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Chapitre 15 : Problèmes et points de vue (suite)

Ailleurs dans le monde des sorciers, Voldemort contemplait également une difficulté imprévue concernant ses ennemis.

Le seigneur des ténèbres était présentement assis à un grand bureau dans ses appartements personnels. La majeure partie de ses serviteurs aurait été étonnée par l'ameublement simple qui l'entourait. Pourtant le bureau, bien qu'ordinaire et sans détails, était fait d'un bois foncé richement coloré qui avait été poncé jusqu'à une finition satinée parfaite. Le verni qui le couvrait était de même de la plus haute qualité, et servait seulement à mettre en valeur le grain fin du bois cher. Si l'on pouvait dire que le choix de l'environnement d'un sorcier était en miroir de leur propriétaire, alors Voldemort était un homme qui s'était débarassé de toute partie de lui qui n'était pas essentielle à sa recherche de puissance. Sollicitude, sympathie, joie, douleur - rien de cela n'avait plus de signification pour lui que les petits ornements inutiles que d'autres appréciaient généralement quant à leurs possessions. Et parmi tout ce qui restait -- colère, intelligence, force, et un chaud désir cru de puissance -- Voldemort avait modelé une résolution libre et focalisée qui lui permettrait d'effectuer les actes les plus sombres et vils sans remord ou regret.

Mais pour le moment, cet esprit calculateur et froid était attentivement focalisé sur le bureau devant lui, où une édition de la Gazette du Sorcier vielle de trois jours était posée, pliée d'une manière ordonnée sous son regard fixe. Les gros titres étaient: " Les secrets du Mage de Guerre révélés - l'interview au Veritaserum!"

Se penchant en arrière dans sa chaise, Voldemort passa mentalement en revue ce qu'il avait appris au sujet des Mages de Guerre depuis l'arrivée soudaine de Ash il y a approximativement quatre mois.

Tout d'abord, il avait peu pensé à la possibilité que d'autres Mages de Guerre puissent exister. Il avait supposé -- comme la plupart des gens -- que Ash était simplement un sorcier qui était tombé par hasard sur le secret pour pouvoir faire de la magie non-humaine tout seul. Ce n'était pas une prétention irraisonnable puisque les mages avaient toujours été rares dans le monde des sorciers, et il y avait plusieurs exemples historiques de sorcières et de sorciers qui étaient parvenus à devenir parfaitement compétents en magie non-humaine sans jamais voir un autre mage, et encore moins en rencontrer un.

Pour les masses crédules c'était un phénomène parfaitement compréhensible. Si vous étiez assez idiot pour croire que penser comme un non-humain avait comme conséquence la capacité d'utiliser la magie non-humaine, alors les capacités de mage étaient évidemment quelque chose d'inhérent à la sorcière ou au sorcier. Cela signifiait que cela pourrait être déclenché en exposant simplement un mage potentiel aux cultures et aux idées non-humaines.

Mais naturellement, Voldemort était trop intelligent pour croire cela.

Une étude soigneuse de l'histoire indiquait qu'à chaque fois qu'un mage expérimenté était apparu dans le monde sorcier, la probabilité qu'au moins un ou deux autres mages soient 'découverts ' augmentait soudainement. Pourquoi alors cela devrait-il être le cas, si la capacité des mages était innée? Cela n'avait aucun sens -- à moins que le mage existant transmette d'une façon ou d'autre ses capacités à chaque fois qu'il ou elle décidait de prendre un apprenti ou un aide. Ce qui signifiait que ce n'était pas des capacités innées du tout.

Donc il y avait certainement quelque truc pour faire de la magie d'une autre-espèce et le fait que mages étaient si rares signifiait simplement quel que soit ce truc, il devait être soit très obscur, soit très difficile, soit les deux. Ainsi, Voldemort supposait naturellement que Ash avait simplement eu assez de chance - ou avait été assez désespéré - pour tomber sur le secret par accident, de même que ces sorciers et sorcières isolés du passé devaient l'avoir fait.

Il ne passa même jamais à l'esprit du Seigneur des Ténèbres qu'un mage expérimenté pourrait avoir plus de facilité à reconnaître les autres ayant le potentiel de devenir mage - ou qu'ils sauraient certainement comment mieux invoquer cette capacité dans ceux qui auraient pu autrement rester inconnus. Mais bien sûr, maintenant - après la très publiée interview au veritaserum - Voldemort pouvait simplement voir que Ash n'était pas, en fait, tombé sur le secret tout seul. Il avait évidemment rencontré son prétendu 'Guide de Cours ' à quelque point dans le passé et ensuite avait d'une façon ou d'une autre réussi à convaincre l'elfe âgé de le prendre comme apprenti. // Je me demande comment il l'a fait ... // réfléchit Voldemort avec curiosité. // Chantage ? Corruption ? Remboursement d'une dette ? Peut-être quelque forme de manipulation émotionnelle ou mentale ... // Tous les démons dans l'enfer savaient que Voldemort n'avait jamais eu aucune chance à convaincre un mage de lui révéler le secret, à lui.

Ce qui - combiné avec son mépris pour les rapports habituels de la Gazette des Sorciers - avait été une raison suffisante pour exiger la confirmation de la prétendue 'interview au veritaserum ' avant de donner quelque considération sérieuse que ce soit à la possibilité qu'un groupe organisé de Mages de Guerre puisse vraiment exister.

Les yeux de Voldemort se rétrécirent légèrement quand son regard fixe se dirigea vers la petite pile de rapports posés à côté du journal sur son bureau. Trois jours avaient passé depuis les gros titres de la Gazette des Sorciers et ses serviteurs avaient facilement réussi à fournir plus qu'assez de preuves pour le convaincre que l'interview au veritaserum était vraie. Le même jour que la Gazette des Sorciers avait publié son article, plusieurs autres journaux avaient édité la même histoire. Les auteurs étaient tout différents, pourtant les détails étaient tous les mêmes. Mais la preuve la plus comdamnante était arrivée seulement la veille : un hibou de Severus confirmant qu'il avait fabriqué et administré le veritaserum lui- même. Ainsi à moins que le mage ne puisse d'une façon ou d'une autre surmonter les effets de la drogue - ce qui était peu probable de l'avis de Severus - alors les rapports de l'interview n'étaient ni mensonges, ni exagérations-

- Et le cercle de Mages de Guerre était réel.

