lilyhaydee (lilyhaydee) wrote in mirror_maybe_fr,
lilyhaydee
lilyhaydee
mirror_maybe_fr

Chapitre 20 : Moldu Manquant

LE MIROIR DE PEUT-ETRE : Chapitre 20

--Moldu Manquant --

"Où est-ce qu’on est maintenant ? " demanda Remus d‘un ton fatigué.

"A l'Université de Cambridge, " lui dit Sirius sans broncher.

"Ha, ha, " fut la réponse sarcastique. "Quelle partie de l'Université de Cambridge? "

"Euh... C’est appelé... " et Sirius chercha maladroitement quelque temps sur la carte. "C’est appelé ‹ Centre de l’Université ›. Heuh. Pas le nom le plus créatif qui soit, hein ? De toute façon, c’est censé être une sorte de bâtiment communautaire -- un endroit pour rencontrer des gens et discuter avec eux. La dame du Bureau De L'état Civil a dit que c’était l'endroit où aller si nous voulions rencontrer des gens de partout dans l'université, alors j'ai pensé que ce serait un bon point de départ pour voir si nous pouvions trouver quelqu’un du département Physique ou Ingénierie qui pourrait connaître ‹ Robert Thomas ›."

Remus le regarda fixement. Après quelques instants de silence, Sirius recommença à triturer nerveusement la carte. Finalement, Remus éleva un sourcil incrédule et demanda calmement : "Un bon point de départ , Patmol " ?

Sirius rougit et parut vaguement gêné. "Erhm... oui, eh bien -- "

"Es-tu en train de dire que la dernière ‹ Université de Cambridge › où tu m’as entraîné n'était pas un bon point de départ ? Ou veux-tu parler de ‹ l'Université de Cambridge › d’avant cela ? Ou peut-être fais-tu référence à la première ‹ Université de Cambridge › que nous avons visité ce matin ? "

"Hé, celle-là, ce n'était pas de ma faute ! J'ai juste demandé où était l'université…!"

"Et le moldu à qui tu as posé la question a pensé que tu voulais parler de n'importe quelle partie de l'université étant la plus proche -- qui s'est avérée être le Département de la Science des Plantes ! Science des Plantes, Patmol ! "

"Eh bien, comment étais-je censé savoir que les moldus avaient construit des bouts de l’université partout dans Cambridge ? Je pensais que cet endroit serait comme l'Académie des Aurors -- tout dans un même endroit avec peut-être quelques cent personnes dedans. Pourquoi au nom de Merlin est-ce que quelqu’un construirait une université par morceaux !?"

"Parce que ce sont des moldus, " répondit patiemment Remus. "Ils ne peuvent pas simplement expandre l'intérieur d'un bâtiment quand ils ont besoin de plus de place. Ils ont en fait vraiment besoin d‘avoir plus de terrain sur lequel construire. Et puisqu’ils ne peuvent pas détruire la maison de quelqu’un quand ils veulent, ils ont dû construire les nouveaux bâtiments partout là où ils pouvaient trouver un endroit où les mettre ".

"Oh, " Sirius cligna des yeux. "Je n'y avais pas pensé comme cela. Tu sais, en fait c’est assez logique -- d’une manière bizarrement moldue. "

"Heureux de servir à quelque chose, " répondit sèchement Remus. "Mais je serais plus impressionné si tu m’avais écouté quand je t’ai dit que nous devrions demander où était le Bureau De L'Etat Civil ".

"J' ai demandé le Bureau De L'état Civil !"

"Oui tu l’as fait -- après nous avoir entraînés, loin, jusqu’au Département de Physique. "

"Et d'Ingénierie, " lui rappela Sirius. "Le Département d'Ingénierie était là-bas aussi. "

"C’était Ingénierie Chimique ! "

Sirius eut l’air buté. "Eh bien, je dis toujours que nous étions au bon endroit ! Nous allons probablement juste devoir y retourner tu sais ".

"Très probablement, " acquiesça Remus, "mais même si nous étions dans le bon bâtiment, comment étions-nous censés le trouver ? Tu as dit que Harry veut que nous soyons discrets. Cela veut dire que nous ne pouvons pas simplement accoster un étranger au hasard et lui dire ‹ Salut, nous cherchons un gars appelé Robert Thomas. Non, nous ne le connaissons pas -- en fait, nous ne l'avons jamais rencontré, et oh, au fait, nous ne sommes pas même sûrs qu'il est étudiant ici ›."

"Est-ce la raison pour laquelle nous sommes allés au Bureau De L'état Civil ?"

"Oui, " dit fermement Remus. "Ils ont les dossiers d'inscription à l'université là-bas. Je pensais que nous pourrions juste leur demander de chercher ‹ Robert Thomas › et qu’ils nous diraient dans quel Département il est et où il habite ".

Sirius renifla d‘un air moqueur. "J'aurais pu te dire que ça n‘allait pas marcher. Il y a des lois contre la diffusion de ce genre d'information -- même dans le monde moldu ".

"Je sais, je sais… "

?Bien que... " ajouta Sirius pensivement, "ce soit quand même une assez bonne idée. Nous pourrions revenir ce soir… "

"Et quoi ?" l’interrompit Remus. "Comprendre comment utiliser leurs ordinateurs en quelques heures ? Deviner les mots de passe ? Parce que tu sais... cela pourrait prendre assez longtemps ".

"Mots de passe ?" Sirius cligna des yeux. "Horde-inateur ? "

"Tu as fait Etudes des Moldu, Patmol. Et tu as presque vécu dans le monde des moldus ces quelques dernières années, merde. Je sais que tu sais ce dont je parle. "

Sirius sourit. "Zut. Pourquoi est-ce que je ne peux jamais te faire marcher? Ce n'est pas juste ".

