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Chapitre 18 : Conséquences (suite 1)

Chapitre 18, suite et fin

La pâle lumière du petit-matin s'écoulait par les hautes fenêtres enchâssées dans la pierre. Du verre brisé, de la poussière et des morceaux de papier polluaient les pièces vides du bâtiment abandonné. En dessous du haut plafond voûté, un grand cercle avait été inscrit sur le sol de pierre froid, et dans ce cercle, un pentacle calciné entourait un grand tas de cendre noire. La cendre et le pentacle se désintégraient tous les deux lentement en fine poudre là où la faible lumière du soleil les touchait.

A dix points précisément équirépartis autour du bord du cercle, dix corps drapés de noir gisaient immobiles dans l'air frais du matin.

Jusqu'à ce que l'un d'entre eux bouge.

Faiblement, Voldemort essaya de s'asseoir. Mais son corps ressuscité refusa de lui obéir. La douleur et les convulsions incontrôlables résultantes étaient un peu frustrantes, mais au moins il n'y avait personne alentours pour observer sa faiblesse momentanée.

Ou plus exactement, remarqua-t-il, personne de *capable* de l'observer. Les autres corps autour du cercle n'avaient toujours pas bougé.

Mais alors, il ne s'était pas vraiment attendu à ce qu'ils le fassent.

Le Seigneur des Ténèbres attendit patiemment que le pire des spasmes de ses muscles passe avant de rouler précautionneusement pour se retourner et de se traîner loin du cercle vers la tribune rehaussée au fond du hall principal du bâtiment. Il était couvert de terre et de saleté quand il l'atteint, mais il ignora l'humiliation d'être forcé à ramper comme un insecte pour atteindre la sacoche brune et simple qui était posée tout près.

Avec un sentiment mineur de satisfaction, Voldemort tira le sac à lui. Quelques secondes plus tard, il avalait une potion de guérison très forte, qu'il fit rapidement suivre par une potion de restauration et une petite potion de Pimentine. Il décida de laisser les autres fioles et bouteilles jusqu'à ce qu'il se sente mieux capable de juger son état général de santé.

Satisfait d'attendre pendant que son corps et sa magie récupéraient, Voldemort tourna alors son attention vers les restes du travail de sortilèges d'hier soir. Comme il considérait froidement le pentacle en décomposition et ses corps associés, il se félicita silencieusement pour avoir complété avec succès un des rites les plus interdits et oubliés de l'histoire de sorcellerie. Même Salazar Serpentard en avait interdit toute connaissance dans sa Maison.

Mais pas pour ses descendants.

La première fois que Voldemort avait vu des références au rite, il avait été en train de lire des fragments du journal personnel de Serpentard. Il n'en était pas vraiment resté beaucoup -- c'étaient surtout juste des fragments de parchemin s'émiettant après tout ce temps. Mais sur un de ces fragments, l'illustre ancêtre de Voldemort avait ordonné à tous ses descendants d'apprendre par coeur une liste particulière de sortilèges et d'en détruire toute autre référence écrite -- de même que de faire oublier toute histoire orale n'importe où ou quand ses descendants pourraient tomber dessus. Dans les cas extrêmes, où « Oubliettes » ne pourrait pas être utilisé, Salazar avait en fait fait appel à ses descendants pour tuer qui que ce soit qui sache pour ces sortilèges.

Inutile de le dire, de tels ordres avaient rendu Voldemort extrêmement curieux.

Après une recherche soigneuse dans chaque fragment des écritures de Serpentard sur lesquelles il pouvait poser ses mains, Voldemort réussit finalement à rassembler la raison derrière les ordres particuliers de son ancêtre. Apparemment les sortilèges pouvaient être utilisés comme partie d'un rituel qui appelait quelque chose d'assez puissant et d'incroyablement dangereux.

Sous des circonstances normales, Salazar Serpentard aurait protégé une telle ressource de valeur en en gardant toute connaissance bien cachée en sécurité pour son avantage personnel. Mais dans ce cas unique, Serpentard avait découvert que le pouvoir appelé par les sortilèges était complètement impossible à contrôler. Et pour empirer les choses, il s'était aussi rendu compte que dans les mains d'un incompétent, même *tenter* le rituel pourrait bien causer des dévastations à grande échelle.