Brusquement, Voldemort se repoussa de son bureau et traversa la pièce vers la cheminée. Une chiquenaude de sa baguette transmit sa voix aux cuisines. "Apportez un repas à la salle d'audience," commanda-t-il. Alors il termina le sort et partit pour la salle en personne.

Il était temps de nourrir son nouvel 'animal de compagnie'.

----Oo00oo----

En se déplaçant parmi ses serviteurs, le Seigneur des Ténèbres remarqua à peine les saluts profonds et les regards alternativement craintifs et adorateurs qui lui étaient accordés. Ses Mangemorts étaient seulement à remarquer quand il exigeait quelque chose d'eux - ou quand ils échouaient. Et peu d'entre eux voulaient attirer son attention pour la deuxième raison.

Ne tenant pas compte de ceux qui l'entouraient, Voldemort passa silencieusement en revue son analyse du problème sérieux que Ash et son maudit cercle de Mages de Guerre représentaient maintenant.

Tout d'abord, il était évident que le Mage de Guerre Ash le méprisait. Ce n'était pas en soi un problème insurmontable puisque, mage ou pas, il était toujours seulement un homme. Même plus, son intérêt dans Severus était une faiblesse qui pourrait, et serait exploitée pour l'avantage de Voldemort. Le problème était qu'il avait supposé que Ash serait comme tout autre mage : en refusant complètement de renoncer à son avantage magique en partageant le secret de l'art des mages avec d'autres.

Mais maintenant, Voldemort faisait face à la possibilité désastreuse que cela ne soit pas le cas.

L'homme était soudainement apparu dans le monde des sorciers avec peu de choses de plus que les vêtements qu'il portait sur son dos. Cela indiquait un départ hâtif et mal préparé d'un endroit qui était inconnu du monde des sorciers. Étant donné qu'il n'y avait pas beaucoup de choses devant lesquelles un Mage de Guerre pourrait fuir et que le Cercle de Mages de Guerre lui-même avait précédemment été inconnu du monde des sorciers, alors il n'était pas trop difficile de comprendre que Ash s'était enfui devant ses semblables mages.

A partir de là, c'était une chose simple que de déduire que Ash s'était probablement disputé avec le conseil de Mages de Guerre sur leur politique de non-intervention dans des affaires humaines. Il était évident que l'homme avait toutes les intentions de s'y immiscer et qu'il avait réussi à s'échapper de l'influence du cercle avant que les autres Mages de Guerre ne puisse l'empêcher de partir. Après cela, il semblait que Ash ait d'une façon ou d'une autre trouvé un moyen d'empêcher le cercle de tout simplement le tuer ou le contraindre de revenir. Voldemort supposait à moitié que Dumbledore aurait pu avoir eu affaire avec cela. Autrement pourquoi le mage gaspillerait-il son temps et son talent en enseignant à cette maudite école ?

Et maintenant que le cercle nouvellement révélé de Mages de Guerre avait localisé leur camarade disparu, ils le surveillaient évidemment. Le fait qu'ils aient envoyé le professeur de l'homme aussi bien que l'un de ses amis permettait commodément à Ash de trouver une explication convaincante à leur visite comme étant une simple visite d'amitié. Mais il était clair, que, en réalité, le cercle avait choisi d'envoyer les deux personnes qui seraient le mieux capables de juger de l'humeur de Ash et de ses intentions.

Étant donné que l'homme était assez fanatique à s'opposer à Voldemort pour trahir ses pairs mages, alors il était très possible que Ash puisse juste être assez fanatique pour sacrifier sa propre supériorité magique et commencer à apprendre à d'autres sorciers à devenir mages. Peu de temps après cela, le secret pour utiliser la magie non-humaine ne serait plus un secret du tout. Mais alors les ennemis de Voldemort auraient eu suffisamment de temps pour devenir compétents dans l'utilisation de la magie d'autres espèces et ce serait une course contre la montre pour former ses propres serviteurs avant que leurs adversaires ne les aient décimés.

Voldemort envisagea cette possibilité quelques moments en s'approchant des portes ouvertes de sa salle d'audience. Silencieusement, il passa devant l'entrée impressionnante et traça son chemin jusqu'au trône orné au fond lointain de la salle. La grande pièce était toujours brillamment éclairée et prête à l'emploi, renforçant subtilement l'idée que le Seigneur des Ténèbres n'était pas soumis aux heures du jour ou aux caprices du temps comme les autres hommes. Cela servait aussi à renforcer la leçon qu'il s'attendait à ce que ses serviteurs soient dociles à sa volonté et répondent donc à sa sommation chaque fois que cela lui convenait, indépendamment de leur propre convenance.

À l'heure actuelle, cependant, la salle d'audience était vide à part lui - et à moins qu'il ne veuille appeler quelqu'un, cela resterait ainsi jusqu'à ce que le dîner de son animal de compagnie soit arrivé. Personne n'oserait le déranger sans une très bonne raison.

En s'installant dans la décoration exagérée du trône impressionnant, Voldemort considéra soigneusement les répercussions de la croisade individuelle de Ash contre lui.

Le Seigneur des Ténèbres comprenait en soi que le cercle de Mages de Guerre ne veule pas que leur frère dévoyé étende le secret de l'art des mages partout dans le monde sorcier. Cela détruirait l'avantage des autres Mages de Guerre et affaiblirait pour toujours leur pouvoir parmi leurs propres races. Pourtant pour quelque raison, ils étaient actuellement incapables de réduire au silence ou de contrôler cet homme.

Ce qui signifiait qu'ils seraient inévitablement forcés de négocier avec lui.

De telles négociations signifieraient très probablement que la politique de non-intervention serait abandonnée et que le cercle de Mages de Guerre s'allierait à contrecoeur avec Ash - un homme qui travaillait déjà pour Albus Dumbledore. Et à la différence de ces idiots du Ministère, Voldemort ne se faisait aucune illusion du danger que le cercle de Mages de Guerre représentait.

D'autres pourraient croire que le cercle était un groupe désorganisé d'individus dissemblables, mais Voldemort avait gouverné ses Mangemorts à la fois comme maître et commandant militaire plus longtemps que beaucoup d'entre eux avaient été vivants. Il comprenait bien les dégâts que même un petit nombre de professionnels fortement habiles pourrait infliger. Qui plus est, une fois qu'un certain niveau de compétence professionnelle était réalisé, cela n'importerait pas qu'ils aient été formés pour travailler ensemble ou non - ils seraient assez expérimentés et professionnels pour trouver des moyens de travailler ensemble.

