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Chapitre 19 : Argus Rusard (suite)

Mardi passa presque trop rapidement pour que Harry arrive à suivre. Pourtant d'une manière ou d'une autre il réussit quand même à enseigner, corriger les devoirs, terminer des arrangements pour sa journée du lendemain, et demander à Sev si ça lui irait s’il passait dans son bureau autour de 8:00 demain soir.

Heureusement, Sev ne devait pas surveiller de retenue demain, alors ce serait 8:00 du soir. Son bureau -- juste à côté de la salle de classe de Potions -- n'était pas un endroit aussi public que la salle des professeurs, mais pas aussi intime que l’un de leurs quartiers personnels. C'était un bon compromis pour la discussion ils avaient tous les deux besoin d'avoir au sujet de leur relation et de ce qu'ils voulaient l’un de l’autre.

Harry se demanda si Sev était aussi nerveux que lui à ce sujet.

----oo00oo----

Mercredi Harry se leva tôt et s’habilla pour une visite dans le monde Moldu. Grâce à Albus, on s’occupait de ses cours, et tout ce que Harry avait à faire était de faire un arrêt rapide à la porte de la cuisine pour attraper un gâteau pour petit déjeuner en route.

Puis il sortit des protections anti-transplanage, et alla droit à Londres.

Il arriva à l'aéroport de Heathrow, juste un moldu parmi des milliers, et fut rapidement assis dans un taxi en route pour son premier rendez-vous.

Il aurait transplané directement là-bas s'il avait su à quoi ressemblait le bureau de l'agent immobilier. La plupart des sorciers et des sorcières avaient besoin d'un point de transplanage familier à utiliser comme cible d'arrivée, mais Harry avait découvert que tant qu'il avait une impression générale du bon secteur, et une image de l'endroit où il voulait aller, il pouvait transplaner à peu près partout où il voulait. Eh bien, peut-être pas n'importe où puisque quelques endroits étaient simplement trop loin.

Donc à part l'emplacement général et une image, tout ce dont il avait besoin était d’une bonne potion, charme ou cape d’invisibilité, afin de ne pas effrayer tout moldu qui puisse par hasard regarder dans sa direction quand il arrivait. Il était aussi reconnaissant du fait que tous sorciers et sorcières avaient une conscience interne qui cherchait instinctivement à l’avant pour « sentir » tout ce qui pouvait occuper l'espace cible d'arrivée. Un sorcier ou une sorcière pouvait se « désartibuler », mais ils ne transplaneraient jamais à l’intérieur de quoi que ce soit... ou de qui que ce soit.

A peu près une heure après être entré dans le taxi, Harry s'asseyait dans le bureau d’un agent immobilier à une bonne distance du centre de Londres. Il agissait aussi comme un dingue excentrique et riche avec plus d'argent que de bon sens. Joyeusement, il expliqua à l'agent immobilier déconcerté que ce qu’il voulait vraiment a voulu était un grand secteur avec un toit, une bonne ventilation et une bonne sécurité, avec beaucoup de lumière naturelle, mais pas de voisins. Il justifia ses conditions en déclarant qu'il avait besoin de « silence et d'espace » pour que sa créativité « fleurisse et s’épanche », et qu'il craignait particulièrement que ses « ennemis » l'épient pour essayer de « voler son génie créatif » avant qu’il puisse terminer ses nombreuses actions artistiques.

M. Sanderson fut impressionné par son portefeuille, sinon par sa rhétorique.

Malheureusement, cet homme ne traitait que de maisons résidentielles, et ce que « M Whittersby » demandait semblait plus ressembler à une propriété industrielle ou commerciale.

En entendant ceci, Harry fut momentanément étonné, puis instantanément déçu. Il s’était déjà arrangé pour rencontrer d’autres agents immobiliers à Liverpool, Glasgow, et Edimbourg -- et comme il ne savait pas qu’il y avait différent types d'agents immobiliers, ils étaient probablement tous courtiers en propriétés résidentielles. Allait-il gaspiller toute sa journée ?

