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Chapitre 14 : Vérité, confiance et Véritaserum (suite)

// L'esprit humain est une chose étonnamment complexe// pensa Harry tandis que le veritaserum faisait son chemin dans son système.

Et bien en réalité, il avait probablement fait effet presque immédiatement. Ils attendaient maintenant pour voir s'il allait avoir une réaction défavorable.

Complètement en dehors du fait que certaines personnes étaient violemment allergiques au veritaserum, c'était aussi une drogue difficile à administrer si vous ne saviez pas ce que vous faisiez. Il marchait en détériorant la capacité du cerveau à traiter pensées et mémoires avant de commencer à parler. Ainsi, ce qui sortait de la bouche de quelqu'un venait directement de son avis ou souvenir personnel honnête d'un événement. Le point auquel de telles choses pouvaient être changées ou altérées était entièrement dépassé.
A basse dose, le veritaserum était inutile parce qu'il forçait seulement quelqu'un à dire la vérité s'ils voulait répondre à la question. Cependant, une trop haute dose était aussi mauvaise, puisque cela détériorait alors la capacité d'une personne à distinguer entre ce qui avait rapport à la question et ce qui était futilités injustifiées. Dans les cas extrêmes de surdosage, il y avait eu des gens qui disaient la vérité sur tout ce qu'ils avaient jamais fait simplement parce qu'ils croyaient que tout avait rapport à la question de quelque façon obscure. Peu étonnamment, des traumatismes psychologiques significatifs étaient généralement associés à de tels cas.

Quelque part au milieu se trouvait l'idéal, où une personne serait forcée de répondre à n'importe quelle question qu'on posait, mais aurait encore assez de contrôle pour ne pas prendre des tangentes inutiles. C'était ce minuscule bout de contrôle qui signifiait que Harry serait en réalité capable de penser à une question avant d‘y répondre.

Et c'était vraiment tout ce dont il avait besoin.

Brièvement, les pensées de Harry revinrent à son temps en tant qu'apprenti Mage de Guerre. Au début, ses leçons sur comment traiter avec les drogues de vérité et les sorts d'interrogation avaient plutôt été un cours de philosophie qu'autre chose.

La première chose qu'il avait apprise était qu'il devrait toujours considérer la nature de la question qu’on lui posait. Par exemple, si quelqu'un demandait ' Où est votre centre de commandement ? ', Harry devait d'abord décider s'ils demandaient dans quel pays il était, quelle était son adresse, ou si ' à deux portes de la poste ' serait suffisamment d'information. Mais bien sûr, une réponse comme 'en Grande-Bretagne' ou 'en Europe' ferait seulement qu’un ennemi exprimerait ses questions plus soigneusement.

Ainsi avec une question comme celle-là, la chose correcte à faire était de vous demander 'quel centre de commandement ? '. Si l'interrogateur ne spécifiait pas vraiment lequel, alors Harry était tout à fait libre de débiter à toute allure l'emplacement de n'importe quel centre de commandement qu’il pouvait légitimement considérer comme étant 'le sien'. En tant que citoyen Britannique, Harry connaissait pas mal de tels centres dispersés dans le monde entier - en particulier ceux de laissés par la Deuxième Guerre mondiale moldue.
Après tout, ce n'était pas comme si quelqu’un avait spécifié un centre de commandement toujours en utilisation.

La chose suivante que Harry avait apprise était que le fait qu’on vous pose une question ne signifiait pas que vous deviez fournir une réponse compréhensible. Par définition, les Mages pouvaient penser avec des concepts qui étaient complètement étrangers à leur propre espèce. Cela signifiait que si Voldemort devait lui demander comment détruire le sort qu’il avait placé sur les Pierres de Fondation de Gringotts, alors il devrait donner au moins une partie de sa réponse en gobelin. L'Anglais n'avait simplement pas de mots pour décrire les composants gobelins du sort.

En réalité, Harry pouvait théoriquement fournir chaque réponse dans des combinaisons de langues diverses s'il le choisissait. Mais faire quelque chose comme ça faisait généralement que votre ennemi augmentait le dosage de la drogue, ou renforçait n'importe quel sort qui était employé contre vous. Cela réduisait votre capacité de penser à comment mieux répondre à une question et vous faisait généralement terminer à parler dans votre langue maternelle de toute façon.

La meilleure idée était de coller à une langue que vos ravisseurs comprenaient et de fournir simplement la traduction la plus précise que vous pouviez faire. C'était toujours une réponse véridique - simplement inutile. Mais alors, la réponse correcte en gobelin n'aurait pas été utile non plus, ainsi il n'y avait aucun conflit.

Après cela, les instructeurs de Harry lui apprirent que 'la vérité' était en réalité très difficile à définir exactement. Terriblement de choses dépendaient de vos croyances personnelles et des suppositions que vous faisiez sur la nature de la réalité. Par exemple, si quelqu'un devait lui demander ' Combien êtes-vous puissant? ", il pourrait honnêtement dire qu'il n'était pas très puissant du tout. Il pourrait aussi dire qu'il était extrêmement puissant. Les deux réponses étaient vraies, selon votre point de vue.
Comparé à une éruption volcanique, il n'était pas très puissant. Mais comparé à une souris, il pourrait aussi être Dieu.

Mais n'importe quelle réponse qu'il donne, Harry n'était pas responsable des suppositions qu’un ennemi pourrait faire, basées sur ce qu'ils pensaient qu'il disait.

Et là-dedans était l'art de répondre à des questions sous veritaserum.