Ainsi, avec aucun gain potentiel et la haute probabilité d'un désastre complet, l'ancêtre de Voldemort avait décidé d'enlever toute connaissance du rituel et de ses sortilèges composants du monde des sorciers.

Mais bien sûr, même du temps de Salazar, le monde des sorciers était un très grand endroit, et bien que le savoir et le pouvoir de Serpentard fussent célèbres au travers des îles britanniques et de l'Europe, sa sphère d'influence ne s'était jamais étendue bien au-delà de cela. Qui plus est, quand il avait commencé à chercher toute mention des sortilèges interdits, il y avait plusieurs sorciers et sorcières persécutés qui avaient pris la décision de se cacher loin de tout le monde -- y compris le reste du monde des sorciers. Ainsi, il y avait pleins de peuplades sorcières dans les autres parties du monde qui n'avaient même jamais entendu le nom « Salazar Serpentard », et plus que quelques individus et leurs familles qui connaissaient très bien le nom mais étaient soit « manquants » ou « présumés morts » avant qu'il ait commencés à les chercher.

Finalement, le monde des sorciers était simplement trop grand et trop dispersé pour que Serpentard fasse appliquer sa décision avec succès -- ce qui signifiait qu'il y avait encore plein d'endroits à chercher pour Voldemort dans sa quête pour redécouvrir les sortilèges et le rite.

Et il les avait redécouverts.

Cela lui prit plusieurs années pour reconstruire le rituel entier, mais Voldemort n'avait pas été dans une hâte particulière. Même s'il n'était pas normalement un homme très patient, le Seigneur des Ténèbres se rendit bientôt compte que le temps et l'indifférence avaient bien failli réussir là où son ancêtre avait échoué. Il ne restait presque plus rien -- écrit ou oral -- des sortilèges ou du rite qu'il cherchait. Après tout, pourquoi quelqu'un prendrait-il la peine de garder précieusement quelque chose qui ne donnait aucune récompense et avait, en fait, de très grandes chances de vous tuer si vous tentiez de l'utiliser ? Quand il *réussissait* finalement à trouver une page déchirée ou quelques mots d'encre pâlie, Voldemort découvrait immanquablement que le livre ou rouleau de parchemin pourrissant contenait aussi d'autres sortilèges qui étaient extrêmement plus utiles que ceux qu'il cherchait.

Bien sûr, l'autre raison pour son attitude relâchée était que, pour une fois, personne n'essayait de l'empêcher d'atteindre ce qu'il voulait. Personne n'essayait de le battre de vitesse. Personne n'essayait de garder cela pour eux-mêmes. Personne n'essayait même de détruire les sortilèges qu'il voulait trouver. En bref, personne sauf lui n'était le moins du monde intéressé par le rituel qu'il essayait de reconstruire.

En effet, Voldemort était seulement intéressé parce que la Magie Sombre l'avait toujours fasciné, et parce qu'il y avait une petite chance qu'une partie de la théorie derrière les sortilèges puisse être utilisée ailleurs, de façons que Salazar Serpentard puisse ne pas avoir considérées. Après tout, il y avait eu beaucoup d'avancées dans la théorie magique depuis le temps de Serpentard, et même si certains pouvaient dire que plus avait été perdu que gagné, il était quand même vrai qu'une sorcière ou un sorcier moderne ne considéraient pas leur magie avec les mêmes connotations superstitieuses qui avaient été autrefois communes.

Mais pendant que Voldemort *espérait* qu'une approche plus moderne de la magie puisse produire de nouvelles révélations pour les sortilèges interdits, il ne s'y *attendait* pas du tout. Après tout, il était bien connu qu'aucun des Fondateurs de Poudlard n'avait placé beaucoup de foi dans la superstition. Le simple fait qu'ils aient fondé une école où la magie n'était pas seulement enseignée, mais aussi étudiée en était la preuve. Et Serpentard lui-même n'avait jamais été quelqu'un qui plaçait beaucoup de foi dans quoi que ce soit qu'il ne pouvait pas vérifier personnellement. Donc il y avait peu de chance que cet ancêtre de Voldemort n'ait pas étudié le rite dans un détail rigoureux.