Heureusement, M Sanderson ne le rejeta pas simplement une fois qu’il se fut rendu compte qu’il ne pourrait pas aider l'artiste excentrique assis devant lui. N’était pas le genre de personne à brûler ses ponts, l'homme assura rapidement Harry que bien qu'il ne contrôlât pas personnellement de telles propriétés, il pouvait obtenir un rendez-vous pour « M Whittersby » avec quelqu'un qui le faisait. Et dix minutes plus tard, Harry avait le nom d'un courtier en propriétés industrielles, et un nouveau rendez-vous dans quelques heures.

Harry quémanda alors l'usage d'un téléphone et d’un bureau privé , et -- se faisant une note mentale d’acheter un téléphone mobile le plus tôt possible -- appela rapidement les trois autres agents pour réarranger son emploi du temps et essayer d'obtenir de nouveaux rendez-vous avec des agents immobiliers plus appropriés.

L'agent d'Edimbourg ne pouvait trouver personne de convenable pour le même jour, mais lui laissa un nom et un numéro à appeler s’il voulait un rendez-vous pour un autre jour. L'agent de Glasgow lui dit qu'il s’occupait aussi de quelques propriétés industrielles, si bien que le rendez-vous était toujours valable pour 3:00 de l’après-midi. L'agent de Liverpool réussit à lui obtenir un nouveau rendez-vous avec un courtier en propriétés commerciales à midi (la dame voulait bien renoncer à son heure de pause déjeuner pour le rencontrer), et donc des quatre rendez-vous qu'il avait établis au début, Harry en avait toujours trois auxquels aller.

Merlin merci pour le transplanage !

De gratitude pour toute l’aide de M Sanderson, « M Whittersby » laissa un billet de cinquante livres et la promesse qu'il reviendrait si jamais il avait besoin d'une maison dans ou autour de Londres.

Puis Harry partit pour son premier rendez-vous avec un courtier en propriétés industrielles.

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Il se trouva que M Enstice n’était nullement gêné par les agissements de « M Whittersby » en tant que riche artiste maboul. L'homme impressionna grandement Harry en étant professionnel et poli tout en faisant de son mieux pour trouver dans ses dossiers quelque chose qui remplisse les conditions de Harry. Ensemble, ils trouvèrent quelques propriétés qui avaient un air prometteur, et Harry nota l'adresse de chacune, en disant à M Enstice qu'il les examinerait de l'extérieur avant de décider s'il était assez intéressé pour arranger une inspection en règle.

Bien sûr, en réalité, Harry n'avait pas besoin des clefs ni des codes de sécurité pour désactiver temporairement le système de sécurité et transplaner à l’intérieur pour inspecter alentours par lui-même.

Avant de quitter le bureau de M. Enstice, Harry ne manqua pas de mentionner le fait qu'il était très pressé, comme son « inspiration créative » serait bientôt avec lui et qu’il avait vraiment besoin d’un endroit où travailler quand « la joyeuse muse » lui ferait la grâce de ses capacités.

M Enstice ne cilla pas même quand il demanda sincèrement si « la muse joyeuse » de M Whittersby ne serait pas déboutée par le fait de faire affaire dans le bâtiment-même où elle l’inspirerait.

Harry assura l'homme du fait que si l’une des propriétés plaisait à sa muse, il ne serait que trop heureux de signer le contrat sur-le-champ -- et l'argent n'était pas un problème.

----oo00oo----

Les deux rendez-vous suivants de Harry se passèrent d’une manière très semblable à celle dont s’était passée celui avec M Enstice. Avant la fin du jour il avait une liste de sept propriétés potentielles -- dans lesquelles il pouvait toutes transplaner puisque il connaissait maintenant l'emplacement général de chaque, et que les courtiers lui avaient fourni des photos qu'il pourrait utiliser pour ajuster son point de cible.

Il passa alors quelques heures à les examiner, et à apprendre par coeur les différences entre elles. Il y en avait deux qui pourraient, pensait-il, convenir à ses besoins, mais quand il retournerait à Poudlard, il prendrait des notes écrites et y repenserait pendant environ une journée. Il projetait entièrement d’appeler un des courtiers le vendredi matin et de demander un contrat qu'il puisse signer sur-place samedi prochain -- un contrat avec une clause qui lui permettrait d’emménager le weekend suivant.