La partie finale de la formation de Harry sur ce sujet avait simplement été la pratique - et bien sûr, incorporer le temps-rapide dans le processus entier. Les potions et les sorts d'interrogation étaient supposés desserrer la langue d'un prisonnier. Si vous preniez votre temps pour penser comment répondre à une question, alors votre ennemi saurait que quelque chose allait de travers. En passant dans et en dehors du temps-rapide, Harry pouvait considérer sa réponse sans aucune pause discernable entre la question et sa réponse.

Vers la fin de cela tous, Harry avait gagné une expérience considérable avec le fait d’être drogué et ensorcelé.

Et pourtant...

Trop de veritaserum, ou une question exprimée trop précisément, ou même juste un moment de stupidité de la part de Harry - et le désastre suivrait. Personne ne se soumettait à une drogue comme le veritaserum sans risque.

Harry savait qu'il jouait avec le feu dès le moment où il avait mentionné la potion à Albus - mais il n'avait pas été capable de penser à une autre façon de convaincre le monde sorcier 'de la vérité' à laquelle il avait besoin qu’il croie.

Harry fut brusquement tiré de sa rêverie interne quand Severus se pencha et plaça ses doigts sur le poignet de Harry.

Le Maître de Potions vérifiait son pouls.

Harry était bien conscient que son rythme cardiaque était un peu élevé - et cela n’était pas entièrement en raison du stress de savoir qu'il était sur le point d'être questionné sous veritaserum.

C'était la première fois depuis que Harry avait apparu du Miroir que Sev ' avait vraiment mis ses mains sur lui.

L’avait vraiment touché.

Même sans le veritaserum, son pouls aurait été rapide.

"Fixez ma main," ordonna Sev et Harry observa docilement le mouvement de va et viens de la main de Sev tandis que le Maître de Potions vérifiait les blancs de ses yeux et la dilatation de ses pupilles.

Quand Severus fut finalement satisfait, il recula et dit, "Votre pouls est un peu rapide, mais pas de manière dangereuse. Si vous sentez un quelconque vertige, engourdissement, picotement, des démangeaisons, ou une étroitesse dans votre poitrine - dites-le immédiatement. Comprenez-vous ?"

"Oui, je comprends," répondit automatiquement Harry et il y eut un bruissement léger comme les journalistes réunis notaient la vitesse et la droiture de sa réponse.

Sev ' partit de côté et s'assit dans une position d’où il pourrait contrôler 'Ash' et surveiller n'importe quel signe d’une mauvaise réaction au veritaserum. Harry comptait la présence de Sev comme sa dernière ligne de défense si l'entretien commençait à virer à l’aigre.
Tandis que Harry ne pouvait pas mentir - et ne voulait pas avoir l’air d’avoir quelque chose à cacher en répondant en une autre langue - il était tout à fait capable de truquer un tremblement léger de ses mains, ou de limiter sa respiration jusqu’à ce qu'il en ait vraiment le vertige. À ce point Sev interviendrait et arrêterait les choses. Que le Maître de Potions comprenne ou non que Harry faisait semblant n'était d'aucune gravité, puisque à ce moment-là il serait à l’Infirmerie et en sécurité loin de la curiosité publique.

Aussitôt que le Professeur Rogue fut assis, Albus s’avança et tira sa baguette avec un geste théâtral. Il y eut une confusion mineure derrière le Directeur lorsqu’il dirigea sa baguette vers Harry et dit "Auris Silencio Ego Exceptum".

"Hé!" "Vous ne pouvez pas faire cela!" "Qu'est-ce qui se passe ici ?!" réclamèrent à cor et à cri un certain nombre de voix outragées et fâchées venant du groupe de journalistes les regardant.

Mais Harry n'en entendit rien.

En effet, tout ce qu'il serait capable d'entendre jusqu'à ce que Albus enlève le sort, était la voix du Directeur.

Harry risqua un regard en direction de Severus et vit une combinaison de surprise et d'admiration pour le sort peu orthodoxe que Albus venait d'employer.

"Mesdames et Messieurs," annonça le Directeur, "pour ceux qui auraient pu ne pas reconnaître le sort que je viens de jeter, je vais l’expliquer." Harry pouvait voir les gens bouger nerveusement, mais il n’entendit rien jusqu'à ce que Albus continue. "Auris Silencio est un sort qui rend sa cible complètement sourde. Cependant, j'ai ajouté une exception au sort par lequel le Professeur Ash sera toujours capable d'entendre ma voix."

Harry vit plusieurs regards fâchés à cette annonce, mais pouvait seulement imaginer les commentaires outragés qui furent lancés autour de la pièce.

Cela ainsi, était le pouvoir que Harry avait librement remis au vieux sorcier - la capacité de demander à 'Ash' n'importe quelle question et d’être assuré qu'il serait forcé de répondre - et de répondre honnêtement. Harry ne se faisait aucune illusion sur la précision des questions que quelqu'un comme Albus Dumbledore poserait. Il était un maître pour fourvoyer et donner des vérités relatives lui-même. Harry plaçait une énorme foi en l’intégrité d'Albus, car si le Directeur posait même en partie ce qu'il devait soupçonner en privé, ce serait un désastre qui signifierait la fin de plusieurs des espoirs et des plans de Harry.

Finalement, Albus fut capable de calmer son auditoire pour pouvoir continuer.

"Non," l’entendit dire Harry en réponse au commentaire de quelqu'un, "je ne considère pas cela comme une fraude ou une feinte, puisque je n'ai pas fait cela pour la protection du Professeur Ash. En effet, le Mage de Guerre Ash n’a pas besoin d’une telle protection! J’ai plutôt fait cela pour protéger sa famille, ses amis et sa vie privée."

Il y eut quelques regards surpris.

