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Chapitre 17 : Conversation à la lueur des bougies (suite)

"Parce que les charmes de dissimulation ne marchent pas," répondit Harry simplement.

"Non," Severus fronça les sourcils. "Je veux dire pourquoi la cacher du tout ? Je pourrais le comprendre si vous essayiez de vous cacher parmi la population générale, mais ce n’est pas le cas. En fait vous faites tout votre possible pour vous assurer que tout le monde sache qui et ce que vous êtes." Harry était sur le point de protester quand Severus leva une main et ajouta, "je comprends que vous ne le faites pas par vanité ou arrogance. Après la petite démonstration d'Albus au banquet d'accueil, je l'ai reconnu comme une nécessité qui permet à ceux qui vous entourent de prêter l’attention appropriée à leur comportement. Cependant, puisque vous êtes forcé de vivre avec la notoriété de toute façon, pourquoi vous déranger avec la tâche ennuyeuse d'acquérir et d'appliquer du maquillage moldu tous les jours ?"

"Surtout," répondit Harry, "parce que je ne veux pas que les gens m'associent avec Harry Potter. Le public n’est pas sensé savoir que j'ai eu quelque rapport que ce soit avec sa disparition. Idéalement, ils ne devraient pas même penser à nous en même temps." Alors d'un air piteux Harry ajouta, "Bien que dans votre cas - et je pourrais ajouter celui d’Albus - cela ne semble pas avoir marché."

 

Severus sembla faiblement amusé. "Je pense que vous surestimez les ressemblances entre vous et Potter. Deux cicatrices correspondantes ne font pas de vous des jumeaux. En fait, vous deux ne vous ressemblez en rien du tout."

 

"Non ?" demanda Harry avec beaucoup d'amusement. "Et comment diriez-vous que nous sommes différents ?"

Severus renifla avec dérision. "Comment n'êtes-vous *pas * différents ? Potter est un enfant égoïste et pleurnichard qui fait tout son possible pour se rendre le centre d'attention partout où il est. C’est un élève paresseux aux caprices duquel on a cédé bien trop souvent. Vous d'autre part, êtes assez autodiscipliné pour être passé maître dans plusieurs différents types de magie, aussi bien que maître de vos propres émotions et réactions. Je n'ai aucun doute qu’en tant que Mage de Guerre vous ayez connu et douleurs et pertes - pourtant vous ne restez pas assis à geindre à ce propos ou à exiger un traitement spécial à cause de cela. Et ce qui est le plus révélateur - vous avez une réputation d'être juste envers toutes les Maisons - même la mienne. Le fait que Drago veuille bien vous parler du tout veut dire que vous savez qu’être Serpentard ne fait pas automatiquement de vous quelqu'un de mauvais. Cela, en soi, est une compréhension qui a échappé à beaucoup de sorciers adultes - et est quelque chose de complètement au-delà de la stupide vue en noir et blanc que Potter a du monde." Severus fit une pause momentanément, puis ajout, "je n'envie pas à vos semblables mages la tâche de faire entrer quelque sens dans le crâne épais de Potter."

 

Harry soupira. Le processus d'apprendre Severus à quoi sa vie avait vraiment ressemblé devrait être graduel. L'homme n'était simplement pas prêt à entendre la vérité entière en une séance. Il ne le croirait jamais. Mais cela n'importait pas. Le besoin de temps convenait parfaitement à Harry. Après tout, il avait aussi besoin que Severus connaisse - et croie - qu'il voulait sincèrement le Maître de Potions comme une partie permanente de sa vie. La seule manière possible de réaliser cette sorte de garantie était l'expérience - et l'expérience venait seulement avec le temps.

Mais cela ne signifiait pas qu'il ne pouvait pas essayer et d’adoucir les opinions de Severus en attendant.

"Peut-être," suggéra Harry, "êtes-vous trop dur avec M. Potter. Il a, après tout, seulement seize ans. Je connais plusieurs personnes qui m'ont dit que si elles devaient rencontrer leur moi de seize ans dans la rue, ils se donneraient très probablement un coup de poing dans le nez à eux-mêmes. Pouvez-vous honnêtement dire que vous seriez heureux d'avoir votre moi de seize ans comme élève dans votre classe de Potions?"