----oo00oo----

Sur le chemin du retour à Poudlard, Harry pensa aux différents moyens qu’il pourrait exercer pour acquérir les armes et l'équipement dont il aurait besoin pour équiper convenablement le bâtiment qu'il déciderait d’acheter, quel qu‘il soit. Il allait avoir besoin d'un assortiment de choses, choses parmi lesquelles figuraient à des places importantes des tapis d‘entrainement, des couteaux, des équipements d'exercice, un assortiment de fusils et de moyens de chargements, des tables à cartes, des tableaux d’affichage, des ustensiles de cuisine et de vaisselle communs, un frigo -- oh, et il ferait mieux de s’occuper de connecter l’eau et l’électricité -- sans mentionner de faire une liste des sorts et protections dont il allait avoir besoin, et un moyen pour son personnel d’entrer et de sortir sans être vu, et --

-- Et les choses avaient été bien plus faciles dans le Miroir où il pouvait simplement expliquer ce dont il avait besoin et pourquoi, et alors d’autres personnes s’en occupaient pour lui.

Harry soupira. //Plume d'oie et parchemin//se dit-il. //J'ai sans aucun doute besoin de plumes d'oie et de parchemin. Mais... peut-être que je devrais simplement acheter un bon stylo... attendez une minute -- ai-je oublié quelque chose de moldu... ? Oh, merde ! Comment est-ce que je vais appeler le courtier vendredi //

Il avait oublié d'acheter le téléphone portable.

----oo00oo----

« Bon alors, » se dit Harry en examinant la liste plutôt vaste des choses qu’il avait besoin d'acquérir. Il s’était déjà à nouveau changé dans son équipement de Mage de Guerre, et était maintenant assis au bureau dans ses quartiers, à se demander ce qu'il pourrait avoir oublié. La liste revenait fondamentalement à deux catégories : les choses qu'il pourrait acheter, et celles qu’il ne pourrait pas acheter. Et vraiment, les seules choses qu'il ne pourrait pas acheter étaient les choses illégales -- essentiellement toutes les armes à feu et l'équipement apparenté.

Il y réfléchit.

//Eh bien// conclut-il finalement//je pense qu’on ne peut rien y faire -- je vais devoir aller chez un négociant d'armes illégal. //Mais il serait damné s'il payait un de ces bâtards pour quoi que ce soit. Non, il allait plutôt les voler !

Mais bien sûr, premièrement il devrait trouver une cache d'armes qui conviennent à ses besoins -- ce qui à son tour signifiait qu'il devait trouver un négociant en armes illégal qui avait ce dont il avait besoin.

Espérons-le, Harry rencontrerait vendredi quelqu’un qui pourrait l'aider avec cela.

Actuellement, le plan de Harry était de contacter un certain ex-militaire moldu qui était spécialisé dans l’enseignement du tir au fusil. Il avait connu Jack dans le Miroir, et s'il se rappelait correctement, cet homme devait tout juste être sorti de l’armée moldue, ayant été désabusé par quelque genre de dispute de pouvoir interne. Harry espérait que Jack était toujours inoccupé et ne s’était pas encore impliqué dans quoi que ce quoi. S'il n’était pas disponible... Eh bien , peut-être que Jack pourrait lui recommander quelqu'un d'autre.

Harry allait, bien sûr, aussi parler à Jack -- et qui que soit d’autre que Jack veuille impliquer -- de la magie et du monde magique. Il le devrait, puisque le moldu allait entraîner des crackmols de combat et soutenir des crack mols dans des situations magiques hostiles. En fait, Harry et Jack allaient devoir s’asseoir et discuter exactement de quoi les sorciers, sorcières et crackmols étaient capables d'avant que Jack puisse commencer à même comprendre ce que Harry voulait qu’il enseigne.

//Jack va adorer ça // sourit Harry . //Et avec un peu de chance, le Ministère ne saura jamais rien de ma petite infraction à la Loi du Secret. //

Soigneusement, Harry enroula ses notes et ses listes, et les mit en sécurité dans un tiroir caché et fortement protégé. « Tempus » dit-il avec une vague désinvolte de sa baguette. Les nombres « 7:45 » apparurent en l’air. //Juste à temps pour me diriger vers le bureau de Severus// pensa Harry en se dirigeant vers la porte.