Mais ce qui dérangeait Voldemort le plus de toute cette situation, était la possibilité que tandis que le cercle de Mages de Guerre serait probablement d'accord avec une alliance, Ash lui-même pourrait bien aller de l'avant et former secrètement d'autres sorciers de toute façon. Après tout, de combien des alliés si peu motivés pourraient-ils être dignes de confiance ? Mieux valait de beaucoup avoir le meilleur des deux mondes.

C'était certainement ce que Voldemort ferait dans la même situation.

// Mais aussi//considéra Voldemort// je ne dois pas oublier mon couteau, caché dans les plis des propres robes de Dumbledore. Si Severus pouvait gagner le contrôle du mage avant qu'il ne déplace contre moi ... //

Mais non - Voldemort ne pouvait pas compter là-dessus. Comme Severus l'avait correctement fait remarquer, il devait se déplacer soigneusement afin d'éviter d'éveiller les soupçons de Dumbledore et du mage lui-même. L'asservissement éventuel de Ash était toujours un but digne - mais le chronométrage de cela ne pouvait pas être prévu.

Juste à ce moment là une silhouette vêtue de noir entra à l'autre bout de la salle. C'était un jeune homme - nouvellement initié parmi les Mangemorts - et il portait un plateau avec dessus à manger et à boire. Le garçon se déplaçait tranquillement et avec respect, équilibrant soigneusement le plateau comme il se mettait à genoux devant son maître.

Voldemort jeta un sortilège de lévitation sur le plateau et son contenu, soulageant le jeune homme de son fardeau.

Le garçon resta à genou.

"Vous pouvez aller," permit finalement Voldemort et le jeune se leva silencieusement, salua et partit.

Voldemort le regarda partir avec quelque chose d'apparenté à de l'approbation. Le garçon connaissait sa place et n'avait pas geint que c'était un honneur de servir son maître. Mais aussi, personne n'avait fait l'erreur de laisser un elfe de maison en sa présence. Tandis que Voldemort reconnaissait que ces créatures ennuyeuses avaient leur utilité, il n'avait certainement pas confiance en eux. En conséquence, il avait jeté des sortilèges qui leur rendait impossible le fait de quitter les niveaux inférieurs sans une escorte pour surveiller leur travail. Et si l'un d'entre eux essayait jamais de mettre pied à l'intérieur de ses quartiers personnels...

... Et bien, sa mort serait extrêmement douloureuse et désagréable.

Comme le Seigneur des Ténèbres se levait de sa chaise, il dirigea sa baguette vers le plateau qui planait et lui commanda de le suivre. Alors il se dirigea vers une porte discrète qui menait à une pièce plus petite et de moins mauvais goût d'un côté de la salle.

Voldemort préférait généralement utiliser la pièce adjacente quand il traitait avec ses serviteurs les plus utiles. Voldemort assignait à ceux qui étaient utiles des tâches qu'il ne voulait pas qui soient discutées dans la chambre d'audience qui avait de l'écho. Ils étaient aussi ses serviteurs les plus intelligents et n'étaient pas impressionnés d'habitude par la taille et la prodigalité de la salle principale de toute façon.

Récemment cependant, Voldemort avait utilisé cette petite pièce pour un but entièrement différent...

Un sortilège simple ouvrit la porte et Voldemort la regarda s'ouvrir dans l'obscurité. En entrant - le plateau flottant toujours avec obéissance derrière lui - il appela "Lumos" dans l'air refroidi et ne fut pas étonné par le fracas de chaînes comme le moldu réagissait à la brillance soudaine.

Le garçon était actuellement fourré dans son coin sous plusieurs couvertures, essayant de se tenir chaud et couvrant ses yeux pour qu'ils aient le temps de s'adapter à la lumière.

"Laisse-moi te voir," commanda Voldemort.

Le moldu obéit rapidement, repoussant les couvertures et se mettant à genoux sur sa literie de fortune.

Soigneusement, Voldemort l'étudia. Le garçon avait l'air d'avoir 18 ou 19 ans et était habillé avec un pantalon brun simple et un t-shirt indéfinissable. Il était au moins propre, bien que toujours assez pâle et à l'air pathétique. Cependant, c'était une amélioration énorme par rapport à l'animal malodorant et sale, couvert de zébrures et de contusions, que le Seigneur des Ténèbres avait sauvé de ses trop-enthousiastes serviteurs il y a trois semaines.

Un geste de la baguette de Voldemort fit descendre le plateau au sol devant le moldu.

Le garçon ne fit aucun mouvement vers lui - bien qu'il n'ait rien eu que de l'eau depuis bien plus de douze heures.

Satisfait de l'obéissance du moldu, Voldemort appela une chaise voisine et une petite table basse ronde de jeu. "Mets le plateau sur la table," ordonna-t-il et le moldu souleva soigneusement le plateau, le posant avec des mains légèrement tremblantes.

S'asseyant sur la chaise, Voldemort choisit aléatoirement un morceau de fromage qu'il offrit au garçon. Le jeune homme s'approcha en rampant jusqu'à pouvoir étendre le bras et prendre le petit morceau de nourriture de la main de Voldemort. Aussitôt que le moldu eut fini le fromage, Voldemort prit un couteau et coupa un petit morceau de rosbif. Il le tint sur le bout du couteau et de nouveau le moldu le prit soigneusement.

Comme le Seigneur des Ténèbres continuait silencieusement à alimenter le moldu, il considéra l'étrange tour du destin qui avait tout d'abord fait venir le garçon à son attention.

----Oo00oo----

Il y a plusieurs mois, un des serviteurs les plus jeunes de Voldemort avait essayé d'échapper à deux Aurors qui avaient réussi à jeter un sort anti- transplanation sur lui. Le jeune Mangemort inexpérimenté avait finalement réussi à échapper à ses poursuivants dans une université moldue à Cambridge. Il avait accompli cela en transfigurant ses robes pour qu'elles correspondent au vêtement moldu des étudiants de l'université. Alors, tandis qu'il essayait de passer inaperçu, le jeune Mangemort avait été entraîné par mégarde dans une conversation intrigante à propos d'un autre moldu qui prétendait que quelque accident avait fait léviter tous les objets dans un des laboratoires de l'université pendant quelques secondes. Tandis que les autres moldus avaient ri et avaient plaisanté - revendiquant que c'était une excuse assez boiteuse pour avoir cassé la plupart de l'équipement du laboratoire - le serviteur de Voldemort avait pensé que cela valait examen. Après tout, jusqu'à ce que les Aurors aient quitté le secteur, il ne pouvait entrer en contact avec aucun de ses semblables Mangemorts pour faire enlever le charme anti-transplanation - donc il pourrait aussi bien passer le temps en examinant la revendication peu probable du moldu.