"Considérez si vous le voulez," leur dit Albus, "le fait qu'un Mage de Guerre - n'importe quel Mage de Guerre - doit inévitablement acquérir des ennemis." Albus regarda alors sévèrement le groupe amassé de journalistes par dessus ses lunettes. "Par exemple, vous êtes tous bien conscients que le Professeur n'aime pas Voldemort." Et Harry vit la plupart des gens dans la pièce tressaillir à la mention du nom du Seigneur des Ténèbres. "Une simple question négligente," leur dit Albus, "et vous pourriez facilement être responsables de la mort ou de l'enlèvement de n'importe quel membre de la famille du Professeur."

Le Directeur leur donna une seconde ou deux pour absorber cela et ajouta ensuite, "Il y a aussi la question de sa vie privée. Combien parmi vous auraient demandé le nom privé du Professeur Ash ?" Plusieurs journalistes détournèrent le regard d'embarras. "Et vous l'auriez fait," les réprimanda Albus, "bien que les rapports historiques - que je suis certain que vous avez tous examiné - indiquent clairement que c'est la pire insulte que d’utiliser ce nom sans permission formelle du Mage."

"S'il y en a parmi vous," continua Albus, "qui sont prêts à poser une telle question, alors quoi d’autre pourriez-vous être prêts à demander ? Son moment le plus embarrassant ? Son échec le plus épouvantable ? Son premier rendez-vous amoureux ? Sa pointure ? Où vous arrêteriez-vous ?"

Plusieurs personnes remuaient maintenant et regardaient le sol. Harry avait toujours été stupéfié par la capacité d'Albus à retransformer des hommes et femmes cultivés en enfants turbulents qui avaient été attrapés leurs mains dans le bocal à biscuit.

"Et finalement," conclut Albus, "j'ai jeté le sort pour empêcher le Professeur Ash de perdre la raison en essayant de se rappeler une douzaine de questions différentes et d’y répondre à la fois."

La plupart des journalistes semblèrent surpris de nouveau. Ils n'y avaient à l’évidence pas pensé.

"Souvenez-vous," avertit Albus, "que le Mage de Guerre Ash a volontairement pris du veritaserum. Il sera contraint de répondre à toute question qui lui sera posée, indépendamment de combien lui sont posées en même temps." Alors, avec une note d'amusement, le Directeur ajouta, "Je pense que vous constaterez que c'est la raison pour laquelle le veritaserum n'a jamais été utilisé à une conférence de presse auparavant - et aussi pourquoi nos salles de tribunal sont enchantées pour que les participants ne puissent entendre personne assis dans les galeries publiques."

Il y eut un hochement général de têtes et Harry pouvait dire que bien qu'ils n'aiment pas cela, la foule de journalistes avait à peu près accepté le besoin de ce qu'Albus avait fait.
"Ainsi," déclara Albus, "sans plus de cérémonie, commençons, n'est-ce pas ?"

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Sous la direction d'Albus, ils établirent d'abord quelques faits essentiels.

Harry déclara que 'Ash' était très certainement son nom - bien que pas son nom entier - et qu'il était vraiment un Mage de Guerre et était actuellement employé comme le professeur de DCFM à Poudlard. Il assura aussi à tout le monde qu'il était - autant qu'il le savait - humain à 100 .

L'acte de répondre avait une sensation très particulière pour Harry et quelque chose de cette sensation dut s’être montrée sur son visage.

"Ça va, mon garçon ?" lui demanda tranquillement Albus.

"Je vais très bien, Albus," répondit-il. "C'est juste un peu étrange de ne pas pouvoir entendre ma propre voix."

"Oops," murmura Albus. "Désolé pour cela." Alors il fronça un peu les sourcils. "Je pourrais probablement inventer quelque chose..."

"Non," répondit Harry. "Ne vous donnez pas cette peine - ce n'est pas si important."

Et donc ils continuèrent.

Albus pensa que la question suivante avoisinait le personnel, alors au lieu de demander il déclara simplement, "Ils voudraient savoir où vous êtes né et quel âge vous avez." Harry considéra cela. Ils essayaient essentiellement de découvrir qui il était en rétrécissant le temps et l'emplacement de sa naissance. Il décida de répondre à la question de toute façon et déclara volontairement qu'il avait 29 ans - ce qu'il était de son propre avis - et qu'il était né et avait été élevé en Grande-Bretagne. Alors il ajouta que si n'importe lequel d'entre eux pensait que son accent était Écossais ou Gallois, ils devraient probablement faire vérifier leur audition.

Harry nota les regards amusés et se demanda si quelqu'un avait en fait ri à haute voix.

Après cela, ils passèrent aux questions sérieuses.

"Combien y a t’il de Mages de Guerre ?"relaya Albus.

"Je ne sais pas." // Bien que// pensa Harry// je puisse probablement faire une estimation raisonnablement précise. Dommage que personne n'en ait demandée une. //

"Pourquoi ne le savez-vous pas ?"

"Le cercle de Mages de Guerre ne tient pas de registre d'adhésion. J'ai aussi été absent du cercle assez longtemps, donc de nouveaux mages pourraient avoir étés Acceptés en mon absence, de même que des Mages existants pourraient avoir été tués." D’un ton légèrement triste, Harry ajouta, "Être un Mage de Guerre ne nous rends pas immortels, vous savez."

Il y eut quelque débat sur ce que devait être la question suivante. Finalement Albus demanda, "Vous avez mentionné ' le cercle de Mages de Guerre' - est-ce que c'est une organisation militaire ?"