Pourtant, la possibilité restait -- et la curiosité de Voldemort aussi -- jusqu'à ce que finalement les sortilèges et le rituel soient complètement réassemblés.

En cours de route, l'étude détaillée que Voldemort avait faite sur chaque composant magique lui avait permis de graduellement recomposer le puzzle de ce que le rite entier ferait vraiment -- et plus précisément, *pourquoi* c'était si dangereux.

Ce qu'il avait découvert était qu'une fois que le rite était commencé, il n'y avait que quatre issues possibles dont trois qui avaient pour résultat la mort.

Le scénario le plus probable impliquait un sorcier ou une sorcière qui loupait les sortilèges plutôt compliqués et perdait le contrôle de la magie qu'il essayait d'invoquer. Quand les charme-structure soigneusement construits s'effondraient, ils le faisaient presque instantanément et le surgissement résultant de pouvoir non contenu se déversait alors à nouveau dans corps du jeteur de sort, le faisant frire en une chips noircie en quelques secondes.

Les écritures de Serpentard indiquaient qu'il trouvait que ceci était l'issue la plus désirable puisque le jeteur de sort n'allait pas suffisamment loin dans le rite pour que ce soit dangereux, et il ne pourrait certainement plus transmettre ce qu'il savait à qui que ce soit d'autre. Etant donné que le genre de personnes qui tentaient une telle magie Sombre n'avaient pas d'habitude le penchant de partager quoi que ce soit avec qui que ce soit ou de laisser des notes détaillées traîner alentours -- Voldemort sentait que ce n'était pas une supposition déraisonnable de la part de son ancêtre.

L'issue la plus probable suivante était que le jeteur de sort réussisse en fait à compléter la première partie du rituel, mais ne soit pas assez puissant pour maintenir les sortilèges de garde une fois que le pouvoir qu'ils avaient appelé soit arrivé. De façon intéressante, Voldemort trouva deux références séparées à ce scénario, et les deux utilisaient le mot « consommé » en se référant au sort de celui qui appelait après que les protections soient tombées. Ceci mena le Seigneur des Ténèbres à se demander si les écrivains parlaient d'être « consommé » par la magie, ou si le pouvoir appelé était en fait une espèce de créature qui mangeait des sorciers.

Mais quoi que ce fut, c'était très certainement fatal. Ceci était confirmé par le fait qu'une fois l'appelant « consommé », leur mort relâchait le dernier reste de leur magie dans les sortilèges, complétant de cette façon le rite et bannissant à nouveau la chose là d'où elle venait.

Voldemort avait été amusé par le fait que les sortilèges étaient *conçu* pour se compléter si l'appelant mourait. Les sortilèges Sombres modernes n'avaient certainement pas d'avertissement inclus dans la construction de ce que pourrait vous arriver si vous essayiez de les utiliser. Pour une magie qui était si véritablement Sombre, le rite lui-même était presque... poli.

Et puis, bien sûr, il y avait le scénario du pire cas.

Cette issue était la raison pour laquelle Salazar Serpentard ne considérait pas que le deuxième scénario soit presque aussi désirable que le premier car tandis que la première solution était sûre pour tout le monde sauf le jeteur de sort, la seconde était à seulement un cheveu du désastre total.

La différence se tenait dans le moment exact où le jeteur de sort se rendait compte qu'il n'avait pas assez de pouvoir pour alimenter les sortilèges de protection. Et cette erreur n'était pas dure à faire puisque les sortilèges n'avaient pas besoin de beaucoup de pouvoir pour s'établir. Ils ne prenaient même pas beaucoup d'efforts à maintenir c'est-à-dire, jusqu'à ce qu'ils soient placés sous la tension de contenir quoi que ce soit que le rite appelle. Après cela... eh bien, si *vous* n'étiez pas assez puissant, alors les protections non plus.

La plupart des gens qui tentaient le rituel ne se rendaient pas compte qu'ils avaient des ennuis avant que ce soit trop tard. S'ils manquaient de force magique, alors il n'y avait simplement pas assez de temps avant que les protections tombent pour exécuter l'incantation et le mouvement de baguette précis qui termineraient le rituel sans accident. Mais puisque ces sorciers et sorcières malheureux ne *savaient* pas qu'il n'y avait pas assez de temps -- et avaient sans aucun doute pratiqué la fin du rituel jusqu'à ce qu'ils puissent le faire dans leur sommeil -- la plupart d'entre eux allaient de l'avant et essayaient de toute façon, et alors étaient « consommés » une fois les protections tombées.