Tout en traversant les couloirs, Harry continua à penser aux négociants d'armes et aux armes dont il avait besoin. Vaguement, il souhaita pouvoir simplement demander au Ministère les permis nécessaires et en avoir fini avec cela. Mais cela n'était pas encore possible -- bien qu'il sache que cela le serait à l'avenir.

Mais pour l'instant, il devrait se contenter d'acquérir les armes d’une manière plus détournée.

Avec une calme introspection, il se rappela de comment il avait reçu son premier pistolet...

----oo00oo----

-- Le Miroir --

Un Harry Potter de dix-huit ans trébucha sur un rocher de l’allée non pavée. Il pensait pouvoir être quelque part dans le nord de l'Ecosse, mais il ne pouvait pas en être sûr. Il avait perdu trop de sang, et tout semblait flou et lointain. Il était sacrément heureux de ne pas s’être désartibulé pendant ce dernier transplanage.

Il regretta de ne pas pouvoir penser clairement. Où était-il censé être ? Ils étaient tombés dans une embuscade -- un piège. Il avait été séparé de Shacklebolt -- son partenaire et superviseur Auror. Ils entraînaient de nouveaux Aurors sur le terrain maintenant, dans un effort d’accélérer le recrutement. N’était-il pas censé transplaner quelque part en cas d’urgence …? Le trucgoummy... d'urgence...

Où était-il censé être déjà ?

Les ténèbres se levèrent pour l’accueillir.

Quand Harry se réveilla ensuite, il était au chaud et confortable.

Puis il bougea.

Oh. Ca faisait mal. « Nnn... aie... »

« Ne bougez pas, » ordonna une voix basse. « Vous avez perdu beaucoup de sang. » Et alors un bras fort l’aida à se lever assez pour boire à petits coups de la soupe tiède portée à ses lèvres. « Buvez tout... » fut-il exhorté. Dans la pièce faiblement éclairée, il pouvait tout juste apercevoir le visage d’un homme. Des yeux brun clair, un peu tristes, étaient incrustés dans des traits marqués par le soucis. Une barbe coupée de près couvrait la forte mâchoire. Harry ne pouvait pas deviner l'âge de cet homme -- plus vieux que lui certainement, mais pas aussi vieux que Dumbledore. Quelque part au milieu, ce qui laissait encore beaucoup d'années.

« Qui... ? » coassa-t-il.

« Errol, » fut la réponse. « Errol Sams. » Et Harry rit faiblement, pensant de manière floue qu'il avait été sauvé par un du même nom que le hibou des Weasley -- celui qui n’était toujours pas mort... Tout comme Harry, vraiment.

Les ténèbres revinrent.

Finalement Harry se réveilla assez longtemps pour découvrir que Errol -- qui avait été nommé ainsi pour son oncle et pas pour un hibou après tout -- avait trouvé son corps trempé de sang au milieu de la route près de sa maison, et avait transporté le jeune homme inconscient chez lui et l'avait rapiécé.

Il se trouva qu‘Errol était un moldu qui avait autrefois vécu sur la frontière entre l’Irlande catholique et protestante. Après le meurtre de sa femme et de ses enfants, il avait déménagé en Ecosse et vivait maintenant presque une existence d'ermite, au bord d'une petite commune.

Il ne parla pas de sa famille, ou de qui avait été responsable, mais comme les jours passaient, Harry développa un soupçon furtif que la perte d’Errol avait été causée par la folie actuelle du paysage politique d'Irlande Du Nord. Et il Harry avait l‘impression, qu’à la tristesse calme et inexprimée d’Errol, il blâmait d'une manière ou d'une autre les deux côtés du conflit pour ne pas avoir trouvé un moyen de vivre les un avec les autres il y a des années.

Mais la mort de sa famille avait certainement créé au moins un changement profond dans la vie d’Errol -- il était maintenant un ferme croyant dans le dicton : « parler doucement, mais porter un gros bâton ». La maison d’Errol contenait un nombre stupéfiant d'armes -- y compris plusieurs pistolets.