Remus émit un reniflement moqueur, mais le divertissement du loup-garou était évidemment amoindri par sa fatigue -- et ce qui était probablement des pieds très endoloris.

"Bien, tant pis, " le consola hâtivement Sirius. "C'était quand même une bonne idée. Si tu n’avais pas insisté pour que nous allions là-bas, nous serions probablement toujours en train d’errer dans tout Cambridge sans carte ".

"Le Bureau De L'état Civil peut aller se faire foutre, " fut la réponse étonnante. "Nous aurions dû demander la carte déjà au département de Science des Plantes ".

"Nous ne savions pas que nous avions besoin d’une carte à ce moment là ".

Remus marmonna quelque chose d’inintelligible.

"Hé " ! protesta Sirius. ? N’insulte pas la carte ! D‘accord, elle n'est pas aussi bonne que notre carte, mais-- "

"Patmol, " le coupa Remus, fatigué, "Tout d'abord -- tu as un attachement très bizarre à cette carte. Et ensuite-- les choses seraient probablement pires si cette chose marchait comme notre carte ".

"Quoi ! Comment peux-tu dire cela ? La Carte du Maraudeur était l’une de nos plus belles-- "

"Oui, oui, " acquiesça Remus en roulant des yeux. "C'était super -- c'était stupéfiant -- elle marchait admirablement. A Poudlard. Ici ce serait un désastre ".

Sirius le regarda comme il avait perdu la tête.

Remus soupira. "L'Université de Cambridge, " expliqua-t-il, "a existé dans une forme ou une autre depuis presque huit cent ans -- et même s’il est vrai que Poudlard est plus vieux, il est aussi vrai que Cambridge diablement beaucoup plus grand ". Puis il s’arrêta avant d'ajouter : "Et juste pour te mettre les choses en perspective... l'année dernière l'université a reçu plus de 3.000 étudiants -- et c’était juste les non-diplômés. En plus de ça, il y avait aussi les diplômés, les enseignants, les conférenciers invités, le personnel de l'administration, les nettoyeurs, les cuisiniers et les jardiniers, probablement quelques douzaines d’officiers de sécurité, les visiteurs, -- "

"Doux Merlin " ! Sirius parut choqué. "Nous ne les verrions même jamais sur la carte " ! Puis : "Hé ! Attends une minute. Comment sais-tu combien de--?”

"J'ai demandé, " lui dit Remus. "Au Bureau De L'état Civil ".

"Oh ".

"Ce que tu aurais pu faire si tu n’avais pas été en train d’essayer d'obtenir l’adresse de cheminette de cette dame ".

"Ce n‘est pas ce que je faisais, " protesta Sirius, indigné.

"Son numéro de téléphone alors, " répondit Remus sans broncher, et Sirius rit.

"D‘accord, " il rit tout bas, "j'avoue avoir été temporairement distrait de ma tâche. Mais ne t’inquiètes pas -- cette fois nous somme au bon endroit. A l’époque où j'étais Auror nous faisions tout le temps ce genre de chose. C'est stupéfiant comme on peut facilement trouver quelqu’un par amis-d‘amis et bouche-à-oreille. "

"Et tu m’as traîné partout dans Cambridge... pourquoi " ? demanda Remus d'un ton plaintif.

"Eh bien... je pourrais avoir été un peu impatient, " admit Sirius. "L'autre manière est beaucoup plus rapide... quand elle marche, ce que je suppose qu’elle n’a pas fait. Mais tant pis -- le travail sera fait aussi comme ça ! Cela pourrait juste prendre un peu plus longtemps ". Puis l’animagus attrapa son ami par le bras et le poussa vers le bâtiment devant eux.

Remus se laissa entraîner. Il avait mal aux pieds. Son estomac vide grondait. Il y avait une douleur derrière ses yeux qui était probablement causée par la déshydratation. La pleine lune était seulement dans deux nuits. Il n'était pas un loup-garou heureux. Et tout cela parce que Sirius avait été ‹ un peu impatient › ! Presque de leur propre volonté, les pieds de Remus s’arrêtèrent de bouger. "Patmol, " dit-il calmement. "Je vais te tuer".

Sirius fit demi-tour vers lui et sourit. "Non, tu ne vas pas le faire ".

Remus le dévisagea. "Ah bon" ? Demanda-t-il, sceptique.

"Bien sur que non. Comment pourrais-je t’acheter un grand déjeuner avec du bifteck si je suis mort " ?

"Déjeuner " ? S'il avait été dans sa forme de loup, les deux oreilles Remus se seraient dressées et auraient pivoté attentivement vers le son de ce seul mot.

"Je ne l'ai pas dit " ? Le taquina Sirius. "Cet endroit sert de la nourriture -- de la bonne nourriture, ou c’est ce qu’on m’a dit ".

Remus réfléchit là-dessus tandis que Sirius s’emparait une fois de plus de son bras et le tirait avec lui. "Ok, " décida finalement Remus, "tant que c'est un grand bifteck, je te laisserai vivre ".

----oo00oo----

Quelque temps plus tard, Remus se rendit compte qu’il était assis devant une assiette à demi-terminée d’un très bon bifteck, et il se sentait maintenant 110 mieux. Même le mal de tête était parti. Il regarda alentours. Sirius était assis en face de lui, s’occupant de son propre déjeuner et utilisant discrètement un sortilège d’écoute pour échantillonner les conversations environnantes.

Remus regarda à nouveau son déjeuner à demi-mangé. Il se rappelait avoir été traîné jusqu’ici. Il se souvenait de Sirius commandant le déjeuner. Il se rappelait d’avoir commandé son propre déjeuner, et que Sirius avait payé. Il se rappelait malheureusement -- avec affreusement de détail -- chaque bâtiment dans lequel Sirius l'avait traîné avant celui-ci. Mais il y avait quelque chose dont il ne pouvait absolument pas se rappeler même si sa vie en dépendait...