Les faibles traces de magie qui s'accrochaient toujours au laboratoire de l'université furent assez pour amener deux des serviteurs les plus vieux et les plus expérimentés de Voldemort à l'université pour vérifier la revendication de leur plus jeune collègue. Après cela, la question avait été portée à l'attention de Voldemort et, à son tour, il leur avait négligemment ordonné d'enlever le moldu et de l'amener à un emplacement sûr pour que Voldemort puisse examiner le garçon par lui-même.

Voldemort n'avait pas cru plus que ses serviteurs que le garçon pourrait en réalité faire de la magie. Mais il y avait quelque preuve légère qu'il ait pu utiliser la machinerie moldue pour découvrir une source inconnue d'énergie magique. À l'époque cependant, Voldemort avait placé peu d'importance à un événement si peu probable. Le moldu avait été 'acquis' comme une curiosité plus qu'autre chose. Il y avait la possibilité qu'il puisse devenir utile à quelque point dans l'avenir, mais le Seigneur des Ténèbres savait déjà que Feu de Dragon existait et serait une arme formidable. Pourquoi gâcher des ressources de valeur sur un moldu quand il avait déjà une ligne de recherche qui promettait assez de pouvoir pour vaincre tout sort que ses ennemis pourraient jeter ?

Et ainsi, quand les deux plus vieux Mangemorts eurent annoncé la capture du garçon, Voldemort était allé voir le moldu avec très peu d'espoir de découvrir quoi que ce soit d'utile. Et en effet, il avait eu raison. Cet idiot de moldu avait été stupéfixé pendant son enlèvement et au réveil ne s'était pas rendu compte que ses ravisseurs étaient des sorciers. Étonnamment, le garçon n'avait pas même cru en la magie avant que Voldemort n'entre dans la pièce. L'apparence physique du Seigneur des Ténèbres avait apparemment fait un sacré choc au garçon. Bien que cela ait sans aucun doute été beaucoup plus choquant la première fois que Voldemort avait utilisé Endoloris sur lui pour son attitude irrespectueuse.

Une fois le problème d'attitude corrigé, Voldemort avait écouté l'histoire du moldu par lui-même. A la fin de cela, il n'était toujours pas convaincu que le garçon serait de beaucoup d'utilité. Cependant, la curiosité du Seigneur des Ténèbres avait été provoquée et au cas improbable où le moldu aurait vraiment pu faire ce qu'il revendiquait, Voldemort avait laissé des ordres de garder le garçon vivant et à l'écart jusqu'à ce que le Seigneur des Ténèbres puisse consacrer plus de ressources à son étude.

Le moldu n'irait nulle part et Voldemort pourrait étudier le morveux quand il s'y déciderait. A ce moment là cependant, le gamin Potter avait été porté manquant depuis deux pleines semaines et un Mage de Guerre était apparu à l'Allée des Embrumes et faisait, disait-on, des affaires secrètes pour des raisons inconnues avec les gobelins de Gringotts.

Voldemort avait des problèmes plus importants à considérer qu'un petit moldu dérisoire.

Malheureusement, petit moldu dérisoire était devenu quelque peu plus important presque trois mois plus tard quand Voldemort reçut deux nouvelles assez inquiétantes. La première était que quelque elfe fou avait attaqué le Mage de Guerre à Poudlard. Cela avait été une nouvelle importune puisque les elfes n'entraient traditionnellement pas en contact avec les humains. Le fait que l'elfe - fou ou non - ait su qui Ash était et ait bien voulu le suivre dans le monde sorcier, signifiait que le Mage de Guerre avait évidemment été en contact avec des elfes auparavant - très probablement quand il avait étudié leur magie.

Précédemment, Voldemort avait seulement considéré le Mage de Guerre comme un individu isolé. Mais maintenant il était confronté au fait que l'homme avait probablement eu des enseignants, des amis et des alliés parmi un certain nombre de puissances étrangères. Il était inquiétant de penser que des utilisateurs de magie inhumains pourraient se battre contre ses Mangemorts à l'invitation de Ash.

Il était peu probable, cependant, que le Mage de Guerre gagne plus d'une poignée d'alliés qui veuillent bien l'aider. Après tout, il était plus probable que Ash leur doive quelque chose pour le privilège de sa formation, que eux lui doivent n'importe quelle faveur.

Cependant, c'était une cause de souci.

La deuxième nouvelle était de ses serviteurs en Roumanie qui l'informaient à contre-coeur que la recherche sur le Feu de Dragon était encore trop neuve et trop peu concluante pour être de n'importe quelle utilité immédiate. Le Mangemort qui avait été placé comme l'un des collaborateurs de Charlie Weasley était d'avis que cela pourrait prendre des années, si cela arrivait jamais, avant que les sorciers ne soient capables de reproduire et contrôler le Feu de Dragon.

// Trop peu trop tard// s'était moqué Voldemort. Alors il avait rappelé ses chercheurs, laissant des observateurs derrière pour rejeter tout espion qui aurait pu observer.

S'il n'y avait eu aucun Mage de Guerre et aucune menace d'ennemis non- humains, Voldemort aurait laissé ses chercheurs pile où ils étaient. Sans ces deux choses, les forces de Voldemort n'auraient été opposées à rien de pire que la petite bande ridicule des disciples de Dumbledore et des Aurors semi-compétents du Ministère - et si l'on ne comptait pas ce maudit gamin de Potter, Voldemort les aurait défaits presque vingt ans auparavant. Ainsi, le Seigneur des Ténèbres n'aurait eu aucun scrupule à continuer de créer ses propres forces en attendant en même temps patiemment que le Feu de Dragon devienne une arme viable. Mais à présent, il n'avait plus le luxe d'avoir du temps pour se livrer à cette sorte de patience.

Naturellement, une fois que ses chercheurs étaient revenus en Angleterre, Voldemort les avait immédiatement fait travailler à essayer de trouver n'importe quel moyen possible de créer une arme ou un pouvoir assez grand pour défaire les nouveaux d'ennemis qu'il aurait bientôt rangés contre lui.

C'était alors qu'il s'était rappelé le moldu et son conte à propos d'une source inconnue d'énergie magique.