Et là Harry devait être prudent. "Oui et non," répondit-il. "Oui, c'est une organisation militaire dans le sens où nous apprenons la stratégie militaire, la tactique, les armes et la magie. Nous sommes des Mages de Guerre après tout. Mais non, ce n'est pas une organisation militaire dans le sens où nous n'avons pas de structure militaire. Il n'y a aucun soldat, capitaine, général et bien que nous travaillions parfois ensemble, il n'y a aucune chaîne formalisée de commande et personne qui soit 'responsable' d'un autre."

Cette réponse causa un peu de débat. Le ministre Fudge semblait particulièrement avoir quelque difficulté avec le concept de personne n’étant 'responsable'. Finalement, Albus se tourna simplement vers Harry et dit, "En termes généraux, comment marche le cercle de Mages de Guerre ?"

"Essentiellement," répondit Harry. "Nous avons un système d'apprentis. Quand quelqu'un avec le potentiel de Mage de Guerre est découvert, le mage qui l’a trouvé devient responsable de son éducation. Si cette personne ne peut pas accomplir cette obligation - disons par exemple, s’il a déjà un apprenti, ou s'il pense que quelqu'un d'autre accomplirait mieux ce devoir - alors il remettra l’apprenti à un autre Mage de Guerre.
Finalement, quelqu'un acceptera le nouveau mage comme son apprenti et cette personne deviendra le Guide de Cours du mage-en-formation."

"Un Guide de Cours," continua Harry, "est responsable de l'intégralité de la formation de son apprenti jusqu'à ce qu’il soit Accepté comme un plein Mage de Guerre, ou jusqu’à ce qu'il décide qu'il ne veut pas être un Mage de Guerre. Cependant, il est très peu commun qu’un Guide de Cours fasse beaucoup de l'enseignement réel. C'est parce que chaque mage a des capacités différentes. Il serait simplement dommage si vous aviez une affinité pour la magie elfique et que votre Guide de Cours n’en avait pas. Et puis aussi, la meilleure personne pour enseigner la magie elfique est un elfe. Ainsi ce qui a tendance à arriver est qu'un apprenti est envoyé à une variété d'enseignants pour découvrir s'ils ont des capacités dans une gamme de magies différentes. Alors ils recevront une formation plus poussée dans les magies pour lesquelles ils montrent une aptitude."

L'auditoire de Harry montra de la surprise à cette information, mais Harry n'avait pas encore tout à fait fini. "Le même système," ajouta-t-il, "s'applique aussi à toutes les études non-magiques. Quand nous apprenons le combat en corps à corps, nous l'apprenons de quiconque notre Guide de Cours pense être le meilleur pour nous l’apprendre. Dans quelques cas cela peut être le Guide de Cours lui-même, mais la plupart du temps ce n'est pas le cas. Le travail réel d'un Guide de Cours est de s'assurer que son apprenti a les opportunités d'apprendre autant de sortes différentes de magie qu'il est capable d'exécuter et de s’assurer qu'il est compétent dans toutes les études non-magiques qui sont exigées d'un plein Mage de Guerre. Donc un Guide de Cours surveille essentiellement le programme scolaire entier d'un apprenti."

"En même temps," termina Harry , "un Guide de Cours peut aussi avoir plusieurs 'élèves' qui lui ont été envoyés par d'autres Guides de Cours. C'est particulièrement vrai si ce Mage de Guerre est connu pour être notamment habile à quelque chose. Surtout, il prendra des élèves quand son propre apprenti est parti étudier avec quelqu'un d'autre."

"Donc vous n'avez aucun programme standardisé du tout ?" demanda Albus avec curiosité. En tant que Directeur d'école lui-même, son intérêt professionnel avait évidemment été réveillé.

"Pas en théorie," répondit Harry. "Mais en pratique il y a un certain nombre de compétences fondamentales qui doivent être maîtrisées avant d’être Accepté. Tout le monde étudie la tactique et la stratégie par exemple - qu'ils aient une aptitude pour cela ou non. Cependant à la fin, c’est à votre Guide de Cours de décider quand vous êtes prêt à être évalué. À ce point, ils choisiront trois Mages de Guerre qui n'ont rien eu à voir avec votre formation précédente et leur demanderont de vous évaluer." Harry sourit avec une ironie désabusée et ajouta, "Bien sûr ils ne vous disent pas que vous êtes évalués. Vous tombez juste par hasard dans certaines des pires situations que vous pouvez imaginer. C'est une plaisanterie commune parmi les apprentis que si vous avez un manque de chance abyssal, alors vous êtes probablement en train d’être évalués."

"Finalement," termina Harry, "vous serez seulement Accepté si ces trois Mages de Guerre différents reconnaissent tous que vous êtes assez bon pour vous tenir à leur côté quand vous êtes dans la merde jusqu’au cou et quand les sortilèges pleuvent autour de vous."

Les visages regardant fixement Harry avaient pris une expression quelque peu abasourdie.

"Ainsi," demanda le Directeur après une petite pause, "il n'y a aucune armée de Mages de Guerre ?"

"Non," répondit Harry succinctement, "et je doute sincèrement qu’il y en ait jamais une puisqu’il n’y a pas deux Mages de Guerre qui aient jamais eu exactement les mêmes compétences et capacités. En fait, vous ne pourriez pas même nous faire marcher au pas! Pouvez-vous honnêtement imaginer un elfe marcher à grands pas à côté d'un nain ? Le nain aurait besoin de trois pas pour chacun de ceux de l’elfe! Et pire encore, en ce qui concerne un canis qui a quatre pieds ? Ou un naga qui n'en a aucun ?" Soudainement, Harry rit. "Et ne me faites pas même commencer sur les uniformes! Vous ne pouvez pas faire porter à un elfe quoi que ce soit qui ne ressemble pas à une forêt, tandis que les Kyriis portent à peine quelque chose du tout!" D'un air piteux, Harry ajouta, "j'ai peur que le cercle de Mages de Guerre soit bien trop diversifié et individuel pour qu’il puisse jamais former quelque chose d’aussi structuré qu'une armée."