"Sirius " ? Demanda-t-il avec hésitation.

"Mmm ?" Fut la réponse distraite.

"Où est-ce qu‘on est déjà?"

Sirius rit.

----oo00oo----

Le temps que Remus finisse son repas, d’autres clients étaient arrivés, et se joignit rapidement à Sirius pour un peu d‘espionnage discret. Son ami était en train d’écouter des discussions du bord de la pièce, ce qui permettait à Remus de concentrer ses sens améliorés de loup-garou sur les gens assis à proximité. Comme ça un seul d’entre eux avait à utiliser une baguette, ce qui était légèrement moins visible que si tous les deux essayaient de faire semblant de ne pas pointer un bout de bois vers des étrangers complets.

Dans un coin de son esprit, Remus était à moitié en train d’envisager un dessert quand il se rendit compte qu’une conversation très étrange avait lieu juste deux tables loin...

"...N'a jamais trouvé ce qui s'est passé, " dit un jeune homme, "Des trucs vraiment bizarres, avec ce gosse qui a disparu et tout ".

"Foutaises, " fut la réponse méprisante d’un homme légèrement plus vieux. "Il n'y avait rien de bizarre du tout. Le gars a démoli quelque équipement cher, a été découvert, et s’est enfui quand la police a été impliquée ".

"On peut difficilement dire que c'était un "gosse ", Maurie, " dit une jeune dame assise à côté du premier interlocuteur. "Il avait au moins 18 ans -- peut-être 19. Et ils n’ont toujours pas compris ce qu'il a fait pour démolir tout cet équipement. C'est comme s'il l'avait soulevé en l’air de deux pieds avant de le laisser tomber. Certaines de ces choses devaient peser des tonnes ! Comment a-t-il fait cela ? "

A ce moment là, Sirius avait remarqué la concentration de son ami et avait tapé la table devant Remus pour obtenir son attention. "Deux tables par-là, " dit Remus silencieusement, "les deux hommes avec la brune ". Sirius suivit les yeux de Remus jusqu’à la table, et il lança rapidement un sortilège d’écoute dans leur direction.

" Tu penses que son histoire pourrait avoir été vraie, non ? "

"Eh bien, les preuves le soutiennent ".

"Suzie, " dit le plus vieil homme avec quelque exaspération, "ce gars a prétendu que tout l'équipement du laboratoire s’est mis à léviter spontanément et n’est tombé que quand quelque chose a pris feu et que le courant s’est coupé. Mais personne n'a entendu d’alarme incendie, n'est-ce pas ? Et d‘accord, j’admet qu’il y a eu une coupure de courant dans ce laboratoire, mais cette "lévitation " !? Allez ! "

"Eh bien alors, comment expliques-tu tous les dommages ?" répliqua-t-elle. "Tout le monde dans le bâtiment a entendu l'accident -- et l'alarme incendie ne s’enclencherait pas si c'était juste quelques fusibles qui sautent. Mais un court-circuit électrique aurait causé une légère odeur de brûlé, ce qui pourrait avoir fait penser au gars qu’il y avait le feu -- et enclenché un disjoncteur quelque part, ce qui aurait causé la coupure de courant ". Suzie s' arrêta un moment en réfléchissant à l'argument suivant. "D‘accord, " admit-elle finalement, "la lévitation semble assez exagérée -- mais cela fait quatre mois et demi et je n'ai toujours pas entendu de meilleure explication !"

"Ce qui ne rend pas la chose vraie. C'était probablement juste un canular. Il aurait pu utiliser une grue ou quelque chose du genre pour soulever certains des trucs lourds ".

Le plus jeune homme assis à côté de "Suzie " décida d'ajouter son opinion : "Alors tu dis que ce " Thomas " a réussi à introduire une grue en douce dans le bâtiment -- et a réussi à la cacher quand les gens sont venus en courant pour voir ce qui s’était passé ?" Il secoua la tête d'incrédulité. "Impossible. Et pourquoi est-ce qu’il voudrait démolir des milliers de livres d'équipement de toute façon ? Je te l'ai dit alors, et je te le redis maintenant : si c'était un canular, dans quel but? "

"Quelques gens ont pensé il essayait de voler l'équipement de laboratoire, " commenta Suzie, "mais je pense qu'ils ont à peu près éliminé ça il y a quelques mois. Après tout, qui est-ce qui achèterait un microscope électronique à un étudiant ? "

"Il en a cassé un ? " demanda le plus jeune homme.

"Aucune idée, " répondit Suzie. "Je ne faisais que remarquer que la plupart des gens ne sauraient pas ce que sont la moitié des choses en dehors des Laboratoires de Cavendish Et les gens qui sauraient ne l'achèteraient pas à un étudiant à moins qu'il n’ait une solide preuve de possession ".

Maurie renifla d‘un air moqueur. "En plus, on ne casse pas quelque chose qu’on a l'intention de vendre ".

"Exactement, " déclara Suzie.

"Alors, quelqu'un a-t-il cru l'histoire du gars ?" demanda le plus jeune homme "C‘est à dire à part toi, " taquina-t-il la brune à côté de lui.

De l’autre côté de la table, Maurie semblait pensif. "Pas vraiiiment... " laissa-t-il traîner.

"Mais ?"

"Mais j'ai entendu par Morgan que quelques professeurs allaient lui permettre de "recréer " ce qui s’est passé une fois que l'équipement serait réparé. Apparemment le gosse avait une assez bonne réputation. Morgan a dit que les amis du gars l'aimaient bien, et qu’il n'y avait rien de mauvais dans son rapport académique. Je ne pense pas qu'il ait même eu un casier judiciaire. Je n'ai jamais rien vu de scandaleux à son sujet dans les journaux -- et je suis sûr qu'ils auraient trouvé quelque chose s'il y avait eu quelque chose à trouver ".