Le scénario de pire cas arrivait quand l'appelant n'essayait *pas* de terminer le rite. Quand ils étaient confrontés avec le cauchemar qu'ils avaient appelé, et avec la réalité de leurs mauvais sortilèges de protection, il y avait une possibilité très réelle qu'une sorcière ou un sorcier puisse paniquer et oublier ce qu'ils faisaient. Ceci garantissait pratiquement que le jeteur de sort s'enfuyait apparaissant au loin pour sauver sa propre vie et laissant le rituel incomplet. Cela laissait la chose qu'ils avaient appelée en liberté et sans entraves à faire tout ce qu'elle avait envie de faire.

Et ce qu'elle aimait était de « consommer » des choses.

C'était à ce point que Voldemort avait eu la chance de trouver par hasard des rapports si vieux qu'ils n'étaient pas beaucoup plus que des mythes et des histoires racontées de parent à enfant dans les parties éloignées de la communauté de sorcellerie du nord de l'Europe. Et ce que ces histoires décrivaient disait exactement au Seigneur des Ténèbres ce que cet intriguant mot « consommé » voulait vraiment dire.

Il se trouvait que le rite appelait *vraiment* une créature de quelque genre -- et cette créature mangeait, en fait, véritablement des sorciers.

Littéralement.

Bien que pas très souvent.

Pour la plupart, la créature appelée semblait subsister par l'énergie de vie elle-même. Elle devait simplement s'emparer d'une chose vivante afin d'en drainer la force de vie. Animaux, plantes, moldus, sorciers le quoi n'avait pas d'importance, tant que c'était vivant. Dans les histoires que Voldemort nota, même l'herbe flétrissait et mourait quand cette chose horrible passait.

Pour Voldemort, ceci était à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle.

La bonne nouvelle était que cette force de vie n'était pas magique. Ceci était évident simplement parce que les choses comme les tableaux et la poudre de Cheminette pouvaient être magiques, mais ne seraient jamais « vivants », peu importe combien on déversait de magie dedans. Et cela signifiait que la créature était très peu probablement elle-même magique, ce qui en passant expliquait pourquoi la magie pouvait être utilisée pour l'appeler et l'emprisonner.

La mauvaise nouvelle était que les êtres magiques avaient plus de force de vie que les non-magiques. Il y avait même quelques débats pour savoir si la magie était la cause qu'un sorcier ait plus de force de vie -- et ainsi une durée de vie plus longue que les moldus ou bien si le fait d'être né avec plus de force de vie était ce qui faisait de vous un sorcier. Quoi qu'il en soit, sans tenir compte de qui avait raison, la force de vie et la magie semblaient aller main-dans-la-main, ce qui expliquait pourquoi la créature avait tendance à rejeter le monde des moldus en faveur de pourchasser des êtres magiques puissants et à vie longue tels que licornes et les basilics.

Malheureusement, les licornes et les basilics étaient très rares.

De beaucoup, les êtres magiques de pouvoir significatif les plus communs étaient les sorciers et sorcières -- et si la créature appelée réussissait à tomber sur un large nombre d'entre eux à la fois, elle entrait selon certaines sources dans un genre de frénésie d'alimentation.

C'était à ce moment là qu'il s'emportait de temps en temps et commençait à mastiquer ses victimes.

Mais peu importe le nombre qu'il tuait, la monstruosité appelée n'était jamais satisfaite. Elle se déplacerait inévitablement vers la prochaine chose vivante qu'elle pourrait obtenir. Et elle *continuerait* à se déplacer jusqu'à ce qu'elle rencontre finalement celui qui l'avait appelée, à quel point la mort de l'appelant bannirait la créature. Mais jusqu' à ce que cela arrive, elle continuerait à se déchaîner à travers le monde magique, laissant une bande de terre morte dans son sillage.

Et donc le scénario du pire cas laisserait finalement une créature incontrôlablement destructrice et extrêmement puissante libre d'exercer une dévastation totale -- surtout sur le monde des sorciers.