Plus jamais des gens ne viendraient dans la maison de cet homme pour menacer quoi ou qui que ce soit qui y habite.

Harry était assez sûr que la plupart de cela était illégal, et cela le blessait de penser que cet homme calme et gentil ait été conduit à de tels extrêmes -- ait perdu tant de foi envers ses compagnons humains. C’était simplement… mal... d'une manière ou d'une autre.

Harceler se trouva à souhaiter plus d'une fois d’avoir rencontré Errol quand sa femme et ses enfants étaient vivants.

Mais d'autre part, il semblait qu’Errol n'ait pas perdu entièrement sa foi en l'humanité -- après tout, n’avait il pas recueilli un parfait étranger dans sa maison ? Un étranger qu'il soignait maintenant pour lui redonner quelque semblant de santé.

Au début, cependant, cela sembla étrange. Errol ne demanda jamais ce qui lui était arrivé -- comment il était arrivé couché au milieu de la route devant la maison d’Errol. Mais au cours des jours et des nuits qui suivirent, cela devint normal -- comme la présence tranquille d’Errol -- ne redevenant seulement étrange que quand des choses bizarres arrivèrent : comme la fois où Harry ouvrit la garde-robe et trouva ses robes proprement drapée sur un cintre, avec sa baguette (toujours dans son étui) enfilée lâchement par-dessus les manches pliées.

Qu'est-ce que Errol avait pensé pendant qu'il lavait le sang et la terre des robes de Harry ? N'était-il pas curieux ? Harry se demanda si cet homme était un crackmol -- ou le parent de quelque sorcière ou sorcier né de moldus. Ceci expliquerait cela. Mais bien sûr, Errol ne dit jamais rien, et Harry ne posa jamais la question. Au lieu de cela, cet homme calme continuait simplement ses affaires, transformant patiemment du bois et du métal en meubles solides et simples dans son atelier.

Et donc Harry guérit -- lentement au début, puis plus rapidement une fois qu’il fut assez fort pour lancer des petits sorts de guérison sur lui-même. Il s'inquiétait de savoir si Shacklebolt s’en était sorti -- et si Ron et Hermione étaient toujours en sécurité. Il savait qu'ils seraient inquiets pour lui, mais Harry n'était pas assez bien pour transplaner, et même s’il se fiait à un hibou pour ne pas se faire intercepter, il n’y avait pas de hibou. Et c'est cela, peut-être, qui inquiétait Harry le plus -- qu'il puisse amener plus de mort dans la maison d’Errol. Il devait trop à cet homme pour laisser cela arriver.

Donc Harry attendit, et décida qu’il s’en irait juste aussitôt qu'il se sentait assez fort pour arriver à transplaner sans accident.

Mais seulement quelques jours avant que Harry pense qu’il puisse être assez bien, Errol s’avança silencieusement dans sa chambre et dit : « Tu es trop jeune pour errer armé d’une brindille. Demain je t’apprendrai à tirer. »

Et cela-même semblait suggérer qu’Errol ne connaissait pas grand chose du monde des sorciers, parce que, vraiment, n’importe quel sortilège de protection décent bloquerait une balle de moldu. Les armes à feu moldues n’étaient utiles que si vous surpreniez une sorcière ou un sorcier -- et dans ce cas vous pouviez tout aussi facilement utiliser un sortilège.

Mais Harry n'aimait pas sembler ingrat, et quand il pensa vraiment à l'offre d’Errol il se rendit compte que la plupart de sorciers et sorcières de sang-pur ne sauraient pas à quoi ressemblait un pistolet, même s’ils en avaient entendu parler. Il y avait la possibilité distincte qu'il puisse prendre quelqu’un par surprise, et que de pouvoir utiliser une arme à feu puisse très bien un jour lui sauver la vie.

Donc Harry resta presque une semaine de plus que ce qui avait pensé -- et parfois il se demandait si Errol avait su qu'il pensait et s’était arrangé de cette façon pour le faire rester jusqu’à ce qu’il soit un peu plus que ‘tout juste’ capable de transplaner.