Suzie soupira. "Je me sens mal pour sa famille, " dit-elle.

Maurie haussa les épaules. "C'était quoi -- deux semaines après le désastre du laboratoire qu'il a disparu ? Si je me souviens bien ils ne savaient même pas s’ils devaient le porter disparu ou faire une déclaration d‘enlèvement. Ils se sont finalement décidés pour l’enlèvement, mais si c’est vrai... Eh bien, cela fait terriblement longtemps… "

"...Et il a probablement été mort pour la plupart de ce temps, " termina le plus jeune homme sinistrement.

----oo00oo----

"Alors où allons-nous maintenant ? " demanda Remus comme ils sortaient du Centre de l'Université. Lui et Sirius avaient écouté attentivement le reste de la conversation, mais parler d'un meurtre potentiel avait à peu près tué l'intérêt de "Suzie " envers le sujet. Elle avait fait de son mieux pour changer la discussion vers quelque chose de moins déprimant, et puisque les deux sorciers n'avaient pas d'intérêt pour les vies académiques de trois étrangers, ils avaient fini rapidement leur déjeuner et étaient partis.

"Quelque part où nous pourrons trouver de vieux journaux, " répondit Sirius en sortant la carte.

"Alors tu penses que le "Thomas " duquel ils parlaient est le ‹ Robert Thomas › que nous cherchons ?"

Sirius parut étonné. "Pas toi ? "

"Tu rigoles ? Ton filleul nous demande d’enquêter sur un étudiant moldu nommé ‹ Robert Thomas › -- à cette université -- et maintenant nous découvrons qu'un étudiant nommé "Thomas " a disparu il y a quatre mois -- après avoir été témoin de quelque chose qui ressemble suspicieusement à un charme de lévitation. C'est lui bien sûr. Je demandais juste si tu étais d'accord avec moi ".

La réponse de Sirius fut un grognement amusé. "Eh bien, s' il y avait un doute, " dit-il, "jette un coup d’?il à là où est ‹ le Laboratoire de Cavendish › ".

Remus se pencha pour voir où Sirius indiquait sur la carte. Il reconnut ce groupe de bâtiments... Ils avaient déjà été là-bas une fois aujourd'hui -- quand ils avaient été au Département de Physique.

"Nous devons découvrir ce qui s'est passé dans ce laboratoire il y a quatre mois et demi, " dit Remus pensivement, "et sans tenir compte de ce que nous pensons savoir, nous avons toujours besoin de confirmer que Robert Thomas était l'étudiant impliqué. Je suis assez sûr que les universités moldues gardent une trace des vieux journaux, et puisque nous sommes là de toute façon, je pense que nous devrions essayer une des bibliothèques de l'université d’abord ".

Sirius parut surpris. "Il y en a plus d’une ? "

Remus grogna.

----oo00oo----

Un peu de recherche confirma que le "Thomas " qu'ils cherchaient était prénommé "Robert ", et avait sans aucun doute disparu il y a presque quatre mois dans des circonstances mystérieuses. Des images du jeune homme avaient circulé après sa disparition, et Sirius en avait dupliqué une du journal par magie, pour pouvoir envoyer une copie à Harry et confirmer son identité. Remus copia aussi quelques articles pour envoyer avec la photo, et prit des notes sur la chronologie des événements. Vers le milieu de l’après midi, ils avaient un bon petit paquet prêt à envoyer au Professeur Ash.

"Sais-tu où est la poste hibou la plus proche ? " Demanda Remus alors qu’ils sortaient de la bibliothèque.

"Pas sûr, " répondit Sirius d'un air absent. "Mais je ne veux pas encore partir maintenant de toute façon ".

Remus le regarda avec curiosité. "Pourquoi pas ? Il semble que nous ne pouvons pas faire grand chose de plus ici. L'investigation moldue semble s’être arrêtée, et nous ne pouvons pas vraiment commencer à interroger la famille et les amis de Tomas. Alors qu’est-ce qui reste ? "

"Je veux jeter un coup d’?il à ce laboratoire, " répondit Sirius.

"Pourquoi diable ?" demanda Remus. "Tout a été réparé maintenant -- et même si de la magie a été utilisée, il ne resterait pas de résidu après tout ce temps ".

"Peut-être -- peut-être pas, " dit Sirius. "Mais je suis curieux, et eh bien... nous sommes , n’est ce pas ? Harry nous a demandé d’enquêter là-dessus il y a presque huit jours, mais nous n'avons terminé notre dernière tâche qu’hier. Si nous ne faisons pas ceci maintenant... Eh bien, la pleine lune est demain soir, ce qui signifie que tu seras pratiquement hors-service pour la plus grande partie de vendredi -- et après cela le Directeur nous veut à Liverpool. Alors j'ai pensé -- tant que nous avons le temps… "

"Bien alors, " consentit Remus. "Je suppose que cela ne peut pas faire de mal ".

----oo00oo----

Avant la fin de l'après-midi et Remus étaient une fois plus de retour au Département de Physique sur le campus ouest de l'université. Le Laboratoire de Cavendish n'était pas -- comme son nom pourrait le suggérer -- un seul laboratoire, ou même un seul bâtiment. Mais grâce à la carte et à quelques photo de presse, les deux hommes savaient exactement où ils voulaient aller.

Maintenant ils devaient juste comprendre comment arriver au laboratoire particulier qui les intéressait sans attirer d'attention.

