écœurante.

Albus l'observa avec souci, mais savait qu’il ne fallait pas offrir de sympathie indésirable ou de mots inutiles d'appui.

Finalement, le Directeur soupira et se versa une tasse de thé. "Je suppose," dit-il calmement, "que tout s’est bien passé, puisque vous ne souffrez à l’évidence pas des répercussions du sort Doloris cette fois-ci."

Severus le regarda curieusement.

"Votre tasse de thé ne tremble pas," offrit Albus comme explication.

"Oh," répondit-il, regardant vers le bas ses mains stables.

Albus attendit qu’il commence et Severus prit un moment pour organiser ses pensées. La première chose qu'il rapporta fut la nouvelle du garçon moldu et sa menace potentielle. Albus eut l’air convenablement grave quand Severus expliqua la possibilité qu'un moldu ait trouvé une façon d'avoir accès à quelque source inconnue de magie. Le Directeur nota dûment le nom du jeune homme et assura Severus qu'ils sauraient bientôt tout ce qu’il y avait à savoir sur Robert Thomas et sa recherche.

Juste avant qu’ils ne passent au reste du rapport de Severus, le Directeur fit le commentaire : "Je pense avoir quelques contacts moldus qui pourraient nous être utiles à cet égard."

C'était la première fois que Severus entendait parler de moldus dans le réseau d’informateurs d'Albus. Mais alors, il supposa que c’était logique quand on y pensait. Les moldus étaient bien plus nombreux que les sorciers et si Voldemort prenait le dessus, ce seraient les moldus qui souffriraient le plus. Le Directeur avait toujours été ferme dans sa croyance que les gens avaient le droit de faire face à leurs ennemis s'ils le pouvaient. Jamais Voldemort, avec son imagination la plus folle, ne pourrait prévoir qu'Albus puisse utiliser des moldus contre lui. Cela, en soi, leur donnait un avantage.

Alors - après s’être occupé de l'information la plus importante - Severus décrivit brièvement ses ordres en ce qui concernait le Mage de Guerre et la découverte résultante du programme eugénique personnel de Voldemort. Lorsqu’il eut terminé, même le thé calmant n'aidait pas son estomac affligé et Albus semblait se sentir aussi mal que lui.

"Croiser les sorciers..." Albus frissonna. "Réduire ses propres disciples à un tel niveau..."

"Nous sommes peu plus que des esclaves pour Voldemort," lui rappela Severus .
"J'aurais vraiment dû voir cela plus tôt..."

"Je doute d'une façon ou d'une autre," répondit Albus, "que qui que ce soit ait pu prévoir être traité comme un cheval de valeur au haras."

"La plupart d'entre eux ne le comprendront même jamais," acquiesça Severus. "Pour la majorité, la pression sur eux semblera la même chose que leurs familles et le monde attendent d’eux en général : mariez-vous et ayez des enfants. Seuls les échelons supérieurs sont contrôlés assez fermement pour vraiment le remarquer - et beaucoup d'entre eux seront contents si cela signifie que le nom de leur famille et leur prestige resteront intact."

"Je sais," soupira Albus. "Et pourtant, cela m'horrifie de penser ce que cela pourrait signifier si les enfants le découvraient. Se voir dit que vous étiez simplement un devoir! - partie d'un programme de multiplication conçu pour gonfler les rangs des Mangemorts de Voldemort! Il a prévu leurs vies avant même qu'ils ne soient nés et il a l'intention qu’il n’aient rien à dire à propos de ces vies du tout."

Severus fit un son ironique. "Beaucoup de familles de sang-pur pratiquent toujours les mariages arrangés," se moqua-t-il, "et leurs parents leur disent que faire et qui voir, pour la plus grande partie de leurs vies. Je ne réussis pas à voir de différence significative, à part qu’un enfant servirait Voldemort, tandis qu'un autre servirait sa famille." Après un moment de réflexion, il ajouta, "Mais aussi, beaucoup de parents se soucient authentiquement de leurs petits monstres, indépendamment de qui leur conjoint est."

Albus sourit. "Vous dites que vous les méprisez, Severus, pourtant je suis certain que vous n‘êtes pas sérieux en le disant."

Severus ne fit que le regarder.

"Et bien," amenda Albus , "je suis certain que vous n’êtes pas entièrement sérieux. Vous feriez un bon père."

"Malheureusement," répondit Severus d’un ton aigre, "il semblerait que Voldemort soit d'accord avec vous."