Bien sûr, ce que Harry ne leur disait pas était que les Mages de Guerre n'avaient pas besoin de former une armée. Ce qu'ils étaient quand ils travaillaient ensemble était tellement extérieur à la compréhension humaine qu'il n'y avait pas même de mot pour cela.

Les Mages de Guerre travaillant de concert maintenaient une liaison mentale sous-jacente l'un avec l'autre qui leur permettait d'être inconsciemment conscients de ce que chaque autre mage dans la liaison faisait. Si quelqu'un mourrait, ou pour quelque autre raison ne pouvait pas achever sa partie d'un assaut projeté, alors les autres mages en étaient conscients et pouvaient contourner la perte, ou changer le plan en en prenant compte. De la même façon si l’un d'entre eux découvrait un avantage inattendu pendant la bataille, alors les autres prenaient immédiatement conscience du fait et le groupe entier pouvait se déplacer pour en profiter. En effet, les Mages de Guerre liés fonctionnaient comme des êtres conscients séparés et comme un unique esprit subconscient. Cela prenait assez de temps pour s’habituer à cette sorte d'individualité cohésive et c’était une raison de plus pour laquelle Harry devrait être Accepté avant de pouvoir travailler efficacement avec d'autres du cercle.

Après un peu plus de débat, que Harry ne pouvait pas entendre, Albus demanda finalement, "Si une personne ou un groupe voulait traiter avec le cercle entier de Mages de Guerre, comment le feraient-ils ?"

Maintenant ça c'était une question très intelligente. Harry sourit presque en admirant silencieusement la manière avec laquelle quelqu'un avait réussi à demander s'il y avait une personne ou un groupe qui ne dirigeait pas vraiment, mais que tous les Mages de Guerre écouteraient néanmoins . Avec un peu d‘attention, c'était l'ouverture parfaite pour que Harry puisse mener ses interrogateurs à une petite information très importante qu'il voulait désespérément que le monde sorcier ait.

"Ils s'adresseraient au conseil," répondit-il. // Et maintenant que vous connaissez l’existence du conseil// pensa Harry avec satisfaction//l’un d'entre vous ferait mieux d'avoir assez d'intelligence pour demander s'il pose des politiques concernant tout le cercle. //

Il y eut beaucoup de confusion et de mouvement. Fudge rebondissait pratiquement sur son siège et Harry pouvait seulement l'imaginer ne pas arrêter de dire qu’il savait que quelqu'un devait être responsable après tout. Ce ne fut pas longtemps avant que Albus lui demande, "Comment peut-il y avoir un conseil quand vous nous avez dit que personne n’était responsable du cercle des Mages de Guerre ?"

"Le conseil n'est pas un conseil de gouvernement," répondit facilement Harry. "Son but est d’informer les membres du cercle des choses qu'ils doivent savoir. Il est aussi responsable du stockage de n'importe quelle information ou équipement qui doit être généralement disponible et agit comme un point de contact pour tous ceux qui veulent traiter avec le cercle dans son ensemble. Le conseil est plus pour l'administration qu'autre chose, bien qu'il fasse des recommandations de temps en temps. La politique du cercle et ses règles sont votées par un scrutin majoritaire des membres eux-mêmes."

Deveroe Styloplume sauta pratiquement sur Albus pour fournir la question suivante.

Albus se tourna vers Harry et demanda, "Les Mages de Guerre suivent-ils généralement les recommandations du conseil ?"

"Oui," répondit Harry. "Il est très peu commun que le cercle prenne une décision que le conseil n'approuve pas."

"Alors," dit Albus avec un froncement de sourcils léger, "bien qu'ils ne soient pas un gouvernement de nom, est-ce que le conseil n’est pas de fait l'autorité dirigeante pour le cercle ?"

Harry aurait pu l'embrasser. C'était l'ouverture parfaite. "Non", répondit-il. "Et la raison pour cela est que le conseil ne met nullement en application de quelque manière, moyen ou forme que ce soit la politique du cercle sur n'importe quel Mage de Guerre. Si c‘était le cas, je ne serais pas assis ici maintenant."

"Que voulez-vous dire ?"

Harry sourit avec une ironie désabusée. "Je vous ai dit que j'ai été absent du cercle quelque temps. Une des raisons pour laquelle j'enseigne à Poudlard est que je n’estimais pas pouvoir être intimement impliqué avec le cercle tandis qu'il maintenait encore une politique de non-intervention dans des affaires humaines."

Les sorciers et sorcières environnants semblèrent abasourdis de nouveau. Rapide à souligner cette information, Albus demanda, "Dites-vous que les Mages de Guerre ne s'impliqueront pas dans quelque conflit que ce soit avec le monde sorcier ?"Harry fronça les sourcils, bien qu'intérieurement il acclamât. "Je ne peux pas dire ce que le cercle pourrait ou ne pourrait pas faire dans l'avenir. Je ne suis pas un voyant. Ce que je dis est que la politique de non-intervention - qui était en effet longtemps avant que je ne rejoigne le cercle - a jusqu'ici découragé les membres de s'impliquer avec les mondes sorcier et moldu de quelque façon, manière ou forme que ce soit. Cela signifie que tant que la politique est en place, ils ne commenceront pas de conflit, ne déplaceront pas pour mettre fin à un conflit et ne participeront certainement pas à un conflit - même si vous le leur demandez."