"Nous n’allons pas déclencher l'alarme incendie, " déclara Remus en réponse à une des suggestions de Sirius. "Je me fiche que cela viderait le bâtiment -- ce n'est pas la manière de garder un profil bas ! "

"Bien, " grommela Sirius. "Allons trouver une poste hibou alors. Nous devons toujours envoyer ce paquet à Harry. Mais je reviens ce soir après qu’ils soient tous rentrés chez eux. Comme ça je pourrai lancer quelques sorts sans me soucier que quelque moldu voie des choses qu’il n’est pas censé voir".

"Nous revenons ce soir -- et ils pourraient ne pas tous rentrer, " dit Remus. "Il y aura probablement aussi des gardes ".

"? 2:00 du matin -- ils seront chez eux, " l’assura Sirius. "Et peut-être qu’il y aura quelques gardes -- mais pas des centaines. Et je suis sûr qu'ils ne viennent que de temps en temps. Quelques sorts de désillusion et ils ne nous remarqueront même pas ! "

"Est-ce aussi valable pour les caméras de surveillance? " demandé innocemment Remus.

Sirius prit un air maussade.

"Ne me regarde pas comme cela. Je ne faisais que remarquer que tu te préparais à beaucoup d'ennuis ici, et je ne comprends toujours pas pourquoi. Je veux dire, qu’est-ce que ce laboratoire va nous dire ? Pourquoi insistes-tu tellement pour le voir ? "

Sirius s’arrêta et réfléchit en fait à la question. Pourquoi insistait- il tellement ? "Je suppose que c'est parce que je ne comprends pas pourquoi ce ‹ Robert Thomas › est si important. Je veux dire, Harry m'a dit qu’il était moldu. Mais si c’est vrai, alors qu’est ce qu’un moldu faisait avec un charme de lévitation -- et ne me dit pas que ce n’en était pas un, parce qu'Harry n’a mentionné ‹ Robert Thomas › que quand je lui ai parlé de cette vague rumeur que nous avons entendue il y a quelques mois -- tu sais : celles qui impliques des Mangemorts dans une université moldue quelque part ".

"Il nous a envoyés ici à cause de cela ! " ?

"Oui. Et pour être honnête, je ne m’attends pas vraiment à ce que le laboratoire nous explique grand chose. Mais s'il y a quoi que ce soit... n'importe quoi que les moldus puissent avoir manqué, mais qu'un sorcier pourrait trouver… "

Remus resta silencieux quelques instants. "Eh bien, " dit-il finalement, "maintenant moi aussi je suis curieux ".

----oo00oo----

Beaucoup plus tard, Remus n'était plus vraiment si curieux.

Il faisait sombre -- et froid. Il était aussi le deux heures moins quart du matin -- en octobre -- et ils utilisaient libéralement des sorts de chauffage.

Tout était silencieux quand Sirius demanda soudain : "Alors qui penses-tu que Harry aime bien ? "

"Quoi ?" demanda Remus, surpris. "D'où est-ce que cela vient ? Tu es censé guetter les gardes de sécurité ! "

"C‘est ce que je fais, " répondit Sirius. "Je n’en ai vu aucun. Mais je te connais -- tu vas me faire rester debout là jusqu’à exactement 2:00am, alors j’ai un peu de temps à tuer ". Il y eut un instant de pause. "Tu penses que cela pourrait être un des Weasleys ? Il est assez ami avec leur plus jeune fils -- bien qu'Harry ait dit que le type était plus vieux que lui, n'est-ce pas ? Eh bien -- physiquement plus vieux. C’est un peu confus maintenant, je suppose ".

"Tu sais, " commenta sèchement Remus, "Si je ne t’avais pas connu à Poudlard, je blâmerais Azkaban pour cette conversation ".

Sirius l'ignora. "A bien y penser, " continua-t-il, "Harry a aussi mentionné quelque chose à propos de Feu de Dragon -- et Charlie Weasley travaille avec les dragons, n’est-ce pas ? Tu penses que c'est lui ? "

Debout dans les ombres, Remus roula des yeux vers le ciel.

----oo00oo----

Quinze minutes plus tard, et tous les deux soigneusement désillusionnés, les deux hommes avançaient furtivement vers l'entrée du bâtiment. Un "Alohomora " à voix basse les fit entrer, et puisque la plupart du bâtiment avait toujours quelques lumières allumée pour des raisons de sécurité, il leur était facile de tracer leur chemin dans les couloirs.

Peu de temps après être entrés, Sirius fut le premier à se glisser silencieusement dans le laboratoire lui-même. Comme il passait la porte, l'animagus aperçut un éclat momentané de lumière dans sa vision périphérique. Il plongea instinctivement à couvert.

Crash ! Un sortilège explosant souffla les portes ouvertes derrière lui.

"Au nom de Circé, qu’est ce que tu fais, espèce d'idiot ?! " siffla quelqu’un.

Toujours désillusionné, Sirius jeta un coup d’oeil prudent par-dessus une table. //Merlin// pensa-t-il//les portes sont à moitié hors de leurs fichus gonds //Il espéra que Remus allait bien.

"La porte s'est ouverte !" siffla une deuxième voix. "Il y a quelqu'un ici !"

"Merde " ! dit la première voix, et Sirius eut à peine le temps de remarquer la présence de deux Mangemorts entièrement masqués et robés avant que l'éclairage de sécurité s’éteigne et que la pièce faiblement-éclairée soit plongée dans l'obscurité.

//Merde, merde, merde...// pensa Sirius pour lui-même. Il avait maintenant deux choix. Si les Mangemorts utilisaient des sorts de vision nocturne, il pourrait les aveugler avec un flash de lumière brillante -- qui aveuglerait aussi Remus s'il était toujours conscient. Mais s'il utilisait un sort de vision nocturne sur lui-même, il devrait espérer que les Mangemorst n'attendaient pas de l' aveugler avec un tour similaire.