Albus s’étrangla presque avec son thé.

"Oh, oui," continua Severus, "ne l'ai-je pas mentionné ? Il a toute les intentions de me marier dès que j’en aurai fini avec ma petite incursion dans la chambre à coucher de notre Mage de Guerre local. Apparemment," termina-t-il, "je suis bien trop utile pour qu’on me permette de rester sans enfants. Mes descendants sont destinés à le servir jusqu'à la fin des temps."

Albus eut l’air peiné.

"Ne vous inquiétez pas," l’assura Severus, "il est très peu probable que cela arrive. Je n'ai aucun doute que s'il ne me tue pas pour avoir échoué à acquérir 'le secret' de la magie sans baguette, alors il me supprimera inévitablement quand il découvrira que je l'ai espionné toutes ces années." Distraitement, Severus ajouta, "Je suis assez étonné d’avoir duré si longtemps, en réalité."

"Si vous voulez bien," répondit Albus doucement, "j'espère plutôt que vous n'allez pas être tué du tout - ou accouplé avec le choix de compagne de Voldemort ."

"Vous êtes excessivement optimiste," lui dit Severus.

"Peut-être que vous êtes simplement trop pessimiste," répliqua gaiement Albus.

Severus choisit d’ignorer la remarque du Directeur. L'expérience lui avait appris qu'il était inutile d'argumenter contre la source illimitée d’espoir de Albus . Le fait simple du problème était qu'à moins que quelqu'un n'invente une façon d'enlever la Marque Sombre - ou qu’un miracle arrive et que Voldemort se fasse tuer - alors il n'y avait aucun départ possible du service du Seigneur des Ténèbres sauf par la folie ou la mort.

Il était temps d’éloigner le sujet de conversation de lui.

"Voudriez-vous que je prenne des dispositions pour que M. Malfoy découvre les plans de Voldemort en ce qui concerne Mlle Parkinson ?" Cyniquement, Severus ajouta, "Connaissant les deux élèves impliqués, je dirais qu’il y a une chance excellente que Drago passe de notre côté sur l‘instant."

"Severus! C'est très méchant," objecta Albus. "Mlle Parkinson a beaucoup de qualités pour la rattraper." Cependant l'amusement miroitant dans ses yeux ruinait totalement l'effet de ses mots.

Mais en réponse à la question originelle, Albus décida finalement, "Non - ne le faites pas encore découvrir au jeune Drago. Avec suffisamment de temps, il viendra sans aucun doute à croire qu'il peut trouver une façon d'éviter le plan de Voldemort. Mais au moment juste - et appliquée exactement de la bonne manière - une telle information pourrait être très utile."

"Comme vous voulez," consentit Severus.

"Et maintenant," lui dit Albus, "je pense que nous devons discuter de votre mission actuelle." Un air passager de malaise passa à travers le visage de Severus - la première expression sans surveillance qu'il ait montrée depuis le retour à l'école.

Assis en face lui, Albus remarqua l’air bref et pensa que l'heure tardive, en plus de l'entrevue avec Voldemort, commençait évidemment à affecter le contrôle de Severus. Cependant, si cela lui permettait de voir des réponses honnêtes, alors Albus n'était pas au-dessus d'utiliser cela à son avantage. Son Maître de Potions avait été une silhouette solitaire depuis bien trop long et c'était la croyance d'Albus que l'homme connu sous le nom de Mage de Guerre Ash pourrait être juste ce dont Severus avait finalement besoin pour apporter une petite lumière dans ces cachots sombres et dépressifs que le Maître de Potions semblait favoriser.

Mais bien sûr, Severus avait d'autres idées.

"Peut-être serait-il mieux d’en discuter une autre fois," suggéra le Maître de Potions. "Après tout, il est très tard et j'ai cours demain."

"Non, non, mon cher garçon," argumenta Albus, "je sais que vous avez dit que Voldemort vous avait accordé beaucoup de temps - mais je suis très inquiet quant aux progrès intermédiaires qu'il s'attend à ce que vous fassiez. Vous devez avoir quelque chose de concret à annoncer, ou il aura des soupçons. Cela m’inquiète en particulier que les enfants puissent facilement vérifier tout ce que vous lui dites. Deux professeurs - deux professeurs masculins - engagé dans un rapport ? Ce serait impossible de cacher cela aux élèves - ce qui nous mène à l'impossibilité de cacher cela à leurs parents. Vous savez que Lucius - et beaucoup d'autres - seraient seulement trop heureux d'informer Voldemort de n'importe quelle tromperie de votre part."