Pas une issue désirable du tout, vraiment , s'était dit Voldemort quand il avait finalement compris toutes les ramifications de cela. Pas étonnant que Salazar n'ait pas voulu que quelques incompétents mettent les mains sur ce rituel. Bien sûr, Voldemort n'eut jamais l'idée qu'une telle issue puisse s'appliquer à *lui*.

A la place, Voldemort supposa que la quatrième issue dont Salazar Serpentard lui-même avait fait l'expérience -- serait naturellement celle dont il aurait aussi l'expérience. C'était le scénario que son ancêtre avait décrit comme le *moins* probable, et c'était aussi le seul qui n'avait pas pour résultat la mort du jeteur de sort.

Serpentard avait exécuté le rite dans son entier -- survivant à l'épreuve sans permettre à la créature de l'attaquer, ou d'échapper à son contrôle. Mais de ses notes, Voldemort compris que son ancêtre n'avait pas du tout été confiant de survivre à une deuxième tentative. En fait, il paraissait que Serpentard avait été un peu éprouvé par sa rencontre avec quoi que ce fut qu'il ait appelé, et Voldemort avait contemplé l'écriture pâlie pendant un temps très long après avoir lu le récit que cet homme en faisait.

Les mots habituellement précis et expressifs de Serpentard lui avaient fait défaut. Le texte sur le parchemin ancien avait été irrégulier et disjoint. Même la forme des lettres était insolite -- apparaissant saccadée et difforme, comme si la plume d'oie avait tremblé dans la main de Serpentard...

Les derniers mots de Salazar Serpentard concernant le rituel étaient venus sous la forme d'un conseil pour ses descendants. Il avait écrit tout à fait simplement : « Ne tentez pas ces sortilèges. Le risque de mort est grand et il n'y a rien -- aucun pouvoir, aucun avantage qui puisse probablement en être gagné. »

Mais Serpentard avait eu tort.

Pour Voldemort, il y avait eu quelque chose de *très* utile à gagner...

... la chance d'étudier un être qui selon le propre récit de Serpentard -- était immunisé contre une grande variété de potions et de sortilèges --

-- Incluant « Avada Kedavra ».



Il y avait, bien sûr, des problèmes à surmonter en exécutant le rite.

Pour commencer, les protections exigeraient beaucoup de puissance une fois la créature apparue. Normalement, cette puissance devait venir d'une seul sorcière ou d'un seul sorcier simplement parce que tous les sortilèges devaient être codés par la même signature magique. Salazar Serpentard avait pu soutenir les protections pendant seulement une heure avant de s'être épuisé et d'avoir terminé le rituel. Si Voldemort voulait observer et tester la créature pendant une période de temps significative, alors il devait trouver une façon de nourrir les protections en pouvoir sans se drainer lui-même.

Heureusement, Voldemort -- contrairement à son ancêtre -- avait assez de serviteurs qui étaient magiquement liés à lui par la Marque Sombre. Avec un peu de préparation, le rituel lui permettrait d'augmenter ce lien au point où il pourrait siphonner le pouvoir de quelques serviteurs soigneusement choisis et alors le filtrer par son propre corps. Pour les sortilèges du rituels, il semblerait que la magie soit simplement une extension de son propre pouvoir. *Leur* pouvoir, agissant comme s'il était le sien, pourrait alors alimenter les sortilèges de protection. Tout ce que Voldemort avait à faire après cela était de déterminer *combien* de Mangemorts il pourrait utiliser sans interrompre les fluxs de pouvoir.

Finalement, il avait choisi dix comme le nombre optimal -- lui et neuf autres.

Eux, bien sûr, avaient été enthousiastes pour l'aider -- espérant probablement que leur Seigneur les récompenserait de leurs efforts. Il ne leur traversa jamais l'esprit qu'ils avaient été choisis parce qu'ils étaient trop inexpérimentés, ou juste trop stupides, pour être de tout autre usage pour lui.

Cependant , se dit distraitement Voldemort, ils ont réussi à bien me servir à la fin.