Quelque chose gronda dehors.

"Par les tétons de Morgane -- qu’est-ce que c’était !? "

" La ferme idiot " !

//D'autre part...//Sirius sourit dans l'obscurité//Remus semble aller bien -- et il n'a pas besoin de sortilège pour voir dans l'obscurité -- surtout si près de la pleine lune //Par un accord tacite, il savait que Remus s’occuperait de leurs agresseurs aussi longtemps qu’il ferait trop sombre pour que Sirius voie ce qui se passe. Ce serait le travail de Sirius de prendre la relève si l'ennemi aveuglait Remus avec un éclat de lumière. De cette façon, les deux options étaient couvertes.

Sirius gronda en retour pour faire savoir à Remus qu’il allait bien. L'animagus se précipita aussi de côté pour éviter la malédiction qui avait été lancée dans sa direction générale. //Soit ils n'utilisaient pas de sort de vision nocturne//pensa-t-il//soit l’un d'eux ne savait pas viser//Pensant sombrement que James Potter avait été la seule autre personne à qui il avait fait autant confiance, Sirius se couvrit les yeux exprès et attendit -- le coeur martelant à ses oreilles -- un éclat de lumière éblouissant. //Je suis sous une table// se dit-il. // je suis toujours désillusionné. Je ne suis pas dehors et découvert. Remus peut voir ce qui se passe. Il me protégera .//

Et Remus le fit.

Avec quelques malédictions bien placées, le loup-garou réussit à abattre l’idiot qui avait ouvert les portes par explosion. Sirius entendit le hurlement de l'homme, qui fut suivi par le bruit sourd d'un corps tombant. Le deuxième Mangemort -- qui semblait avoir plus de bon sens -- se rendit immédiatement compte que son agresseur pouvait les voir. Quelques secondes plus tard il y eut un éclat aveuglant de lumière.

C’était le signal pour Sirius.

Il se releva d’un bond, scruta la pièce, et aperçut rapidement le Mangemort restant. Le bâtard était accroupi derrière une table avec une main devant les yeux et son bras de baguette était toujours en l'air après le sortilège de flash.

Sirius l’envoya promptement s’écraser contre le mur.

L'animagus regarda alors autour de lui, cherchant une autre menace, et son partenaire temporairement aveuglé.

Il ne vit personne -- littéralement. Même le Mangemort que Remus avait descendu semblait avoir disparu.

"Lunard ? " appela-t-il un peu paniqué.

"La haut, " fit la voix du loup-garou. Sirius leva les yeux, et Remus était là -- au plafond.

"Joli tour, " commenta Sirius avec soulagement. "Sortilège de colle modifié ? "

"Oui, et je ne peux toujours rien voir du tout. Répare la porte -- et pour l’amour de Merlin, lance aussi un sort repousse moldu avant que la moitié des gardes du campus arrivent ".

"Oui, je t’aime aussi " Sirius rit tout bas en se hâtant d’exécuter les volontés de son ami.

----oo00oo----

Ils descendirent finalement Remus du plafond et appliquèrent un peu de premiers secours magiques à ses yeux. Sa vision était toujours un peu floue, mais par expérience passée ils savaient qu’il irait bien dans plus ou moins une journée.

Un nombre de moldus passa devant les portes récemment réparées, mais le charme anti- moldu s'occupa d'eux. Sirius avait utilisé celui que les Aurors lançaient ordinairement à une scène de crime dans les secteurs moldus. Il marchait en convaincant chaque moldu qui s’approchait que tout allant bien et ils qu’ils n’avaient pas besoin d’aller plus loin. Finalement, une fois tous les autres laboratoires vérifiés, les gardes croiraient qu'ils avaient fouillé l'ensemble du bâtiment et n'avaient rien trouvé d‘étrange.

Sirius lança aussi un sortilège de silence sur les portes, juste par précaution.

Une fois que Remus pouvait voir ce qu'il faisait pour la plupart, Sirius alla vérifier le Mangemort qu'il avait envoyé voler.

"Il est mort, " annonça Sirius avec quelque surprise quand Remus vint le joindre. ? On dirait qu’il s'est cassé le cou quand je l'ai envoyé voler ".

"L'autre est parti en portoloin juste avant que j'aie été aveuglé ".

"Merde, " marmonna Sirius. Puis il regarda alentours les dommages dus aux sortilèges dans le laboratoire et soupira. ? Je suppose que nous devons réparer ce désordre, hein ?"

"‹ La Loi du Secret › et tout cela, " consentit Remus.

Ils se mirent au travail.

Cela ne prit pas longtemps, puisque le combat avait été assez rapide et les dommages n'étaient pas vastes.

Quand ils eurent finis, Remus remarqua quelque chose. "Te semble-t-il qu’il manque des choses? "

"Ouais, " Sirius hocha la tête. "Tu vois là ? " Il pointa du doigt un contour sombre par terre. "Quelque chose était à cet endroit pendant des années, mais n’y est plus maintenant ".

"Les réparations pour ce laboratoire étaient censées être finies, " médita Remus . "Sûrement qu’ils ont remplacé tout l'équipement ".

"Hé, " l’appela soudain Sirius, "viens voir ça ".

Remus marcha vers lui pour trouver Sirius, poussant de sa botte un cordon d'alimentation qui était toujours connecté au mur. Cependant, le câble lui-même avait été tranché et était étendu inutilement au travers d’un autre contour sombre par terre.

"C’est juste un pressentiment, " dit Remus, "mais jetons un coup d'oeil à ce que notre Mangemort mort a dans ses poches ".