Severus prit quelques minutes pour considérer la question. Sa conclusion était évidente au vu de la grimace légère qui apparut sur son visage. "Non", admit-il à contre-coeur. "Bien que je préfère de beaucoup la présomption de l’arrogance intellectuelle de mon plus jeune moi que l'arrogance morale que certains Gryffondors aiment pratiquer." Alors il ajouta : "J'aimerais aussi faire remarquer que votre observation quant à l'âge de Potter appuie seulement plus mon argument que vous deux n’avez rien en commun. Vous n'avez très certainement pas seize ans."

 

"Non," acquiesça Harry avec une ironie désabusée. "Mais le fait que j’aie trente ans à mon prochain anniversaire signifie difficilement que j'ai un pied dans la tombe."

"Je dois espérer que non étant donné que j’ai seulement trente-cinq ans moi-même."

"Oh," sourit Harry. "Un homme plus vieux! Que j’ai de la chanceux de récolter l'avantage de toutes ces années supplémentaires d'expérience." Mais le sourire n'atteint pas les yeux de Harry et il fouilla avec inquiétude le visage de Severus, attendant la réponse à sa question inexprimée.

En surface, le commentaire de Harry était peu de plus qu’une taquinerie insouciante. Mais au-dessous de cela, c’était une manière très Serpentard de demander au Maître de Potions s’il serait vraiment permis à Ash d'éprouver l'avantage des compétences de Severus en tant qu’amant. Harry n'était pas assez stupide pour croire que quelques heures de sexe violent feraient pencher Severus d'un côté ou de l’autre, mais le fait que Sev ' soit toujours ici - dans le lit avec lui - et toujours nu, donnait espoir à Harry que peut-être que l'autre homme avait déjà pris sa décision. Et peut-être que cela pourrait même être celle que Harry espérait.

 

Severus lui rendit son regard de ces yeux d’un noir d'encre. Le jugeant. Le mesurant du fait qu'il posait quand même cette question et ne présumait pas de la réponse simplement à cause de leur situation actuelle.

Le moment s'étira.

 

Alors le coin la bouche de Severus se tira vers le haut très légèrement. "Petit impertinent," répondit-il avec une touche d'exaspération. "Vous devriez avoir plus de respect pour vos aînés."

Réponse donnée.

 

"Oui, Professeur," acquiesça Harry - et cette fois-ci le sourire miroitait dans ses yeux, reflétant à la fois la lueur des bougies et le bonheur. Harry étendit audacieusement la main et fit glisser un doigt le long du cou de Severus, aplanissant sa paume à travers la peau chaude de l'autre homme comme il atteignait la poitrine pâle.

Severus l'observait - apparemment amusé par le fait que Ash semble estimer que c'était quelque sorte de privilège que d’avoir la permission de le toucher de cette manière. Rapidement, Severus emprisonna la main de Harry dans la sienne avant qu'elle ne puisse se déplacer un peu plus bas et d’un ton chaud qui reflétait son amusement Severus fit remarquer : "Si vous vous attendez à ce que quelque chose de plus arrive ce soir, alors vous avez un problème."

"Plus ?!" répliqua Harry de stupéfaction. "Bons Dieux Professeur ! Je n'ai plus rien avec quoi faire plus!"

"Comme je le disais," répondit Severus avec un petit sourire satisfait, "vous auriez certainement quelque sorte de problème médical si vous attendiez plus."

 

Harry rit et sentit ensuite une saccade sur sa main emprisonnée. Severus donna une autre petite saccade, indiquant que le Mage de Guerre devait se déplacer pour le rejoindre. Harry n’était que trop heureux d'obliger et était bientôt arrangé à côté de l'autre homme avec sa tête reposant sur l'épaule de Severus et leurs bras enveloppés lâchement autour l'un de l'autre. Harry avait chaud, était confortable et heureux à en délirer. "Professeur ..." chuchota-t-il dans la chair chaude sous sa joue.

"Pourquoi m'appelez-vous comme cela ?" demanda Severus avec curiosité. "Je suis le seul membre du personnel que vous n'appeliez pas par son prénom. En fait, vous m’appelez même rarement par mon nom de famille. J'aurais pensé, considérant notre situation présente..."