Severus soupira et se massa distraitement le front. Il avait vraiment besoin de sommeil à ce point, mais il était évident qu'Albus avait l'intention d‘insister. "Franchement dit,"dit-il au Directeur, "j'espérais plutôt que vous pourriez inventer une façon de m'en tirer complètement - puisque je ne veux vraiment pas être impliqué avec cet homme si je le peux."

"Oh ?" demanda Albus avec surprise. "Vous ne le trouvez pas attirant, alors ?"

Severus fronça les sourcils. "Que diable est-ce que cela vient faire là dedans ?"

"Et bien, j'avais plutôt l'impression qu'il vous trouve tout à fait attirant - et ne vous donnez pas la peine de froncer des sourcils avec moi, Severus - j’y suis immunisé."

Le Maître de Potions n'était pas amusé. "Dans le cas où vous ne l’avez pas remarqué," répondit-il, "on m'a essentiellement ordonné de séduire un homme qui est beaucoup plus puissant que moi, et qui a un préjugé assez considérable en ce qui concerne les Mangemorts. Je pense difficilement que cela," - et il poussa la Marque Sombre sous le nez d'Albus, "va le faire m’aimer ."

"Oh," remarqua Albus. Alors, après quelques instants, il ajouta, "Pensez-vous vraiment qu'il ne le sait pas ?"

"Quoi ?" vint le cri stupéfié. "Vous ne lui avez quand même pas dit-" Severus se coupa au milieu de la phrase. Tranquillement, il ajouta, "Non - vous ne l'auriez pas fait."

"Certainement pas," acquiesça Albus calmement. "Cependant, je pense assez qu'il pourrait le savoir de toute façon."

Un souvenir soudain des doux tons sombres du Mage de Guerre émergea dans l'esprit de Severus. ' J’en sais plus à votre propos que vous ne le croiriez possible, ' lui avait dit le mage.

"Peut-être," reconnut Severus à contre-cœur . "Cependant, je préférerais éviter la nécessité de le découvrir."

Albus soupira. Alors cela allait être comme cela, n'est-ce pas ? Les enfants pouvaient être si têtus... "Et bien, alors," réfléchit-il à haute voix, "je suppose que je pourrais toujours le renvoyer..."

L’air sur le visage de Severus était sans prix.

"Vous ... Feriez cela ?" demanda le Maître de Potions choqué. "Mais, vous ne pouvez pas - du moins, pas sans une raison. Quelles raisons pourriez-vous possiblement avoir ... ?"

Albus renifla en réfléchissant. "Harcèlement sexuel, sinon rien d'autre," répondit-il.

Cette fois ce fut le tour de Severus de étrangler avec son thé. Bien que ... il ne semblait pas avoir de thé du tout dans ses mains à ce moment là. Charitablement, Albus blâma le thé de toute façon. C’était plus aimable que de supposer que Severus toussait et postillonnait pour aucune raison apparente.

"Harcèlement sexuel!" réussit finalement à s’étrangler Severus. "Êtes-vous fou ?! Je serais la risée du monde sorcier! Les Mangemorts m'auraient comme déjeuner! Je n'appelle pas cela une solution acceptable!"

"Le harcèlement sexuel est un problème très sérieux des lieux de travail," lui dit Albus, "et à part cela, je ne peux pas imaginer ce que je pourrais utiliser d'autre comme excuse pour me débarrasser de lui. C’est un enseignant exceptionnel et les enfants pensent tous qu'il est merveilleux."

"Il est dangereux!" s'exclama Severus. "Ils sont terrifiés par lui! Utilisez cela!"

"Malheureusement," dit Albus en s'excusant, "il n'a nui à personne - et nous a, en fait, même défendus de l'attaque par d'autres - d’abord de Mangemorts et ensuite d’elfes fous. Et très peu des élèves sont encore effrayés par lui. Prudents, oui - mais certainement pas effrayés. Il est très peu probable que le Bureau appuie une décision basée sur cela."

Severus regarda le Directeur avec soupçon. Il n'avait pas cru un instant le conte d'un elfe fou attaquant Poudlard - et il savait parfaitement bien qu'Albus ne s'attendait pas à ce qu‘il le croie. Mais en dehors de cela, il se rendit soudain compte que le Directeur n'était pas le moins du monde sérieux dans sa tentative supposée d'aider Severus à éviter de devenir impliqué avec le mage.