Et cela était l’information que Harry voulait faire passer au monde sorcier. Il voulait que le public sache qu'ils étaient en sécurité de hordes déchaînées de Mages de Guerre les envahissant, en leur permettant en même temps - ainsi qu’à Voldemort - de croire qu'il n'y aurait aucune aide pour l'un ou l'autre côté dans n'importe quelle guerre que des humains commencent entre eux.

Harry pouvait voir à l'expression sur un ou deux visages que le concept de Mages de Guerre comme alliés venait d’être pensé par certaines personnes.

Albus posa une autre question. "Pensez-vous qu'il pourrait être possible de gagner l’aide des Mages de Guerre dans notre tentative de vaincre Voldemort ?" Harry pouvait pratiquement voir tout le monde souhaiter qu’Albus arrête de dire ce nom.

"Vous avez déjà l’aide d’un Mage de Guerre," répondit Harry. "Comme je l'ai dit auparavant, je ne suis pas d'accord avec la politique de non-intervention. Cependant, si vous voulez dire d’autres Mages de Guerre que moi, alors je pense que ce serait fort peu probable tant que la politique de non-intervention est en effet. Et à propos, elle a été en effet depuis au moins un ou deux siècles maintenant." Ce que Harry ne disait pas était que cette politique serait abandonnée très bientôt, si cela n'avait pas été déjà le cas. Au lieu de cela - et juste pour enfoncer le clou - Harry regarda directement Édouard le journaliste de la Gazette du Sorcier et ajouta, "Cet article dans le journal d'hier n'a certainement pas aidé. Le seul message que cela a envoyé au cercle en était un de défiance et de paranoïa."

Édouard bougea inconfortablement dans son siège.

Un des Aurors posa une question. Albus sembla douter un peu à ce propos, mais la fit passer de toute façon. "Vous avez dit que vous aideriez dans le combat contre Voldemort. Êtes-vous, ou avez-vous jamais été en coalition avec lui - ou considéreriez-vous vous joindre à lui pour une raison quelconque à quelque point dans l'avenir ?"

Harry fit un effort pour rester calme. Cela n’aiderait pas de laisser tout le monde voir combien de cette question l'offensait. Une haine générale et éloignée pour Voldemort pourrait être surmontée en utilisant beaucoup de sorts et potions différents. Un dégoût personnel spécifique et enraciné serait plus dur à traiter. Harry ne voulait pas donner à Voldemort quelque raison que ce soit de penser que Sev ' pourrait avoir des difficultés à le mettre sous contrôle. Soigneusement, il répondit, "Je n'ai jamais été en en coalition avec Voldemort. Quant au reste - il y a peu de temps, un de ses Mangemorts m'a posé presque la même question. Ma réponse était la même alors qu’elle le serait aujourd'hui. Je lui ai dit d‘aller se faire foutre. Comme je l'ai dit auparavant, je ne suis pas un voyant - donc je ne sais pas ce que tient l'avenir. Mais ce que je peux dire est que je ne peux pas imaginer une situation ou une circonstance où je consentirais jamais à travailler avec lui ou pour lui."

Albus fit passer une autre question : "Travaillerez-vous avec le Ministère sur le problème Voldemort ?"

// 'Le problème' Voldemort // pensa Harry, incrédule. // Quelqu'un a simplement fait sonner le sorcier le plus puissant et mauvais depuis Grindelwald comme une infestation de rats// Mais à haute voix, il répondit simplement, "Non je ne le ferai pas. Pour le moment, je suis commis à l'enseignement pour une année entière ici à Poudlard - et en plus, le Ministère ne m'a pas demandé mon aide. Je ne suis pas un Auror et je ne pense pas qu'ils sauraient que faire avec quelqu'un comme moi, pas plus que je saurais comment travailler avec leurs méthodes et procédures." Les Aurors dans l'auditoire semblaient quelque peu soulagés de l'entendre. "Et en plus," continua Harry, "comme vous le savez tous je suis seulement revenu à la maison récemment, donc je ne suis pas encore aussi familier avec ces choses que je devrais l’être. Pour le moment, je m'attends probablement à faire rater une opération du Ministère plutôt qu'à être de n'importe quelle aide réelle." Tout cela était vrai, mais n'incluait pas le reste de la raison de Harry - qu'il avait ses propres plans auxquels travailler dans l'année à venir et pas de temps pour être dérangé par le Ministère ou ses Aurors. Cependant, les Aurors dans l'auditoire inclinaient la tête avec sagesse d'accord et semblaient tout à fait heureux de l'évaluation modeste du Mage de Guerre quant à ses propres capacités.

Harry été sévèrement tenté de leur rire au nez.

Après cela, le reste de l'interview ne fut de loin pas aussi plein de tension et de soupçon. Le cercle de Mages de Guerre était maintenant accepté comme un groupe de personnes lâchement associées sans signification particulière pour les mondes sorcier ou moldu. Ils n'étaient évidemment pas une organisation 'convenable' du tout, étant peu plus qu'un club social avec un système d'éducation au petit bonheur et aucun standard définis pour l'adhésion professionnelle. Même certains d'entre eux n'étaient très probablement pas bien meilleurs qu'un sorcier ou une sorcière ordinaire!

Pendant l'heure et demi suivante, Harry répondit à plusieurs questions d'importance variable. Il expliqua que ses visiteurs elfiques avaient été son Guide de Cours et un vieil ami du cercle. Le troisième elfe avait simplement été l'élève actuel de son ami. Ils étaient venus lui rendre visite parce qu'ils n'avaient pas su où il était depuis qu'il avait quitté le cercle et ils voulaient reprendre contact.