Il y eut un petit silence. "D'abord," Harry dit doucement, "c’était simplement parce que vous ne m'avez jamais donné la permission d'utiliser votre prénom. Les autres m’ont tous donnés leurs noms pour que je les utilise librement, mais vous ne l’avez jamais fait... et les Mages sont bizarres à propos des noms. Le nom de quelque chose vous donne un certain… pouvoir... dessus. Il y a très peu de choses qui vous feront répondre si rapidement - ou si instinctivement - que d’entendre appeler votre nom. Je pense parfois que c'est pourquoi tant de personnes ont peur de Voldemort - parce qu'ils ont peur de le nommer."

"C'était la seule raison ?"

"D'abord," admit Harry. "Mais plus maintenant. Maintenant je ne veux pas utiliser votre nom avant de pouvoir vous donner le mien en retour - et je ne veux pas dire mon nom de Mage de Guerre. Je veux vous donner mon nom privé - le nom que mes parents m'ont donné - le nom que mon amant devrait utiliser."

Severus imita son moment précédent de silence. "Cela... n'est pas nécessaire," lui dit Severus avec hésitation. "Nous n'avons fait aucune promesse..."

Harry entendit l'incertitude de la voix de Severus. Soigneusement, il se souleva sur un coude pour pouvoir regarder le visage de l'autre homme. "L'utilisation de mon nom privé ne vous place sous aucune obligation," expliqua-t-il doucement. "C'est simplement une reconnaissance que vous êtes important pour moi. Vous n’êtes pas obligé de me donner quoi que ce soit en retour, ou même de l’utiliser si vous ne le voulez pas. Je ... veux simplement être libre de vous donner ce nom avant de commencer à utiliser le vôtre."

"Vous n'êtes pas libre de le faire ?" demanda Severus avec curiosité.

"Non," répondit Harry. "Cela vous en dirait trop sur moi - et même plus sur ceux qui pourraient être utilisés contre moi."

"Je ne peux pas vous imaginer céder au chantage."

 

"Non," acquiesça Harry lourdement – ce qui signifiait que quiconque de retenu otage pour sa coopération devrait être sauvé. Autrement ils seraient tués - ou pire : torturés et mutilés avant de lui être rendus comme 'une leçon'.

 

"Pour ce que cela vaut," ajouta Harry, "je jure que ma raison de ne pas vous le dire n'est pas un manque de confiance - ce ne sera jamais à cause d’un manque de confiance."

Severus sembla momentanément abasourdi. Alors, d'une voix quelque peu tendue, il dit : "Vous êtes ... imprudent ... d’avoir confiance si facilement, basé sur si peu."

"Peut-être," murmura Harry. "Mais alors, vous oubliez : après ce soir je ne compte pas simplement sur la parole d’autres. Personne de loyal envers Voldemort n’aurait été dans la douleur ce soir. Il ne pouvait pas y avoir de meilleure preuve d’où est votre loyauté."

Les yeux de Severus s’élargirent. "Mage de Guerre," dit-il d’un ton urgent, "Savez-vous si Voldemort sera capable de dire quelle était ma réaction ?"

 

Harry sembla déconcerté. "Non," répondit Harry avec certitude. "Certainement pas. Mais alors, il n'en aurait pas besoin, n'est-ce pas ? Voldemort comprendra bientôt - s'il ne l'a pas déjà fait- l'effet que sa montée de puissance aurait eu sur quiconque portait la Marque. Le fait que vous ne soyez pas devenu fou serait preuve suffisante que vous êtes loyal." Alors Harry rit sous cape. "En fait, vous pourriez même constater qu'il est un peu moins paranoïaque quant aux espions simplement parce qu'il sait ce qui leur serait arrivé."

Severus sembla partiellement soulagé, mais il était évident que quelque chose le dérangeait toujours. Sa question suivante en révéla la cause : "Savez-vous quelle réaction un Mangemort loyal aurait eu ? Je devrai le savoir si quelqu'un me le demande et ce sera plus facile si je ne dois pas l’apprendre de l’un des autres."

Harry sourit d'un air satisfait. "Je ne pense pas que qui que ce soit vous demande cela, en fait. Ce n'est pas le genre de chose dont on parle généralement en public."

Severus leva un sourcil. "Vraiment", dit-il d’un ton incrédule.