Même si autrefois il avait repoussé le garçon comme une simple curiosité qui pourrait un jour avoir une utilité, maintenant le Seigneur des Ténèbres voulait bien considérer des possibilités plus extrêmes - si le gain potentiel était valable.

Et - après due considération - cela l'était certainement.

Une source extérieure d'énergie magique serait d'une immense utilité pour lui - s'il pouvait d'une façon ou d'une autre utiliser cette énergie pour sustenir les sortilèges et les enchantements de ses serviteurs. Si c'était possible, alors ses serviteurs ne se fatigueraient jamais, ni ne deviendraient las dans la bataille, tandis que leurs ennemis s'épuiseraient à lancer sortilège après sortilège contre eux. Même mieux, beaucoup de sortilèges de protection n'étaient pas particulièrement complexes - ils exigeaient simplement beaucoup de force pour être maintenus. Avec une source extérieure dans laquelle puiser, les forces de Voldemort seraient inattaquables et l'ennemi pourrait alors être épuisé à leur loisir.

Même s'il n'y avait aucun moyen de contrôler correctement quelque pouvoir que ce soit que le moldu ait découvert, alors il devait au moins quand même être possible de créer un dispositif explosif magique de quelque sorte. Vous n'aviez pas besoin de contrôler une telle chose - vous pouviez simplement la mettre à l'intérieur d'un bouclier puissant et laisser l'énergie magique s'emmagasiner jusqu'à ce que le bouclier cède. Selon la puissance du bouclier et la quantité de magie crue qui s'était accumulée à l'intérieur, vous pourriez même être capables de créer différents degrés de destruction.

Très utile en effet - si l'on pouvait faire reproduire au moldu ce qu'il avait fait, quoi que ce soit.

Mais les plans de Voldemort pour le garçon avaient subi un contrecoup inattendu.

Le Seigneur des Ténèbres n'avait pas pensé à aller voir le moldu depuis l'ordre de son emprisonnement environ trois mois auparavant. Ainsi quand il arriva à la cellule où le moldu avait été gardé, il avait été enragé de découvrir que l'on avait maltraité le garçon à un tel point qu'il n'était absolument utile à personne!

Le moldu avait souffert de la faim et été battu, ignoré pendant des jours de suite et on lui avait permis de se laver seulement irrégulièrement. La cellule puait la peur, le sang et les excréments, et Voldemort fut dégoûté de voir un seau débordant dans un coin, que le moldu avait à l'évidence utilisé comme latrines de fortune.

Le moldu lui-même était à peine vivant.

La première chose que Voldemort fit, fut d'appeler un de ses fabricants de potions les moins importants pour inonder le garçon de brouets guérissants. Il n'était pas étonnant que l'homme ait d'abord dû jeter quelques sortilèges mineurs pour remettre le moldu dans un état où il aurait assez conscience pour boire les potions.

Après cela, Voldemort fit rapidement transférer le garçon à la petite pièce de réunion à côté de sa chambre d'audience. De là, il serait capable de surveiller personnellement l'entraînement du moldu à l'obéissance du moldu et son retour à la santé.

La dernière chose que Voldemort fit, fut d'envoyer chercher les gardiens du garçon.

Ils ne survécurent pas longtemps à la rencontre.

----Oo00oo----

Mais maintenant, trois semaines plus tard, Voldemort se demandait s'il n'avait pas été un peu hâtif à tuer ces deux idiots.

Après trois mois à la merci de ses geôliers, le moldu avait été à la fois physiquement et mentalement brisé. En conséquence, Voldemort avait découvert que la formation du garçon était beaucoup plus facile qu'il ne l'avait prévu.

// Mais alors aussi// se rappela Voldemort// ils ont désobéi à mon ordre de garder le garçon en vie et disponible. // - et personne ne désobéissait au Seigneur des Ténèbres.

Ou au moins, personne ne le faisait deux fois.

Mais cependant, les effets secondaires utiles étaient indéniables.

La première fois que le moldu s'est réveillé, Voldemort avait été debout directement devant lui, directement dans sa ligne de mire - et le garçon n'avait pas même tressailli. Il avait simplement regardé fixement Voldemort quelque temps et s'était ensuite rendormi. Les réveils suivants avaient imité le premier et il était impossible de dire si le moldu s'était même rendu compte qu'il était toujours vivant.

Mais cela ne faisait aucune différence pour la formation du garçon et Voldemort avait pris plein avantage du comportement étrange du moldu. L'état curieusement semi-conscient avait seulement duré trois ou quatre jours, mais pendant ce temps-là le garçon avait fait ce que l'on lui disait de faire sans la moindre trace de ressentiment ou de résistance. C'était presque comme si quelque partie du moldu était toujours endormie - ou dans un état de choc profond.

Grâce à cela, ce n'était pas du tout un problème que d'habituer le moldu à l'appeler 'Maître' et à lui obéir à tout moment. Voldemort renforça encore la compréhension du garçon quant à sa place dans le monde en le rendant physiquement dépendant de la propre présence du Seigneur des Ténèbres pour son existence quotidienne. En conséquence, le moldu dormait seulement quand Voldemort le permettait. Il mangeait seulement quand Voldemort le nourissait à la main. Il portait seulement ce que Voldemort lui apportait. Le garçon avait presque été pathétiquement reconnaissant la première fois que Voldemort l'avait amené à une petite salle de bains et lui avait dit qu'il lui était permis d'utiliser ces équipements. Pour Voldemort ce n'était pas une bonté, mais simplement une autre mesure de contrôle. Le garçon avait facilement accepté le fait qu'il dusse maintenant demander la permission à chaque fois il voulait utiliser la salle de bains.

Lorsque l'esprit du moldu commença à se réveiller de son état engourdi, Voldemort avait déjà établi un modèle de comportement auquel le garçon était habitué. Comme le Seigneur des Ténèbres remarquait la conscience du moldu de son environnement en augmentation, il faisait attention de s'assurer que n'importe quelle déviation de ce modèle était immédiatement et sévèrement punie.

Après son premier rappel de ce qu'était Endoloris, le garçon avait rapidement re-appris la crainte.

A partir de là, le moldu en était facilement venu à accepter l'obéissance familière qui avait été son monde entier depuis que Voldemort l'avait sauvé.

Le Seigneur des Ténèbres était très satisfait de cette acceptation, puisqu'il ne voulait pas utiliser Endoloris trop souvent sur le moldu. Sans résistance naturelle à la magie, les moldus étaient particulièrement susceptible aux sortilèges et cette malédiction impardonnable pourrait bien causer, même chez un moldu sain, une crise cardiaque ou une hémorragie cérébrale - et Voldemort avait trop investi dans le garçon pour le laisser tomber mort si tôt.