De nouveau, c'était la vérité complète puisque Ly'haniir et Silver n'avaient pas su qu'il existait - sans parler d'où il était - à partir du moment où il était sorti du Miroir. Et personne ne pouvait nier qu'ils avaient certainement voulu lui parler une fois qu'ils avaient découvert où - et qui - il était. Cela était rendu d'autant plus plausible puisque les trois elfes n'avaient pas fait de tentative pour cacher leur présence.

Harry expliqua aussi que ' les réunions secrètes' avaient en fait simplement été trois vieux amis discutant de choses comme comment le Mage de Guerre Silver avait gagné son Nom et ce que Ash avait fait depuis qu'il avait rejoint le monde sorcier.

De nouveau, tout était complètement vrai et induisait entièrement en erreur.

La seule question de quelque réel intérêt après cela, fut celle où un journaliste voulut savoir pourquoi Ash était le seul Mage de Guerre à défier la politique de non-intervention du cercle.

"Je ne peux pas vous dire ce qu‘en pense un autre," avait répondu Harry. "Mais je peux vous dire qu'autant que je le sais je suis actuellement le seul Mage de Guerre humain en existence. Je vous laisserai en tirer vos propres conclusions." Ce qui cimenta l'idée dans un certain nombre d'esprits que le cercle de Mages de Guerre ne se souciait vraiment pas du monde sorcier.

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Il était bien passé la mi-matinée lorsque le veritaserum cessa de faire effet et que l'interview se termina. Albus annula le sort Auris Silencio et Fudge - qui offrait à tous les journalistes en vue la chance de l'interviewer aussi - se rendit finalement utile en proposant une tournée générale de boissons là-bas à Pré-au-Lard.

Quelques minutes plus tard, Albus, Harry et Severus étaient les seuls restés dans la salle des professeurs silencieuse.

"Merci Merlin c‘est terminé," soupira Albus. "Ce genre de chose est toujours si épuisant."

Harry savait exactement ce que le Directeur voulait dire. Il chancelait pratiquement sur sa chaise et il se sentait comme s’il venait de réchapper d'un assaut général - un où quelqu'un avait réussi à le frapper avec un sortilège de mal de tête. Après une telle longue période de temps sans un son en dehors de la voix d'Albus, même le bruit de fond le plus tranquille semblait maintenant fort aux oreilles de Harry.

"Mes chers confrères professeurs," dit Albus avec lassitude, "n'hésitez pas s'il vous plaît à prendre le reste de la matinée de libre. J'ai pris des dispositions pour que vos classes soient couvertes jusqu’après déjeuner." Et avec cela, il se tourna et laissa Harry et Severus seuls.

Seuls.

Ensemble.

Pour la première fois depuis que Harry avait fait sa proposition à l'homme.

Trop fatigué pour s’engager dans un conflit verbal, Harry regarda vers Sev et dit simplement, "Je sais pour votre passé Professeur. Et je sais ce que je verrais si vous deviez rouler la manche de chemise couvrant votre bras gauche. Allez-vous continuer à m'éviter ?"

Severus - qui n'avait pas passé les quelques dernières heures à être grillé par un groupe de journalistes - regarda vers Harry avec quelque chose qui pourrait presque avoir été de la sympathie. "Voulez-vous vraiment discuter de cela maintenant ?" demanda-t-il d’un ton neutre. "Vu votre aspect, je hasarderais une conjecture selon laquelle vous êtes à peine capable de converser logiquement à l'heure actuelle."

Harry lui fit un sourire faible. "J’ai simplement besoin de savoir que n'est maintenant n’est pas la dernière chance que j’aurais jamais de vous parler."

Il y eut un moment d’hésitation avant que Sev ' ne réponde tranquillement, "Ce ne le sera pas."

"Merci," fit Harry avec reconnaissance.

Severus renifla. "Je n'ai consenti à rien, vous comprenez."

Harry rit. "Bien sûr," répondit-il tendrement. Alors il se pencha en avant et se poussa pour se lever de la chaise. Il vacilla un peu sur ses pieds avant de se stabiliser.

"Avez-vous besoin d’assistance ?"

"Seulement si vous vous retournez dans le direction de notre couloir," répondit Harry.
"Je pense que je prendrai environ deux heures de sommeil avant de devoir faire face à mes classes cette après-midi."

"Cela ... ne serait pas hors de mon chemin," répondit Sev ' et il glissa ensuite une main stabilisante sous le bras gauche de Harry.

Quelque peu soupçonneux Harry demanda, "Pourquoi êtes-vous si agréable envers moi tout à coup ?"

"Peut-être que j'apprécie converser avec vous tandis que vous êtes trop épuisé pour surveiller votre langue."

"Le veritaserum a cessé de faire effet, Professeur."

"Alors," répondit Severus d’un ton étrange, "peut-être que les événements de ce matin m'ont simplement rappelé quelqu'un d'autre dans votre situation - quelqu'un à qui l'on n'a pas offert une telle aide quand il en avait besoin."

// Quelqu'un comme vous pendant les Procès de Mangemorts// pensa Harry tristement.

Comme ils se dirigeaient vers la porte, Harry dit soudain, "Vous vous rendez compte que je savais, n'est-ce pas ? Je veux dire, avant que Whitcombe ne me le dise. Même avant que je ne trouve votre livre de potions, en fait."

Severus ne semblait pas étonné. "Je ... l’ai pensé probable. Mais je ne pouvais pas en être certain." Ils étaient dans le couloir avant qu'il n'ajoute finalement, "Qui vous l’a dit ?"

"Hermione Granger et Ron Weasley. Drago aussi, en y réfléchissant."

"Drago Malfoy ?"