 

"Oui. Vraiment," l’imita Harry. "Pensez-y une seconde. Si vous avez ressenti de la douleur parce que vous n'aimez pas Voldemort et sa Marque Sombre, alors quelqu'un qui voulait être un Mangemort sentirait... ?"

"-Du plaisir évidemment," termina Severus. "J'avais réussi à trouver cela par moi-même."

"Désolé," s’excusa Harry. "Je semble vous sous-estimer de nouveau."

"Pas nécessairement une mauvaise chose," lui dit Severus. "-pour moi en fait. Mais... comme j'allais dire, le plaisir peut prendre beaucoup de formes : physique, émotionnelle, et-ou intellectuelle. La douleur que nous avons éprouvée était très semblable à Endoloris, qui est une forme purement mentale de torture. Tout effet physique est secondaire. Ce que je dois savoir est sous quelle forme l'effet agréable s'est manifesté pour les Mangemorts loyaux - et de votre commentaire précédent, je vais supposer que c'était quelque peu embarrassant."

"Ca dépend de ce qui vous embarrasse," répondit Harry avec un sourire. "Mais pour répondre à votre question - le plaisir aurait été une forme purement mentale d'extase." Severus hocha la tête pour indiquer sa compréhension. "-avec des effets secondaires physiques."

 

"Effets secondaires… ?"

"Des effets physiques," confirma Harry. "Comme dans des effets secondaires physiques sexuels." Les deux sourcils de Severus montèrent jusqu’à sa ligne de cheveux. Avec jubilation, Harry ajouta : "Donc vous ne devrez pas même vous inquiéter de simuler les symptômes appropriés!"

Severus resta complètement sans expression un instant. Alors - sans avertir - il fit irruption en un rire hystérique. Il était littéralement plié en deux par sa force tandis qu'un Mage de Guerre choqué le regardait fixement, troublé.

 

"Ce n'était pas *si * drôle que cela!" protesta Harry. "Professeur ? Hé! Rogue, vous allez bien! ?"

Mais Severus continua à rire et en vint même à taper sur l’un des oreillers tout en tenant son estomac.

"Bien, indépendamment de ce que c’est par l'enfer," dit Harry avec exaspération, "si c’est tellement mauditement drôle, alors pour l'amour de Merlin partage!"

 

Une fois que Severus réussit à se calmer un peu, il commença d’une voix tremblante : "vous ... vous ne savez pas ..." et alors il explosa de nouveau de rire.

 

"Oh, c'est ridicule," murmura Harry. Frustré, il se leva et sortit à grands pas de la pièce. Quelques moments plus tard il était de retour avec une petite fiole venant de l’armoire de stockage cassée de Severus. "Buvez cela," ordonna-t-il et ensuite il regarda Severus réussir à engloutir la potion légèrement calmante entre des souffles.

Une fois le Maître de Potion s un peu plus logique, Harry essaya de nouveau. "Maintenant, qu’est ce qui est si mauditement drôle ?"

Severus reprit haleine. "Le père de Drago ..." commença-t-il et ensuite il commença à pouffer de rire.

 

Harry attendit patiemment. "C’est à propos de Lucius Malfoy," dit-il calmement. "Continue..."

"Il ... il ..."

"Oui ?" incita Harry. "Lucius Malfoy quoi ?"

"-organisait un dîner hier soir!" éclata Severus. "Pour cet imbécile de Fudge et ... et..." Severus perdait de nouveau son sérieux. "... et pour moitié des gens les plus importants du maudit Ministère !"

Harry resta assis là avec le même air inexpressif sur son visage que celui que Severus avait montré au commencement. Puis lui aussi se roulait sur le matelas, riant hystériquement à la pensée de Lucius Malfoy -fier défenseur du nom aristocratique et sang-pur Malfoy - gémissant et criant soudain d'extase à la tête de la table du dîner.

"Il a probablement joui pile dans ses pantalons là à la table!" rit Harry.

"Je peux juste voir Narcissa," ajouta Severus avec des larmes se formant dans ses yeux, "devant faire ses excuses..."

"Et l’entraîner de force..."

"... avec une érection rageante..."

 

"... et une tache humide évidente!"

 

Ensemble ils s’effondrèrent de nouveau de rire.