Cela ramena l'attention du Seigneur des Ténèbres au présent. Distraitement, il observa le garçon soigneusement prendre la dernière tranche de pomme du bout du couteau présenté. Comme le moldu finissait silencieusement le reste de la nourriture, le Seigneur des Ténèbres l'étudia - évaluant si oui ou non le garçon avait maintenant suffisamment récupéré pour commencer à exécuter la tâche pour laquelle Voldemort l'avait sauvé.

Brusquement, le Seigneur des Ténèbres se rendit compte que cela n'importait pas. Sa situation tactique avait été suffisemment mauvaise quand il s'attendait seulement à un seul mage et à une poignée d'alliés inhumains. Maintenant que l'existence d'un cercle entier de Mages de Guerre avait été révélée, Voldemort était à court du temps. Il avait besoin de n'importe quelle puissance que ce soit que ce moldu ait pu découvrir, et il en avait besoin maintenant. S'il attendait beaucoup plus longtemps, alors ce que le moldu savait n'importerait pas parce que Voldemort ne serait plus en position de l'utiliser.

"Garçon."

Avec crainte, le moldu leva les yeux. Voldemort trouva intéressant de remarquer que, même après tout le temps que le garçon avait passé en sa présence, le moldu était toujours profondément dérangé par la vue de ses yeux rouges.

"Je vous assignerai un nouveau gardien aujourd'hui."

La crainte tourna à l'horreur, mais le moldu n'émit aucune protestation.

"Killion est l'un de mes serviteurs les plus doués," l'informa Voldemort, "et je lui fournirai des instructions détaillées sur comment vous devez être traités sur votre entretien." Le garçon sembla quelque peu rassuré, mais toujours assez nerveux. "Vous vous adresserez à lui en disant 'Monsieur' et lui obéirez comme vous m'obéiriez. Si vous le défiez, il vous punira de même que moi. Comprenez-vous ?"

"O-o-oui, Maître," bégaya le garçon.

"Bon. Votre tâche sera de dire à Killion tout ce que vous savez à propos de votre accident à l'université moldue. Je veux qu'il reproduise cet accident et vous devrez répondre à toute question - exécuter n'importe quelle tâche - qui l'aidera à cela."

Un instant, on eut dit que le moldu voulait dire quelque chose, mais alors se ravisa à l'évidence.

Voldemort regarda le garçon spéculativement. "Vous aviez quelque chose à dire ?" Demanda-t-il. Il avait appris au garçon qu'il n'était pas approprié pour un moldu de parler en présence de ses supérieurs à moins que son conseil ou son avis n'aient été spécifiquement demandés. Que le garçon en vienne sciemment si près d'une autre punition le rendit curieux des pensées du moldu.

Le garçon sembla indécis - comme s'il ne savait pas s'il était mieux de rester silencieux.

"Répondez-moi," lui dit catégoriquement Voldemort.

"M-M-Maître, le l-laboratoire où l'accident s-s-s'est p-p-produit - il a b- beaucoup d'équipement t-très compliqué et d-delicat. Il- il est très cou- couteux et il-il y en a qui a été endommagé. Il-il est p-possible qu'ils n'aient p-pas pu le r-r-remplacer ..."

"Cela n'a aucune importance," répondit Voldemort, "puisque vous ne retournerez pas à ce laboratoire particulier. Un emplacement plus sûr a été acquis et tout ce dont Killion a besoin - y compris votre machinerie moldue - sera fourni comme et quand il l'exigera."

Le moldu sembla étonné et osa en fait protester : "M-mais, et si l- l'accident était c-causé par q-q-quelque chose à l'u-université ? O-Ou q-q- quelque chose de son éq-q-quipment ? Est-est-ce que les sorciers ont m-même l'é-électricité ? C-Comment - "

Voldemort - qui avait observé le garçon à travers des yeux plats à demi fermés - se pencha soudainement en avant et lui frappa le visage du dos de la main. Le moldu tomba en arrière de douleur et de surprise.

"Levez-vous," commanda Voldemort, et aussitôt le garçon se mit de nouveau à genoux devant lui, le Seigneur des Ténèbres étendit le bras et saisit le moldu par le menton, le forçant à lever la tête.

"Ce n'est pas votre place de mettre en doute mes décisions, moldu," siffla- t-il au garçon. "Votre place est de simplement obéir. Je pensais que je l'avais rendu parfaitement clair." Par sa prise sur le moldu, Voldemort pouvait sentir le tremblement du garçon. "Mais", continua-t-il, "au cas où la simple douleur ne serait pas une motivation suffisante pour vous, laissez moi vous poser quelques questions simples-"

"Dites-moi, mon garçon - avez-vous des amis ? - de la famille ?" Le moldu sembla horrifié et Voldemort sourit cruellement. "J'ose dire qu'il ne serait pas dur de les trouver, n'est-ce pas ?" Il fit une pause pour laisser cela bien s'ancrer. "Et bien sûr, tandis que votre aide pourrait être de quelque petite utilité, le destin de vos parents est moins que rien pour moi."

"S-S-S'il vous plaît..." chuchota le garçon d'une voix entrecoupée.

Voldemort relâcha le moldu et se pencha en arrière sur sa chaise, agissant comme si le garçon n'avait rien dit.

"Cependant", continua le Seigneur des Ténèbres, "c'est une affaire ennuyeuse que de garder des moldus et je n'ai vraiment aucun désir d'infliger plus d'entre vous à mes serviteurs que je le dois." Avec un détachement dur, il regarda le garçon et ajouta, "Pour l'amour de votre ' aimés' - et bien sûr la convenance de mes Mangemorts - je suggérerais que vous fassiez tout ce que vous pouvez pour assurer que le travail de Killion est un succès complet."

Et avec cela, Voldemort se leva de sa chaise, finissant sommairement la conversation. Un court sortilège et un mouvement vague de sa baguette firent s'élever en l'air à côté de lui le plateau maintenant vide et ce dernier suivit docilement le Seigneur des Ténèbres qui se déplaçait silencieusement vers la sortie.

Juste avant de passer la porte, Voldemort eut une pensée soudaine et se retourna pour faire face au garçon enchaîné dans le coin lointain.