Regardant plus loin les neuf corps couchés dans leur cercle parfait, Voldemort remarqua de manière absente comme la scène avait l'air paisible. Le calme du tout début matin était d'un très grand contraste avec la violence rugissante qui avait fait rage dans les sortilèges de protection à peine quelques heures auparavant. Il était dur de croire combien la magie avait brillé et scintillé fortement -- éclaboussant des couleurs sinistres sur les murs comme des ombres étrangement inversées. Des coups fantastiques avaient plu sur la barrière magique, mais avec le pouvoir de neuf sorciers derrière elles, les protections avaient tenu bon.

Dommage que les sorciers eux-mêmes ne s'en soit pas tout à fait aussi bien sortis.

Avec autant de pouvoir alimentant les protections, chaque moment où la créature *n'était pas* en train de les marteler causait un rebond magique qui revenait en pointe vers le jeteur de sort d'où il provenait. Voldemort, en retour, détournait promptement le pouvoir supplémentaire vers ses serviteurs. Cela signifiait que ses Mangemorts étaient alternativement drainés puis chargés de magie qui avait été filtrée par le Seigneur des Ténèbres et ne correspondait plus vraiment à leurs propres signatures magiques.

Ce n'était pas une surprise que leurs corps n'aient pas bien supporté la tension ce qui inquiétait peu Voldemort puisque les dommages n'étaient pas immédiatement fatals, et qu'ils tiendraient quand même assez longtemps pour servir leur but. Le sort de neuf serviteurs n'était rien comparé à l'occasion d'étudier une créature si fascinante et uniquement puissante.

Voldemort avait examiné la chose qu'il avait appelée pendant des heures. Avec un détail méticuleux il avait lancé dessus sort après sort. Même la plupart des guérisseurs ne pouvaient pas exécuter certains des charmes de diagnostic à haut niveau qu'il avait utilisés. Et ce qu'il avait découvert l'avait étonné.

La créature était radicalement différente de tout ce que Voldemort avait jamais croisé auparavant. Son existence-même était un affront à tout ce qu'il avait appris au sujet des êtres vivants. Son sang si cela pouvait être appelé comme cela -- était formé de produits chimiques étranges, et il ne pouvait pas identifier certains d'entre eux. La « tête » contenait bien trop d'yeux, et il soupçonnait assez qu'ils voyaient des choses qu'aucun humain ne verrait jamais. Ses membres se courbaient avec des angles anormaux, et il ne pouvait pas localiser d'organe qui puisse être de façon concevable son coeur. Il n'avait pas osé essayer quoi que ce soit du genre « Legilimens » dessus. Personne n'aurait pu dire ce qui pouvait passer pour un esprit dans un corps si grotesque.

Pas étonnant que la plupart de la magie soit sans effet contre elle -- la créature était simplement trop différente pour prédire l'effet que des sortilèges « normaux » pourraient avoir dessus.

Pour Voldemort ceci était une découverte décourageante. Il avait espéré trouver quelque chose qu'il pourrait utiliser pour changer son propre corps, et de cette façon mimer l'immunité de la créature aux attaques magiques. Mais cela n'était évidemment pas possible. Il ne pouvait pas s'imaginer comment il commencerait même à faire des changements si radicaux, sans parler de savoir s'il *pouvait* vraiment le faire sans se tuer.

Cependant, tout n'était peut-être pas perdu. Il y avait toujours la capacité unique de cette créature à drainer la force de vie des choses vivantes. Ceci était intéressant parce que même si le Sortilège de Mort pouvait détruire la force de vie de quelque chose, il ne pouvait pas vraiment la drainer et en prendre possession. Peut-être, pensa Voldemort, qu'il y a une façon de voler la vie-même de mes ennemis et de l'utiliser pour moi.

Et donc, le Seigneur des Ténèbres avait continué son étude, se fixant cette fois sur la façon dont le corps de la créature utilisait la force de vie comparée à la façon avec laquelle un corps humain l'utilisait. Bien sûr, pour retirer le plus d'informations d'une telle recherche, il avait besoin d'un sujet de comparaison -- préférablement un sujet non-magique puisque la créature elle-même était aussi non-magique. Heureusement, cela avait toujours été dans son intention que d'observer la créature se nourrir, donc Voldemort avait déjà un moldu inconscient qu'il pourrait utiliser pour ce but.