 

----Oo00oo----

 

Quelque temps plus tard après que des muscles douloureux et des corps fatigués ait finalement submergé leur sens du ridicule, les deux hommes se trouvèrent de nouveau dans les bras l’un de l’autre, couchés proches l’un de l’autre tandis que Harry traçait doucement des motifs sur la poitrine et les épaules de Severus. Severus lui-même avait une main entrelacée dans les cheveux de Harry, et il tordait distraitement les mèches épaisses autour d’un long doigt élégant.

Harry s'endormait progressivement. Il remarqua de façon floue que Severus semblait encore être largement éveillé et quelque peu distrait par ce à quoi il pensait. Harry trouva cela légèrement amusant. Etant plus jeune et censément plus vigoreux, c’était lui qui aurait dû avoir plus d'énergie. Et pourtant il était là à dériver vers le sommeil, essayant de se convaincre que c’était seulement parce que Severus avait l'habitude d'être éveillé à toutes les heures de la nuit.

"Ash?"

"Mmm?" Harry adorait le son de la voix de Severus. Riche et lisse, même dans les chuchotements. Il pourrait écouter Severus pendant des heures.

"Vous avez dit que vous ne saviez pas quel sortilège ou rituel Voldemort a utilisé."

"Mm hmm," acquiesça Harry.

"Mais que vous connaissiez les effets secondaires."

"Mmm," acquiesça de nouveau Harry.

Il y eut une pause pensive.

"Vous n'avez jamais dit que vous ne saviez pas ce que les résultats de ce sortilège ou rituel étaient."

Silence.

Quelque part à l'arrière de l'esprit de Harry, une petite voix le félicitait du fait que pas un seul muscle de son corps tout entier ne se soit tendu. Mais malheureusement, pendant la fraction de seconde au cours de laquelle son cerveau était passé d’un état à demi endormi à un état largement éveillé la main qui traçait des motifs sans objet sur la peau chaude de Sev s'était arrêtée de se déplacer. Et elle était encore arrêtée là -- parfaitement immobile -- annonçant son choc de manière flagrante et faisant silencieusement allusion à des secrets coupables.

A côté de lui, Severus leva sa propre main pour couvrir doucement celle que Harry n’avait pas encore bougée.

"Ash" fit la voix parfaitement calme de Sev, "Je ne sais pas quelle sorte de liaisons vous avez eu par le passé mais avec moi il doit y avoir un certain niveau de confiance. Si nous faisons ceci, nous ne partagerons pas seulement quelques simples rendez-vous entre les draps. Une... liaison... entre nous deux impliquerait par sa nature Voldemort, les mangemorts, les Aurors, le Directeur et assez probablement la moitié du monde sorcier. Je vous confierais ma vie -- et les vies de beaucoup d'autres. De même vous me confieriez votre vie en retour -- et peut-être même les vies de vos camarades mages."

Severus s'arrêta alors, caressant doucement le dos de la main capturée de Harry avec son pouce, donnant au Mage de Guerre une chance de commenter, de discuter ses paroles. Mais Harry resta silencieux, reconnaissant leur vérité et attendant la suite.

Après quelques intants Severus continua. "Vous devez aussi considérer que si vous et moi commençons le long de cette route, il n'y aura pas de retour en arrière possible. Vous ne pourrez pas simplement rompre avec moi quand vous vous fatiguerez finalement de ma compagnie. Vous ne pourrez pas simplement glisser au loin et trouver quelqu'un d'autre tout en prétendant être avec moi pour le bénéfice de Voldemort. Il n'y a aucun moyen de savoir combien de temps nous devrons maintenir l’apparence d’être amants. Si vous ne pouvez pas me donner un niveau de confiance qui équilibre les risques -- les obligations que nous aurions tous les deux-- alors nous ne pouvons pas faire cela."

Il y eut une pause brève avant que Harry ne chuchote "Vous êtes si certain que je me fatiguerai de vous…"

"Vous évitez le problème," le réprimanda Severus.

Harry se souleva de la poitrine de l'autre homme afin de regarder le visage de Severus. "Je vous fais confiance," dit-il avec une sincérité évidente. "C'est juste que... si je vous dis le résultat de la folie de ce soir, alors vous pourriez vous comporter différemment -- ou dire quelque chose… et il serait évident que vous devriez l’avoir entendu de quelqu'un ici, parce qu'aucun des partisans de Voldemort n'aura la moindre idée ..." Harry laissa trainer momentanément sa voix puis ajouta prudemment: "Professeur ... Voldemort voudrait savoir pourquoi vous ne lui avez pas dit que ses ennemis savaient ce qu'il a fait -- et ce que cela lui a fait gagner. Y a-t-il une manière pour vous de répondre à cette question sans être exécuté pour cela?"