"Vous me voulez dans son lit!" comprit soudain Severus. Outragé, il hurla, "Ne me dites pas que vous voulez aussi ce maudit secret de la magie sans baguette!"

Albus prit un moment pour penser que c'était une bonne chose qu’il ait renforcé les sortilèges de Silence sur ses appartements il y a quelque temps. Toujours calme et imperturbable, il répondit, "Je veux que vous soyez heureux, Severus."

"Pardon?"

"Vous avez été seul une très longue période de temps, mon garçon - et bien que je sache que vous vous en sortiez bien, je ne crois pas que vous appréciez cela. Notre professeur de Défense actuel est un homme qui comprend très bien les nécessités et les difficultés auxquelles quelqu'un dans votre position doit faire face. Je crois qu'il est digne de confiance et nous savons tous les deux qu'il convient de manière unique aux dangers d'être associé avec vous. En effet, c'est difficilement plus dangereux pour lui maintenant."

Severus contrôlait délibérément sa respiration afin de ne pas hyperventiler. "Laissez-moi voir si je comprends cela correctement," dit-il d'une voix calme et mortelle. "Vous pensez que je suis malheureux, solitaire et que je désire ardemment un compagnon. Vous croyez qu'un Mage de Guerre comprendrait ma 'position' et serait aussi capable de se protéger de Voldemort. Vous avez sans aucun doute encouragé l'homme avec ces croyances malencontreuses jusqu’au point où même les élèves - et Drago en particulier - ont remarqué son intérêt. Cet intérêt a alors été rapporté à Lucius Malfoy, qui l'a à son tour rapporté à Voldemort." Assis parfaitement immobile dans sa chaise, Severus demanda finalement, "Serait-ce un résumé précis ?" Il allait tuer Albus. Il allait vraiment ...

"À part là où je suis supposé l’avoir encouragé," répondit le Directeur. "Tandis qu'il est vrai que j'aie pu mentionner vos aliments favoris de temps en temps - son intérêt en vous précède ma connaissance de beaucoup. Cela m'a en fait pris longtemps pour comprendre pourquoi il était aussi ... fasciné ... par votre présence."

"Et pourtant vous n'avez pas trouvé convenable de m'informer de votre découverte à l'époque."

"Ce n'était aucunement mes affaires."

"Je … vous ..." le Maître de Potions était sidéré. "Aucunement vos affaires! Il me semble que vous l'avez rendu votre damnée affaire il y a quelque temps!" Alors les yeux de Severus s’élargirent avec une soudaine pensée horrible. "Ne me dites pas s'il vous plaît que vous avez réussi à vous convaincre qu'il est mon 'âme sœur' ou quelque bêtise du genre!"

Albus cligna des yeux. "Où sur terre avez-vous été chercher cette idée ?"

"Et bien il me semble," répondit Severus cyniquement, "que vous n’avez pas considéré le fait qu'il pourrait ne pas m'aimer! Ou que je pourrais ne pas l'aimer! Que serai-je supposé faire quand votre brillante idée de jouer au marieur échouera - et que je suis toujours supposé retourner vers Voldemort et lui dire comment j’ai complètement l'homme sous mon contrôle ? Pour ne pas mentionner comment il réagira quand il découvrira que je lui ai donné de faux espoir à cause des ordres de Voldemort!"

"Donc vous n'avez aucun intérêt personnel en lui du tout ?" demanda Albus tristement.

Severus lutta avec cela un instant. Il eut sévèrement l'envie de mentir, mais son hésitation avait déjà donné sa réponse au Directeur. "Je n'ai pas dit cela," dit-il finalement d‘un ton rogue. "Mais 'un intérêt' est difficilement une garantie de bonheur domestique mutuel! Cela ne l’a certainement jamais été dans le passé!"

"Peut-être que ce sera différent cette fois-ci," dit Albus avec une confiance et un bonheur retrouvés.

De défaite, Severus gémit et se pencha en avant, laissant tomber son visage dans ses mains.

Il avait fait des choses épouvantables dans sa jeunesse - des choses terribles - et il reconnaissait volontiers qu'il méritait d'être puni pour cela. Mais sûrement - sûrement! - que personne ne méritait cela!

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A suivre

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