"Je viens de penser," fit-il remarquer, "qu'un moldu pourrait juste être assez stupide pour essayer de mentir à un sorcier. Je ne le conseillerais pas, puisque votre coopération sincère sera vérifiée avec du veritaserum - une potion que je crois que les moldus appellent 'sérum de vérité'."

Alors il se détourna, visant négligemment avec sa baguette par sur son épaule et disant "Nox" à la pièce derrière lui.

La porte se referma à clef, scellant son prisonnier dans l'obscurité de nouveau.

----Oo00oo----

En sortant de la salle d'audience bien allumée, Voldemort utilisa un mot et un geste désinvolte pour envoyer le plateau vide retourner vers les cuisines. En continuant vers ses quartiers personnels, le Seigneur des Ténèbres reprit ses pensées sur la situation dans laquelle il se trouvait maintenant.

Bien que ses plans pour le moldu soient à la fois nécessaires et importants, quelque pouvoir que Killion puisse découvrir n'en serait pas un que le Seigneur des Ténèbres pourrait réserver à son utilisation personnelle. Pour renverser la marée de la guerre à venir, ses serviteurs devraient avoir accès à n'importe quelle arme qui puisse être développée - peu importe que ce soit une façon de magnifier les sortilèges existants d'un sorcier, ou un dispositif explosif magique brut.

Malheureusement, permettre à ses disciples de devenir plus puissants comblerait inévitablement le fossé entre eux et lui - ce qui était quelque chose qui pourrait bien donner l'envie aux plus ambitieux de défier son autorité. Ajouté à cela, ses ennemis étaient déjà les maîtres de la magie sans baguette et les mages étaient généralement connus pour être magiquement supérieurs à de simples sorciers. Les implications que cela avait pour sa sécurité personnelle étaient assez inquiétantes, mais Voldemort savait aussi que cela diminuait son pouvoir aux yeux du public, ce qui à son tour diminuait leur crainte de lui et augmentait le moral de ses ennemis.

En somme, c'était une situation intolérable, que le Seigneur des Ténèbres n'avait pas l'intention de laisser continuer.

Voldemort était conscient de plusieurs choses qui - si elles étaient couronnées de succès - lui accorderaient la supériorité magique qu'il désirait. Jusqu'à récemment cependant, le risque d'être tué en exécutant un de ces sorts ou rituels avait été trop grand. Mais maintenant - conduit par la possibilité inacceptable qu'il puisse devenir personnellement vulnérable - le Seigneur des Ténèbres avait finalement inventé une façon d'achever une de ces cérémonies Sombres qui lui permettraient probablement d'en réchapper.

Le rituel qu'il considérait n'avait presque jamais été exécuté, simplement parce qu'il aboutissait invariablement à un destin bien pire que la mort pour ceux qui l'invoquaient. Quand il l'avait tout d'abord découvert, Voldemort avait fait des recherches sur une idée qui lui était venue tandis qu'il était encore un esprit désincarné. Après avoir lu une description de la cérémonie, il avait su que ce serait exactement de dont il avait besoin - s'il pouvait seulement trouver une façon d'éviter les .effets secondaires les plus... indésirables.

Même maintenant - après avoir inventé une façon faire exactement cela - Voldemort savait que le rituel était toujours extrêmement dangereux. Cependant, les enjeux étaient beaucoup plus élevés maintenant et donc des risques plus grands devraient être pris pour garantir le succès.

Si cela marchait, tout homme, femme et enfant sur la surface de cette planète apprendrait finalement à le craindre.

Tout ce qui pourrait être fait pour assurer la survie de ses Mangemorts était déjà fait.

Maintenant il était temps de s'occuper de son propre pouvoir.

----Oo00oo----

Abandonné dans l'obscurité froide de sa prison, Robert Thomas se roula en boule dans la chaleur limitée des couvertures qu'Il avait fournies. Robert soupçonnait qu'il a été gardé quelque part de souterrain et était reconnaissant que quiconque était à côté laissait toujours la lumière allumée. Il pouvait penser que Robert était laissé dans une obscurité totale, mais en réalité il y avait toujours un mince trait de lumière qui rougeoyait fortement le long du bas de la porte. Cela n'était pas assez pour illuminer la pièce, mais c'était assez pour rappeler à Robert qu'il y avait toujours de la lumière dans le monde - et aussi à le rassurer qu'il pouvait toujours faire la différence entre quand il ouvrait ou fermait les yeux. Au moins il savait qu'il n'était pas aveugle.

La mémoire de Robert avant le réveil dans cette pièce sombre et froide était floue au mieux. Il pouvait facilement se rappeler son enfance, sa famille, ses années à l'école et le temps passé à Cambridge. Mais après l'accident dans le laboratoire, les choses commençaient à disparaître. L'accident lui-même était toujours clair et mémorable : l'équipement se soulevant par lévitation devant ses yeux stupéfiés et le rire méprisant de ses pairs qui pensaient qu'il ne faisait que l'inventer. Les professeurs avaient été tellement fâchés contre lui, exigeant de savoir ce qui était vraiment arrivé et menaçant de l'expulser pour avoir endommagé d'équipement de valeur.

Mais après cela ... cela semblait ... lui échapper.

Et ensuite Il était là, avec sa douleur et son obscurité.

Bien sûr, Robert savait ce que son tourmenteur essayait de faire. Il ne pouvait pas se souvenir où il avait appris cela au sujet du lavage de cerveau et de la modification du comportement - un livre peut-être ? - mais Robert reconnaissait les techniques utilisées sur lui. La faim, la douleur, l'appeler toujours 'Garçon' - tout cela était des moyens d'essayer de lui enlever son sens du moi - pour lui faire oublier qui il était et le former en quelqu'un de nouveau - quelqu'un de docile et d'obéissant.

// Mais cela ne marchera pas// se promit Robert. // Je connais les techniques - je sais comment cela marche. Cela signifie que je sais comment me battre contre cela. //

Et il le fit.

// Mon nom est Robert James Thomas// se répèta-t-il silencieusement à plusieurs reprises. // J'ai dix-neuf ans. Je vais à l'Université de Cambridge. Maman et Papa m'aiment et Mandy pense que je suis un frère aîné totalement embarrassant.//

Avec soin et délibération Robert continua à se rappeler qui il était et les choses qui l'avaient formé durant sa vie. Il se rappela ses amis, les anniversaires, les Noëls passés avec la famille - sa folle tante Dot qui détestait être appelée 'Dorothée'. Il se concentra particulièrement sur ses parents et sa petite soeur, priant qu'Il ne leur fasse pas de mal.