"Vous essayiez de me protéger?" demanda Severus avec surprise.

"Je... oui," admit Harry . "Mais je jure que j'allais le dire à Albus en tout premier lieu ce matin."

Severus fronça les sourcils. "Ash" dit-il prudemment" tandis que j’apprécie le fait que vous ne voulez pas me voir mort, la méthode que vous avez choisie pour me 'protéger' est à la fois inutile et insultante." Harry cligna des yeux. Ce l’était? Il eut soudain le sentiment déprimant qu'il pouvait venir de rater entièrement quelque chose. Les mots suivants de Severus confirmèrent cela. "Cela a pu vous échapper" continua le maître de potions, "mais autant que je déteste les mensonges, je suis -- par nécessité -- devenu exceptionnellement bon menteur. Et même si j’admets librement avoir une certaine surprise à avoir survécu si longtemps, il est manifestement évident que je suis encore là. Et ce en dépit du fait que je puisse me trahir littéralement de centaines de manières différentes, et ce à un grand nombre de partisans et d’espions du seigneur des ténèbres."

Puis Severus regarda ostensiblement Harry et ajouta: "Rien de tout cela n'a quoi que ce soit à faire avec vous."

Harry sentit son estomac se serrer. La description brusque que Severus faisait du danger constant qui l'entourait n'était pas très rassurante. Mais cela soulignait combien la raison de Harry pour retenir des informations était vraiment 'inutile.' Cela n’importait pas vraiment s'il disait à Severus ce que Voldemort avait fait. Le maître de potions cachait déjà tant de secrets qu’un de plus ne ferait guère de différence. Et pour 'l'insulte'... eh bien, ses commentaires avaient en quelque sorte impliqué que Severus n'était pas un espion très compétent -- ce qui était faux de manière flagrante, et était certainement une insulte à ses capacités.

Avec le recul, Harry décida que son désir de protéger Severus en le laissant dans l'ignorance était partiquement une réaction instinctive qui avait peu ou pas de raisonnement derrière elle.

Il se donnait donnait encore mentalement un coup de pied quand le maître de potions le surprit encore en ajoutant brusquement: "Il me vient à l'idée qu'il peut y avoir une autre raison pour laquelle vous ne voulez pas me dire ce qui s'est produit." Alors il resta silencieux un moment avant d’admettre à contrecoeur: "Nous savons tous les deux que si Voldemort se rendait compte que j'étais un traître, il n'hésiterait pas à utiliser du Veritaserum sur moi -- et que à la fin, de bonne volonté ou pas, je lui dirais tout." Que le seigneur sombre utiliserait aussi la torture était laissé tacite et compris entre eux. "A cause de ce risque," continua Severus , "Je comprends qu'on doive quelquefois me cacher des secrets. Même Albus ne me dit pas tout. Il me dit autant qu'il peut, mais il ne peut pas se permettre d'être complètement ouvert avec moi quand il sait exactement combien précaire ma position est vraiment ." Ensuite Severus ajouta: "Si vous considérez qu’il est trop dangereux que je sache ce que Voldemort a gagné, alors je suis disposé à admettre votre jugement sur ce problème. Mais si ce n'est pas le cas, alors s'il vous plaît n’essayez pas de le déguiser en sorte de souci absurde pour mon bien-être."

Il aurait été si facile pour Harry de couvrir son accès momentané d'inconscience en clamant que le raisonnement de Severus était le sien. Mais cela n'était pas vrai et tandis que son côté Serpentard n'avait aucun problème à mentir pour un but plus haut, ses sensibilités de Gryffondor protestaient contre ce mensonge particulier comme étant à la fois petit et égoiste.