Faisant attention à un possible portoloin qu'ils ne voudraient pas activer, les deux hommes ont fouillèrent à fond leur agresseur mort. Ils trouvèrent finalement plusieurs articles qui étaient évidemment d'origine moldue -- et avaient à l’évidence été rétrécis et allégés pour être transporté commodément.

Quand Sirius et Remus enlevèrent les sorts, ils purent apparier certains équipements restaurés avec quelques uns des contours par terre. Il y avait aussi une sélection d'articles qui avaient probablement été disposés sur les tables. Quelque sortilèges de réparation furent tout ce dont il y eut besoin pour reconnecter les plus grands morceaux avec leurs prises de courant coupées, et Remus est alla ramasser les prises restantes en trop afin de donner au vol un air un petit peu moins bizarre. A la fin, il manquait toujours plusieurs choses, mais il ne pouvaient pas y faire grand chose. Le laboratoire était -- de leur mieux -- de retour à la normale.

"Eh bien, " médita Remus une fois qu’ils eurent fini, "Il y a certainement beaucoup de résidu de sortilèges ici maintenant ".

"Mais que diable au nom de Merlin voulaient-ils faire avec tous ces... trucs ? " demanda Sirius. "Et qu’est-ce que c’était tout ça, de toute façon ? "

"Aucune idée, " répondit Remus, "mais je suis épuisé -- et nous devons toujours faire quelque chose du corps ".

"En fait, " dit Sirius avec une étincelle bizarre dans son oeil, "j’ai peut-être une idée pour ça ".

----oo00oo----

C'était l'heure du déjeuner de jeudi au Centre de l'Université, et le sujet chaud de conversation était le gars mort qui avait été trouvé sur le toit du département de Science des Plantes -- nu, sauf une feuille de figue sur ses parties génitales, une paire de lunettes de soleil sur son visage, et les mots ‹ La vie ne vaut pas d’être vécue sans une carte › griffonnés à l'envers sur son ventre. La police traitait cela comme un meurtre, mais puisque l'écriture aurait été dans le bon sens si l'homme avait regardé vers le bas en l‘écrivant, il y avait un peu de débat pour savoir si c'était en fait une forme bizarre de suicide.

"Tu m'inquiètes, Patmol -- tu m’inquiètes vraiment, " murmura Remus comme le commérage volait de manière épaisse et rapide autour d'eux.

"Peut-être, " répondit Sirius, "mais cela a enlevé toute l’attention du matériel de laboratoire manquant, n'est-ce pas ? Cela a tout juste été mentionné dans le journal ce matin ".

"Oui, bien -- j'admets que c’était utile. Mais tu ne penses pas vraiment que cet autre Mangemort va revenir, n'est-ce pas ? Il devrait être fou ".

"Hé, est-ce que tu aimerais dire au vieux Voldie que tu as échoué dans ta tâche ? Et quoi qu'ils fassent avec ces choses - eh bien, il leur en manque toujours la moitié, non ? Il va revenir -- tu vas voir ".

"Je suis sûr qu'il le fera, " grommela Remus, "-- et probablement avec des renforts ".

"Peut-être, " reconnut Sirius. "Mais je pense que le vrai problème ne va pas être combien se montrent, mais quand. Si ce n'était pas une pleine lune ce soir, je serais tenté d’y retourner pour monter la garde -- et non, ce n'est pas ta faute que nous ne pouvons pas y retourner ce soir. Prends un autre bifteck -- tu as toujours l’air un peu fatigué autour de ce moment du mois ". Remus lui lança un regard noir, mais Sirius continua gaiement : "Franchement, je pense que le gars s’est probablement enterré quelque part en essayant de trouver une histoire plausible pour ne pas se retrouver mort s’il arrive avec seulement la moitié des articles ".

"Alors que faisons-nous s'il ne se montre pas ? " demanda Remus. "Penses-tu que nous devrions le dire à Dumbledore ?"

Sirius considéra cela. "Non, " décida-t-il finalement. "C’est le show de Harry. Si le Directeur a besoin de savoir, alors Harry le lui dira. En ce moment, Dumbledore ne sait pas même que ‹ Robert Thomas › existe ".

"Ok, " Remus hocha lentement la tête. "Je peux vivre avec cela. Mais installons quelques détecteurs magiques d'activité au laboratoire aussi. Comme ça, au moins nous saurons s'ils reviennent ".

"Bonne idée, " consentit Sirius. "Je vote pour que nous trouvions aussi l’adresse de la famille de Thomas. Nous devrions installer quelques charmes de détection autour de leur maison -- et espérer comme diable que nous n'aurons pas besoin de les évacuer en hâte. Ils devraient aller bien puisque les Mangemorts ne les ont pas ennuyés pour le moment, mais on ne sait jamais… "

"Je pense que nous pourrions aussi avoir besoin d'envoyer un autre hibou à Harry, " suggéra Remus. "Beaucoup de choses se sont passées depuis hier après-midi ".

"Je ne sais pas… " réfléchit Sirius. "Peut-être un petit hibou pour lui parler des Mangemorts… Mais je pense que je suis plus tenté de faire le prochain travail du Directeur aussi rapidement que possible et puis d’aller voir Harry en personne. La magie et les moldus ne sont pas censés se mélanger. Je pense que nous avons besoin de savoir plus de choses que ce que je confierais à un hibou ".

----oo00oo----

C'était jeudi matin, bien avant le petit déjeuner, quand Harry sortit de sa salle de bains pour trouver un hibou perché patiemment sur la table de la cuisine. Sirius et Remus lui avaient envoyé un paquet. Malheureusement, quand il l'avait ouvert, eh bien, les nouvelles n'étaient pas bonnes. Il avait répondu tout de suite pour confirmer que le jeune homme de la photo était sans aucun doute Robert, mais autrement que cela, il semblait qu’il ne puisse pas faire grand chose d’autres. Cela faisait des mois que Robert avait disparu et tout indice aurait disparu maintenant.