"Oui." Alors Harry ajouta, "Il ne va pas le raconter à tout le monde si vous êtes inquiet. C'est ... umm... Drago et moi parlons de temps en temps ... et quelque part au cours de cela il s'est rendu compte que je le savais."

Severus était silencieux et Harry se demanda ce qu'il pensait. Finalement, l’homme plus grand que lui dit, "Drago avait besoin de parler à quelqu'un depuis asse longtemps. Je suis son Directeur de Maison, mais pour des raisons diverses je ne peux pas remplir ce besoin particulier. Je suis ... satisfait ... qu'il semble que vous le pouvez."

Ils passèrent le reste du chemin de retour aux quartiers de Harry en silence. Ce n'est que quand ils atteignirent la porte que Severus demanda avec hésitation, "Qu’est-ce que ... précisément ... Drago a dit de moi ?"

Fermant la porte derrière eux, Harry décida de donner à Sev ' la réponse la plus honnête qu'il ait donnée à qui que ce soit jusqu'ici aujourd'hui. "Il a dit que vous étiez - et êtes toujours - un des Mangemorts de Voldemort et que vous êtes actuellement sous les ordres de me séduire et de me livrer à Voldemort."

Severus se tenait cloué sur place dans l’entrée derrière lui. Après une seconde ou deux, il se détendit et s'avança plus loin dans le salon. "Vous ne le croyez pas," dit Severus.

"Albus a confiance en vous," répondit Harry. "Cela seul me dit que vous n'êtes pas un Mangemort - ou du moins que vous ne l'êtes plus. Je crois personnellement que vous êtes l'espion d'Albus, alors c’est logique que le fils de Lucius Malfoy pense que vous soyez toujours loyal envers Voldemort."

Il y eut un petit silence. "Et les ordres quant à votre séduction ?"

"Oh," dit négligemment Harry, "c’est assez réel. Drago a reçu l’instruction de nous surveiller tous les deux et de guetter les signes 'd'une amitié' en développement."

"Et le fait que je n'aurais aucun choix dans la question ne vous dérange pas," dit Severus d’un ton plat.

"Si," répondit Harry, "sauf que vous aurez le choix parce que j'offre de feindre d'être votre amant - même si vous décidez de ne pas transformer cette tromperie en réalité."

"Vous... Pourquoi le feriez-vous ?" demanda Severus, confus.

Amusé, Harry dit, "Je vous l’ai dit - que je suis fatigué des encoches. Je veux le truc réel et je veux que cela dure." Alors Harry fit une pause un instant avant d'ajouter, "Mais j'admettrai que la pensée de vous faire marcher avec cela a traversé mon esprit."

Severus lui lança un regard de considération. "Qu'est-ce qui a provoqué ce changement d'avis soudain ?"

"Un,"cocha Harry sur ses doigts, "je suis fatigué-et comme vous l’avez observé plus tôt, il est probable que je ne pense pas très bien." Le coin de la bouche de Severus se tira d'un coup sec vers le haut d'amusement. "Deux", continua Harry, "après due considération, je crois que je serais royalement emmerdé si quelqu'un me faisait cela. Et trois, vous m’avez fichu une trouille bleue à m'éviter pendant deux semaines. Si vous désiriez vraiment risquer la colère de Voldemort à ce propos ...et bien ... Simplement je... Oh par l'enfer, j'ai juste décidé de me rappeler qu'un rapport durable n'est pas basé sur le chantage."

"Oh, je ne sais pas," sourit Severus d'un air satisfait, "cela dépendrait de combien vous êtes habile en tant que maître-chanteur."

"Pas très," répondit Harry sèchement. Alors il se dirigea vers la cuisine pour prendre un verre d'eau. Le veritaserum avait laissé un drôle de goût dans sa bouche et répondre aux questions toute la matinée l’avait assoiffé.

Il avait déjà bu la moitié du verre quand Severus demanda soudainement, "Étiez-vous sérieux ? Vous ... feindriez ... D’être mon amant ? - Sans contrepartie ? Sans .. conditions ?"

"Je jure cela sur ma parole de Mage de Guerre," répondit Harry très sérieusement. "Oui - je suis sérieux. Aucune condition attachée."

Severus sembla y réfléchir .

"Écoutez," soupira finalement Harry, "personne ne doit décider quoi que ce soit tout de suite, d’accord ? Et si... Que diriez-vous de dîner avec moi samedi prochain ? Cela vous donnera le reste de la semaine pour penser à ce que j'ai dit et cela vous donnera aussi quelque chose favorable à annoncer si Voldemort décide de demander."

"Tout de suite cependant," termina Harry avec un énorme bâillement, "je pense que j’ai besoin de tomber quelque part de confortable pour quelques heures." Et laissant son verre pile là où il l'avait fini, Harry se dirigea vers la chambre à coucher. "Vous êtes plus que bienvenu de vous joindre à moi..."

Derrière lui, Severus renifla.

"Ouais, ouais ... c'était juste une idée..." Marmonna Harry . "Oh", dit-il, revenant de la porte de la chambre à coucher, "puisque le chantage est hors de question maintenant, la corruption serait-elle convenable ?"

Severus cligna des yeux et puis sembla amusé de nouveau. "Vous m'avez déjà offert vos …charmes ... physiques. Que pourriez-vous probablement avoir d’autre par quoi je serais intéressé ?"

"Un livre de potions légèrement utilisé ?" demanda Harry avec bon espoir et il fut récompensé par un rire véritable du grand Maître de Potions.

"Apportez-le avec vous samedi prochain," lui dit Severus. Alors un remous de robes noires signala son départ.

----Oo00oo--

A suivre...

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