"Professeur," soupira Harry, avec l'intention de tout avouer, "le résultat de ce que Voldemort a fait il y a quelques heures n'est pas quelque chose que vous pouvez trahir. En tant que celui qui l’a fait, Voldemort sait déjà ce qui s'est produit. Et quant au fait de lui dire comment vous le saviez -- que pourriez-vous dire qui lui soit d'une quelconque utilité? 'Le Mage de Guerre Ash a reconnu les effets secondaires?' Cela veut-il dire que quelqu'un m'en a parlé; que j'ai lu quelque chose à ce sujet quelque part; ou que j'en ai fait l'expérience moi-même par le passé?" Harry soupira de nouveau. "J'en ai peur, j’essayais vraiment simplement de vous protéger -- aussi stupide que cela puisse sembler tout de suite."

Il y eut un silence -- curieusement neutre comme si Severus essayait de décider ce qu’il ressentait au sujet de l'admission de Harry. Enfin, il dit finalement : "Dans ce cas-là, je ne crois pas que vous ayez le droit de retenir ces informations." Le maître des potions n'avait pas l’air furieux -- plutôt... déçu... ce qui faisait seulement Harry se sentir pire. "Ash," continua sérieusment Severus, "Je suis un homme adulte -- ma sécurité est ma responsabilité. Combien je choisis de risquer est simplement cela: Mon choix -- et ma décision. Naturellement, je ne veux pas mourir, et je ne vais certainement pas refuser une aide que je peux recevoir, mais le mot 'aide' implique que j’ai voix au chapitre dans la décision. Il y a déjà trop de personnes dans ma vie qui croient qu'elles ont le droit de prendre des décisions pour moi. Je n’ai pas envie d’en ajouter une autre."

Maintenant Harry se sentait vraiment coupable. Si leurs situations étaient inversées, il savait qu'il sentirait de beaucoup la même chose. Et même si Severus ne l'avait pas dit avec ces mots, c’ était vraiment une question de confiance. Harry devait croire que son maître de potions chéri n'allait pas se mettre en danger sans une sacrément bonne raison. Harry devait aussi croire Severus quand il disait qu’il savait ce qu'il faisait. Et si Harry admettait la vérité, alors il était forcé d’admettre que sa peur n'était -- du moins en partie – qu’une chose purement égoïste. Il était effrayé de pouvoir perdre Severus – effrayé que le Mangemort devenu espion risque des choses que Harry pensait qu’il ne devrait pas, simplement parce que l'autre homme donnait trop peu de valeur à sa propre vie.

Mais Harry ne pouvait pas justifier quoi que ce soit de cela comme une raison pour cacher la dernière horreur de Voldemort à l'autre homme. S'il essayait, alors il éloignerait seulement le maître de potions. Alors au lieu de cela, il répondit simplement: "Vous avez raison. Et je m'excuse. Je ne ... n’étais simplement pas rationnel."

Severus fit un bref bruit d'amusement. "Au moins vous admettez que vous aviez tort," dit-il. "C'est plus que ce que je reçois habituellement."

Harry fronça un peu les sourcils. "Vous savez, pour quelqu'un que je viens d’insulter et de rabaisser – même si accidentellement -- vous ne semblez pas très fâché."

Il y eut un petit silence.

"Il est tout juste possible" commença calmement Severus, "que vous vous souciez vraiment que je vive ou que je meure. Cela n'excuse pas votre raisonnement, mais... cela aide."

Harry se sentit quelque peu soulagé. Severus n'était pas en général du genre à pardonner mais de temps en temps il pouvait être convaincu ... d’ignorer ... certaines choses – à condition bien sûr, que la stupidité originale ne soit pas répétée.

"Vous ne m’avez pas encore dit ce que Voldemort a gagné depuis ce soir," lui rappela soudain Severus.

 

Harry se sentait curieusement réticent à admettre ce qui s'était produit tout haut. Maintenant cependant, il n'était pas sûr de savoir si c’était pour l’intérêt de Severus ou le sien. "Le résultat était... assez terrible," dit-il doucement. "Beaucoup considéreraient l'ignorance comme une bonté. Etes-vous sûr?"

"Je n'ai jamais considéré l'ignorance comme une bonté," répondit Severus avec précaution.

Harry ferma les yeux et abaissa doucement sa joue sur la poitrine de Severus. "Non," chuchota-t-il "Je ne supposerais pas cela." Ensuite il prononça les mots qui rendaient cela beaucoup trop réel…

"Il est devenu Mage d’Ame."

 

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