Robert trouvait cela douloureux de se rappeler sa vie précédente. Bien sûr c'était aussi bon, mais la comparaison entre alors et maintenant était... désagréable. Il avait eu tant et maintenant il avait si peu. C'était tentant de simplement oublier le passé dans un effort de faire que le présent semble moins terrifiant qu'il l'était vraiment . Sans le souvenir de temps meilleurs, sa vie actuelle d'obéissance serait plus facile à avaler.

Mais s'il faisait cela, alors bientôt il ne resterait rien de lui.

"Mieux vaut souffrir," se murmura-t-il.

Il le faisait de temps en temps - se parler à lui-même. Il l'avait fait toute sa vie, d'une marnière distraite . Mais maintenant il le faisait de plus en plus. Il trouvait calmant d'écouter une voix qui n'était pas pleine de cruauté ou de colère - même si c'était la sienne. Cela l'aidait aussi avec son respect de lui-même puisqu'il ne bégayait pas quand il se parlait à lui-même. Il n'avait jamais bégayé auparavant et il détestait le fait qu'il le faisait maintenant.

Ce n'était pas le bégaiement lui-même qui le dérangeait. C'était le fait que son emprisonnement ait avec succès changé quelque chose de tellement à la base de lui. IL avait réussi - au moins partiellement - à changer quelque chose en Robert.

// Mais je surmonterai cela// se promit Robert. // Je ne mourrai pas ici. Je survivrai. Je ne donnerai pas cette satisfaction à ce monstre// Il apprendrait à parler de nouveau aussi - même si cela prenait des années de thérapie. "Ce qu'il faudra probablement," se murmura cyniquement Robert.

Mais bien sûr, en attendant, il devrait continuer à se permettre de suivre le modèle de comportement fixé pour lui par ses ravisseurs. Il essayait de s'en séparer autant que possible, mais parfois il s'inquiétait du fait que cela ne le dérangeait presque pas autant qu'il pensait que cela le devrait. Ne devrait-il pas être fâché d'être traité comme quelque sorte d'animal excessivement intelligent ? Robert frissonna à la pensée qu'il trouvait en fait Sa présence rassurante de quelque manière tordue.

Une partie de Robert regrettait qu'il ne puisse pas se souvenir de pourquoi il sentait cela .

Le reste de lui était reconnaissant qu'il ne le puisse pas.

Robert savait qu'il était assez intelligent. Le mot 'génie' avait même été mentionné autour de lui de temps en temps. Ses parents ne l'avaient jamais laissé avoir la grosse tête à ce propos, mais il était quand même - juste un peu - un peu suffisant à cause de cela.

Mais le fait d'être intelligent, consistait en ce que Robert pouvait raisonner sur la nature de choses avec relativement peu d'information.

// Il dit qu'il gouverne le monde sorcier// réfléchit Robert - et cela n'avait-il pas été un choc : ces sorciers et sorcières existaient vraiment et cette magie était réelle aussi. // Mais si c'est le cas// continua à raisonner Robert// alors pourquoi se déranger autant pour découvrir ce qui était arrivé au laboratoire // Son 'maître' lui avait fait comprendre qu'il considérait les moldus comme une perte de temps.

Robert n'était pas sûr qu'il aimait être appelé un 'moldu', mais ce n'était pas comme s'il était dans une position pour argumenter.

Ce qui était intéressant cependant, était qu'Il avait évidemment besoin de n'importe quel pouvoir qu'il pensait que Robert ait découvert - et il en avait tellement besoin qu'il était prêt à surmonter son dégoût pour les moldus et supporter la présence de Robert pour l'obtenir.

// Et s'il est vraiment un roi ou quelque chose de ce genre// se demanda Robert// alors pourquoi personne ne sait-il rien sur lui - ou sur les sorciers // IL n'avait pas frappé Robert comme le genre de personne qui consentirait à diriger seulement le monde sorcier quand il y avait un monde 'moldu' là-bas à conquérir aussi.

"Peut-être ne gouverne-t-il rien du tout," se dit Robert. "Peut-être est-il un criminel de quelque sorte." En réalité, Robert n'était pas même sûr qu'Il était humain. Avec ceux ces horribles yeux rouges et ce corps blanc squelettique, il ne semblait certainement pas humain. Mais Il se mentionnait de temps en temps comme un sorcier de la même manière qu'il mentionnait les autres comme des sorciers. Pourtant... cela pourrait simplement se référer à la capacité de faire de la magie.

// Mais je n'ai rien vu d'autre qui lui ressemble// pensa Robert. En fait, le nez fendu du monstre lui rappelait vaguement quelque chose qu'il avait vu dans les cours d'histoire. Il y avait eu quelques images assez horribles dans certains des livres d'hommes qui avaient été exposés au gaz moutarde et autres atrocités durant la première Guerre Mondiale. Alors peut- être était-Il un exemple de ce qui arrivait aux gens lors d'une guerre magique.

//Ce qui// conclut Robert// soutiendrait la théorie qu'Il n'était probablement pas le dirigeant du monde sorcier. // En fait, plus Robert y pensait, plus il semblait probable que son 'maître' était en train d'essayer de devenir le dirigeant du monde sorcier - et s'il y réussissait, il commencerait probablement la même chose sur le monde de Robert . //

Mais le fait qu'Il ait des ennemis assez puissants pour s'opposer à lui, levait aussi un nouveau groupe entier de questions.

Ces ennemis seraient-ils meilleurs que le monstre qui le tenait actuellement le prisonnier ? Après tout, les ennemis du monstre seraient aussi des sorciers, non ? Tous les sorciers partageaient-ils la croyance que les gens comme lui - 'moldus' - étaient une forme inférieure de vie ? Il y avait une assez bonne chance qu'ils ne se soucieraient pas du bien- être de moldus plus que le monstre le faisait.

Mais Robert pouvait au moins espérer que Ses ennemis étaient ceux qui voulaient continuer à vivre dans le secret loin du monde moldu. Robert pouvait supporter cela si rien d'autre.

Il se demanda s'il serait capable de trouver un moyen d'entrer en contact avec ces ennemis.

Si l'occasion se présentait un jour, il la prendrait. Mais en attendant, il devait s'accrocher à autant de lui qu'il le pouvait-

"Mon nom est Robert James Thomas. J'ai dix-neuf ans. Je vais à l'Université de Cambridge. Maman et Papa m'aiment..."

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