Au début, il avait simplement suspendu le moldu dans l'air hors des protections. Ceci lui avait permis de lancer des sorts sur le moldu et la créature pendant qu'ils étaient pratiquement côte à côte. En effet, en tendant le bras à travers les protections, il pouvait même lancer un seul sort sur les deux, lui permettant de faire une analyse détaillée des différences entre eux.

Et quelque part au milieu de ses études, le Seigneur des Ténèbres avait remarqué quelque chose de très intéressant.

Le moldu -- qui était en fait en assez bonne forme puisque Voldemort l'avait enlevé seulement hier -- semblait avoir quelque chose... d'entrelacé... avec sa force de vie. Ce n'était pas grand chose -- en fait c'était à peine là du tout. Même en utilisant les sortilèges de diagnostic et d'analyse les plus avancés du monde, Voldemort lui-même ne l'avait remarqué que parce qu'il n'était *pas* présent dans la force de vie de la créature.

Après plus ample comparaison, le Seigneur des Ténèbres avait découvert que chacun de ses Mangemorts avait aussi le même 'quelque chose' d'enchevêtré dans leurs forces de vie. Cependant, dans le cas de ses serviteurs, leur magie était aussi enchevêtrée dans et autour de leur force de vie, rendant encore plus dur à détecter la présence mystérieusement faible.

L'indice suivant qu'obtint le Seigneur des Ténèbres quand à ce que ce 'quelque chose' pourrait être vint quand il lança plusieurs sorts spécialisés sur son propre corps et découvrit que, tandis que sa propre force de vie était maintenant quelque peu différente de celle de ses serviteurs -- probablement à la suite de sa résurrection -- lui, aussi, avait ce même 'quelque chose' à l'intérieur de lui.

Et alors, avec un éclair soudain de compréhension, Voldemort se souvint de sa précédente et très haïe existence en tant qu'esprit désincarné.

Après que ce fichu Potter ait reflété son Sortilège de Mort, le Seigneur des Ténèbres avait été réduit à presque rien -- s'accrochant au minimum absolu d'existence. Ainsi, il avait été intensément conscient de tout ce qui lui restait de tout ce qu'il était -- et de combien il était déterminé de ne rien perdre de plus de lui-même. Mais c'était cette sensation intense de « soi » - - d'être séparé des restes en lambeaux de sa magie et de sa force de vie -- qui le frappait maintenant avec tant de force.

Dans une précipitation de compréhension et d'étonnement vertigineux, le Seigneur des Ténèbres réalisa soudain qu'il se pouvait qu'il vienne juste de découvrir la manifestation physique de sa propre âme !

Son *âme* -- pas sa magie, et certainement pas sa force de vie ! Mais plutôt, quelque chose de si faible et de si entrelacé avec les deux autres que s'il n'y avait pas eu ce *manque* de cela dans cette créature -- il ne se serait jamais rendu compte que c'était là.

Bien sûr le test final vint quand Voldemort passa le moldu inconscient au travers des sortilèges de protection.

L'expérience était simplifiée par le fait que les deux sujets étaient non-magiques, mais même ainsi, il était difficile de détecter exactement ce qui arrivait. Au début, la créature sembla absorber à la fois la vie du moldu *et* ce qui était très probablement son âme. De l'avis de Voldemort, ce processus seul méritait une étude extensive, mais ce qu'il avait surtout trouvé intéressant était que tandis que la créature métabolisait facilement la force de vie du moldu, elle ne pouvait pas s'accrocher à « l'âme ». Au contraire, cette substance insaisissable, délicate, comme une étoffe très légère fut libérée des brins entrelacés de la force de vie, et dériva au loin entière et intacte.

Puis elle disparut simplement.

Où est-ce allé ? Se demanda Voldemort. Il était possible -- même probable -- que ses sortilèges ne pouvaient pas détecter une présence si faible une fois qu'elle n'était plus ancrée à la vie. Ou peut-être est-ce que cela s'est simplement.... « dissout » ou quelque chose du genre, pensa-t-il avec curiosité. Mais il n'y avait pas moyen de le dire puisqu'il n'avait pas d'autre moldu sous la main, et que ses Mangemorts étaient en ce moment impliqués dans le rituel. Il se maudit rondement de ne pas avoir amené plus de moldus.