Quand Harry partit, il connaissait les principes fondamentaux pour manipuler les revolvers, ainsi que les pistolets semi-automatiques et entièrement automatiques. Il pouvait charger ses propres munitions et pouvait -- la plupart du temps -- frapper la cible qu'il visait (à condition qu’elle ne soit pas trop loin). Il ne gagnerait pas de médaille ou quoi que ce soit de ce genre, mais il ne se tirerait pas dans le pied non plus.

Le jour de son départ, Errol lui donna un semi-automatique.

« Tu n‘es pas de mauvaise compagnie, Harry, » avait-il dit. « Prends ça, et essaye de mieux prendre soin de toi. »

Harry avait marché jusqu'à être hors de vue, puis avait lancé le sortilège de protection le plus puissant qu’il connaisse sur la maison d’Errol.

Puis il était retourné à la guerre.

Harry porta ce premier revolver sur lui plusieurs années. Cela le sauva effectivement une ou deux fois, mais l’élément de surprise se dissipa presque tout de suite et il l’utilisa plus comme une distraction après cela. Ce n'était ensuite que lorsqu’il avait découvert la vraie nature des crackmols qu'il avait commencé à chercher une arme qui conviendrait plus à ses besoins.

Il avait aussi obtenu du Ministère de tirer quelques ficelles avec les autorités moldues pour que lui, et n'importe quel crackmol convenablement entraîné, puisse légalement acheter et posséder des armes à feu sous la loi britannique.

----oo00oo----

-- Présent --

Harry arriva à la porte du bureau de Sev avec quelques minutes d’avance. Il frappa légèrement comme avertissement, puis entra.

Sev corrigeait des devoirs. Quand il aperçut Harry, il replaça sa plume d'oie dans son encrier et se leva du bureau.

« Mage de guerre, » reconnut-il poliment avec un léger salut.

« Professeur, » sourit Harry. « Ca fait du bien de finalement avoir un moment de votre temps ! »

Severus grogna. « Ca a été un peu... intense dernièrement. » Puis il fit signe à Harry de s’asseoir sur une chaise tandis qu'il se dirigeait vers une de ses étagères et récupérait une bouteille de verre opaque. Harry fut étonné quand le Maitre de Potions versa en fait un liquide sombre dans une paire de simples verres et lui en offrit un.

Harry accepta la boisson tout en étudiant secrètement l'étagère de laquelle venait la bouteille. Les autres bouteilles sur cette étagère particulière étaient toutes remplies avec... eww ! -- Était-ce vraiment un foetus embaumé là-bas ?

Puis il remarqua que la bouteille que Sev avait récupérée était la seule faite de verre opaque -- la seul qui cache les contenus de la bouteille. Quoi que ce soit qui était dans son verre, ce n'était pas comme les autres choses là haut sur cette étagère.

Un peu rassuré, Harry prit une petite gorgée prudente.

Du vin.

Cabernet.

Très bon.

Harry prit une plus grande gorgée et essaya de se relaxer.

Sev buvait à petits coups de son propre verre et le regardait avec divertissement.

« Alors, » commença Harry, « tu aimes garder ton vin à côté de ce truc embaumé... Qu’est-ce que c’est ? »

« C'est un fœtus de clabbert, » répondit Severus. « Et je n'aime pas le garder là-bas, cependant je suis assez confiant du fait qu'il restera là-bas peu importe combien d'élèves se promènent dans mon bureau -- avec ou sans ma permission. »

Harry ne demanda délibérément pas pourquoi Severus avait un fœtus de clabbert embaumé dans son bureau. Plutôt, il se demanda pourquoi la version du Miroir de Severus n'avait pas gardé le vin au même endroit. Puis Harry se rendit compte que c’était peut-être le cas. Dans le Miroir, Harry n'avait pas vraiment passé beaucoup de temps dans le bureau de Sev. Ils avaient préféré passer le temps qu’ils avaient ensemble dans les quartiers privés de Sev. Ce qui empêchait quelque élève ou professeur d’arriver sans prévenir. Quand Severus passait du temps dans son bureau cela voulait dire qu’il donnait une retenue, essayait de corriger des devoirs, ou d’exécuter quelque autre tâche, odieuse et solitaire.