Malheureusement, sans d'autres sujets de test à lancer à la créature, il n'y avait pas grand chose d'autre que Voldemort puisse apprendre d'elle. Il avait déjà exécuté toutes les expériences et sortilèges qu'il avait eu l'intention d'utiliser, et même s'il aurait aimé la chance d'en essayer quelques uns de plus, ses serviteurs liés commençaient à avoir l'air un peu... peu fiables. Alors il décida sagement de terminer le rituel, et de bannir la créature à l'endroit d'où elle venait.

Avec confiance, Voldemort éleva sa baguette et lança le sort final. La créature disparut tout comme le dernier mot franchissait ses lèvres, et -- comme prévu -- le pouvoir supplémentaire des sortilèges de protection commença à se déverser à nouveau dans son corps.

Le flux de pouvoir était lisse et régulier, et Voldemort détourna facilement à nouveau l'excès de magie vers ses serviteurs. Dans quelques instants -- une fois les sortilèges de protection drainés de retour à leur niveau de base -- les dernières quelques syllabes du sortilège déclencheraient le démontage prudent et systématique des protections, et le rite serait accompli.

Comme la créature était déjà partie, la partie dangereuse du rituel était terminée, et Voldemort considérait déjà comment il pourrait utiliser ses connaissances nouvellement-trouvées sur les âmes si *c'étaient* les âmes -- à son avantage. S'il pouvait d'une manière ou d'une autre gagner le contrôle de cette chose légère -- ou la manipuler d'une manière ou d'une autre...

Avec de telles possibilités passionnantes devant lui, il n'était pas surprenant que Voldemort faisait à peine attention quand les sortilèges de protections s'effondrèrent soudainement et catastrophiquement.

Instantanément *tout* leur pouvoir restant le frappa comme une masse.

Trop tard, Voldemort se rendit compte qu'en utilisant le rituel pour améliorer le lien entre lui et ses serviteurs, il n'avait *pas*, comme il l'avait pensé, trompé les sorts pour qu'ils acceptent qu'il était un seul sorcier anormalement-puissant. Plutôt, il avait créé une situation où les sorts avaient cru qu'il était un sorcier avec dix corps !

Etablir les protections n'avait pas été un problème puisque Voldemort les avait lui-même construites. Cette partie du rituel exigeait plus de compétence que de pouvoir, et la magie qu'il avait utilisée pour améliorer le lien avec ses serviteurs ne pouvait pas être exécutée jusqu'à *après* que les structures de sorts fondamentales soient actives et stables.

Une fois ses serviteurs reliés à lui par le rituel, alimenter les protections avait aussi été une question simple. Tous les sorciers concentraient instinctivement leur magie avant de l'expulser par un seul point- - d'habitude leur baguette. Ainsi, le rite avait facilement accepté que la magie du jeteur de sort passe par Voldemort comme s'il était la baguette d'un seul sorcier qui aurait été divisé en dix parties.

Cependant, la structure fondamentale des sortilèges de protection était directement liée aux centres de pouvoir magiques du corps.

Cela signifiait que quand Voldemort avait ajouté ses Mangemorts à l'équation, il avait ajouté involontairement neuf centres de pouvoir de plus à la construction des niveaux de base des protections. Ainsi, quand les protections avaient commencé à se démonter, elles avaient essayé de retourner ce pouvoir fondamental à dix corps différents en même temps. Mais bien sûr, Voldemort était le seul directement connecté aux sorts, ce qui forçait les neuf autres fluxs de pouvoir à rebondir dans les protections partiellement-démontées. Cela, à son tour, causa un dérangement dans le reste des constructions magiques et commença un effondrement en cascade.

La source de pouvoir résultant n'avait qu'un seul endroit où aller -- Voldemort lui-même.

L'afflux massif de magie submergea instantanément la capacité du Seigneur des Ténèbres à la diriger. Voldemort était à peine conscient comme il cherchait frénétiquement des façons d'expulser le pouvoir supplémentaire. Les liens améliorés vers ses neuf Mangemorts n'étaient pas assez grands -- assez forts pour supporter la charge. Quelque chose devait céder.

Quelque chose céda.

Et l'esprit du Seigneur des Ténèbres spirala vers l'obscurité.



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