« Je suppose que je comprends pourquoi, » commença Harry, « Mais je n'aurais pas pensé que tu buvais beaucoup dans ton bureau … »

« Ce n’est pas le cas, » répondit Severus. « Cependant, il y a certains jours… »

La bouche de Harry se tordit sèchement. « Je vois exactement ce que tu veux dire. »

Il y eut un instant de silence avant que Severus demande : « Avoir nous avons couvert la quantité obligatoire de conversation sociale à présent ? »

Harry rit presque. « Oui, je crois que oui. »

« Bon. Nous devons parler de choses plus importantes. Avec quelle rapidité penses-tu que notre « relation » doive se développer aux yeux des élèves ? »

Harry sourit. « Opposé à la rapidité avec laquelle elle doit vraiment se développer dans l'intimité de nos quartiers ? » Severus fronça légèrement les sourcils, et Harry ajouta : « Ecoute, je sais que nous devons discuter des élèves et du Seigneur des Abrutis, mais je veux aussi parler de ce que nous voulons l'un de l'autre quand il n’y a que nous. Je veux vraiment savoir si nous pourrions avoir une relation au delà de ce que nous planifions pour le bénéfice des autres. »

« Le Seigneur des Abrutis ? » demanda Severus, changeant à l’évidence le sujet de conversation loin du sujet de Harry.

« C'est un terme moldu, » répondit Harry. « Abruti-- une personne stupide, inepte ou sotte. « Le Seigneur des abrutis » -- quelqu'un qui commande beaucoup de gens stupides, ineptes ou sots. »

L’amusement de Severus était de retour, mais Harry ne le laisserait pas évader si facilement la question. S'il permettait au Maitre de Potions de dominer la conversation, alors ils ne parleraient que de Voldemort et de stratégie. Et si ce genre de chose durait suffisemment longtemps, il était tout à fait possible que Sev se convaincrait que Voldemort et la stratégie étaient tout ce qu’il y avait vraiment entre eux.

« Pour retourner à notre « vraie » relation, » persista Harry. « J'aimerais parler de ce que nous pouvons attendre l'un de l'autre -- les choses que nous voulons, ou ne voulons pas, et quelques règles de base. Par exemple : pas d’usage de potion stimulantes, d’aphrodisiaques, ou d’autres aides à la performance -- pour nous deux. »

Severus cligna des yeux, incrédule. « Tu penses honnêtement que je-- »

« Si tu étais fatigué ou épuisé, et que tu pensais que tu devais avoir une relation sexuelle avec moi pour me garder heureux… ? »

« Ah. Tu veux dire les utiliser sur nous-même. »

« Oui, » acquiesça Harry. « Pas de ça. Si l’un de nous est trop fatigué, alors nous sommes trop fatigués. Fin de l'histoire. »

« On dirait à t’entendre que nous sommes impliqués dans la négociation d’un traité, » dit Severus -- une fois de plus amusé.

« C‘est le cas... plus ou moins. C'est juste que la plupart des gens ne le disent pas clairement -- ils le comprennent en route par expérience, langage corporel, et « conversation sociale ». Mais nous ne sommes pas la plupart des gens et je préfèrerais éviter les malentendus que rencontrent les autres relations d'habitude. »

Severus réfléchit à cela. Ce que Ash disait lui semblait très logique, et il était en fait un peu soulagé. Il n'allait certainement pas s’ennuyer avec le labyrinthe inaperçu des choses que vous étiez censé d'une manière ou d'une autre de « connaitre » au sujet de votre amant -- ou que vous étiez censé déchiffrer de quelque façon impénétrable et obscure -- mais il était toujours intensément conscient qu'il avait besoin de la coopération du bon vouloir de cet homme. Si le Mage de Guerre était heureux de tout simplement lui dire en face... eh bien, cela rendrait sa vie bien plus facile.

« Très bien, » acquiesça-t-il. « Bien que j'insiste sur le fait que notre planification au profit des autres prenne la priorité -- du moins pour l'instant. »

« Naturellement, » répondit Harry. « Je n'ai jamais voulu impliquer que nous nous bourrerions d'aspects personnels alors que ta vie était en danger. »

« Bien, » décida Severus. « Alors -- avec quelle rapidité penses-tu que notre « relation » doive se développer aux yeux des élèves ?»

Harry ne rit pas, mais c'était limite.

----oo00oo----

Il était onze heures bien sonnées quand Severus et Harry atteignirent le couloir devant leurs quartiers respectifs. Ils savaient tous les deux qu’il était trop tôt pour inviter l’autre à entrer -- à la fois pour des raisons stratégiques et personnelles, donc leur conversation s’était arrêtée dans le couloir.

Subitement, Severus mit un nouveau sujet sur le tapis tout comme ils arrivaient à sa porte.

« As-tu fait quelque chose pour ennuyer M Rusard récemment ? »

« Je ne pense pas, » répondit Harry avec un amusement caché. « Pourquoi est-ce que tu poses la question ? »

« Il te regardait. »

« Ah bon ? » En fait, Harry avait remarqué.

« Toute la journée d’hier et aussi celle d’aujourd'hui, » confirma Severus. « On pourrait même dire qu’il a évité ses coins habituels pour le seul but de te surveiller. » Il s'arrêta un instant avant d'ajouter : « Y-a-t’il un problème ? »

« Un problème ? Non. Je lui ai juste donné... Eh bien, je suppose qu’on pourrait dire que je lui ai donné quelque chose à quoi penser. »

Les sourcils de Severus se soulevèrent. « Quelque chose à quoi penser » dit-il d’une voix plate. « Tu as donné à Argus Rusard quelque chose à quoi penser ? »

Harry haussa les épaules. « Il ne semble pas être un homme très heureux, n'est-ce pas ? J'ai pensé que je pourrais faire quelque chose à ce sujet. »

Severus renifla d‘un air moqueur, incrédule. « Bonne chance avec cela … »

« Mmm, » acquiesça Harry avec un léger sourire. « Oh, à propos, » ajouta-t-il, « le dîner de la semaine dernière n’a à l’évidence pas tourné comme je l’espérais. Pourrions-nous réessayer samedi prochain ? »

Severus y réfléchit, puis sourit d'un air satisfait. « Très bien, » commença-t-il "si tu me dis ce que tu as fait aujourd'hui. »

Harry cligna des yeux. « Pourquoi diable cela t’intéresserait-il ? »

Severus le regarda avec une expression pensive. « Le Directeur semblait plutôt content de ton absence ... »

C'était le tour de Harry de sourire d'un air satisfait. « Le Directeur a l'impression que je rendais visite à un certain groupe de Mages aujourd'hui. Cependant, je n'ai en fait jamais dit que c'est ce que je faisais. Je n’y peux rien si c’est ce qu’il pense, n'est-ce pas ? »

« Tu… as embobiné le Directeur ? » demanda Severus, surpris.

« C’est plutôt lui qui s’est embobiné lui-même, » Harry rit. « Je n'avais pas l’intention de le tromper, mais j’avais vraiment besoin de ma journée et je savais qu’il me la donnerait si je gardait bouche close. »

« Mais pourquoi avais-tu besoin d’un jour de congé en premier lieu ? » demanda Severus avec curiosité. « Qu’est ce que tu faisais qui ne pouvait pas attendre le weekend ? »

Harry haussa les épaules. « Pas grand chose -- je prospectais juste en immobilier. »

Severus le dévisagea avec méfiance.

« Quoi ? » dit Harry sur la défensive. « C’est vraiment ce que je faisais ! »

Avec une expression qui reflétait son incrédulité, Severus demanda : « Alors tu as l’intention d’habiter ailleurs ? Pendant les vacances et autres ? »

Harry sourit à nouveau d'un air satisfait. « Pas du tout, » répondit-il d’un ton qui ne laissait aucun doute. « Mais tu n’as jamais dit que je devais te dire pourquoi je le faisais, seulement ce que je faisais. Alors je viendrai te prendre à sept heures, d’accord ? »

Et avec cela, Professeur Ash laissa un Severus Rogue perplexe, debout dans le couloir, et se retira dans ses quartiers.

En anglais il s’agit d’un jeu de mot entre Dork Lord (seigneur des abrutis) et Dark Lord (seigneur des ténèbres). Severus Rogue pense ici avoir mal entendu.

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