Harry pensa aux informations que son parrain et Remus lui avaient envoyé, débattant s'il devait aller à Cambridge lui-même. Mais son parrain et son oncle honoraire savaient ce qu'ils faisaient, et à ce point sa présence ne ferait probablement pas beaucoup de différence.

Poussant ses inquiétudes de côté, Harry finit de se préparer pour la journée et se concentra sur ses devoirs d'enseignant.

Il réussit à terminer ses classes du matin sans mésaventure, mais il était quand même reconnaissant d’avoir une période de libre juste avant le déjeuner. Il utilisa le temps libre pour voler au delà des sorts de protection de l'école et fit un court voyage dans le monde moldu. Il voulait jeter un second coup d’?il aux deux propriétés qu'il avait préféré le jour d’avant. Espérons-le, ceci confirmerait son impression que l'entrepôt à Glasgow était celui qu’il voulait acheter. Il s’arrêta aussi sur le chemin du retour et s'acheta un téléphone mobile. Le voyage entier ne prit pas longtemps, mais même alors, il arriva juste à temps pour sa première classe de l'après-midi.

Le reste de la journée progressa normalement jusqu' à tard le soir quand un deuxième hibou est arriva. De nouveau le message était de Sirius et de Remus -- confirmant cette fois l‘implication de Mangemorts.

Harry savait qu’il y avait maintenant des sorts de détection au laboratoire de Cambridge et à la maison de Thomas, mais la chance d'attraper un Mangemort vivant -- et encore moins de le suivre à leur base d'opérations -- était mince au mieux. Une fois de plus, il semblait que Harry ne puisse rien faire de la situation, et bien qu'il sache gré des efforts de Sirius et Remus, il était aussi très inquiet à propos de Robert. Il savait que Voldemort ne tuerait pas le jeune homme, mais ses Mangemorts n'étaient pas les torches les plus brillantes du mur, et si Voldie ne gardait pas une poigne ferme sur eux...

Harry frémit. Il avait besoin de découvrir où Robert était retenu. Même si l'étudiant manquant n'était pas physiquement torturé, les dommages mentaux et émotifs que Voldemort pourrait infliger étaient... Harry ne voulait pas le trouver comme cela. Pas une deuxième fois. Et bien que Robert ne soit pas si important que cela à l'effort de guerre, Harry croyait fermement qu'il était crucial pour l'avenir que le monde de la sorcellerie pourrait avoir ensuite.

----oo00oo----

Vendredi se passa sans aucune nouvelle de Sirius ou de Remus -- mais puisque cela avait été une lune pleine la nuit avant, Harry ne s'était pas vraiment attendu à en avoir.

Ce matin il avait décidé d'acheter l'entrepôt de Glasgow, et au déjeuner il a fait un autre voyage en dehors des protections avant de transplaner au loin, assez loin pour que son téléphone mobile marche. Dans le monde magique il était largement cru que la magie et la technologie moldue étaient fondamentalement incompatible. Harry, cependant, avait en fait vu des appareils technomagiques dans le Miroir et savait que c’était un mensonge complet. Malheureusement, puisqu’il n'avait pas la moindre idée de comment Robert et Hermione avaient réussi à mélanger les deux, il devait toujours faire ce petit voyage afin d'appeler le courtier de propriété de Glasgow et prendre les arrangements nécessaires pour signer le contrat et finaliser la vente.

Maintenant c'était vendredi soir et Harry se préparait actuellement pour une nuit dehors au pub -- et pas juste n’importe quel pub, mais un pub moldu où il espérait trouver un vieil ami. Eh bien, un vieil ami du point de vue de Harry en tout cas. Sans les mémoires du Miroir, cet homme ne saurait absolument pas qui Harry était.

Après avoir fermé le dernier bouton de sa chemise, Harry continua par vérifier ses armes -- magiques et mondaines -- pour s’assurer que les moldues seraient perceptibles pour un observateur entraîné tandis que les magiques resteraient cachées. Son reflet dans le miroir montrait un moldu qui portait des armes dissimulées et savait les utiliser. Assez bon.

//Il est temps de se concentrer sur le présent// se dit Harry . //Pour le moment, le mieux que je puissefaire pour aider Robert est de m’assurer que Voldemort ne gagne pas.//Il passa rapidement un manteau pour cacher ses vêtements moldus, et s'empara de son balai. Puis il se dirigea vers un pub où il espérait trouver un homme nommé Jack.

----oo00oo----

Le trottoir mouillé brillait sous les éclairages des rues alors que Harry cheminait le long d’un rue relativement calme. La pluie s’était arrêtée quelque temps auparavant, mais l'air humide était toujours un peu plus frais qu'il aurait du l’être. Plus loin Harry pouvait voir la circulation dans la rue principale animée, mais il était beaucoup plus intéressé par les sons de conversation et de rire heureux venant de l'embrasure ouverte juste en devant lui.

Harrry entra dans le petit pub, content de voir qu'il n'avait pas changé beaucoup de ce qu'il se rappelait dans le Miroir. La pièce principale était installée plus bas que la route, et de l'embrasure de la porte, il dut descendre sur les vieilles lattes en bois du plancher. Le plafond était aussi un peu plus bas que ce à quoi il était habitué, mais cela rendait juste les poutres exposées du plafond plus facile à voir -- et elles valaient bien un regard puisque il y avait beaucoup de choses bizarres et intéressantes de posées dessus.

Le bois assombri par l’âge au-dessus des têtes des clients hébergeait un assortiment de bibelots -- y compris de vieilles cruches en cuivre, des chopes, divers instruments de cuisine, de petits morceaux de statues, un vieux harnais de cuir, des outils de ferme rouillant, et une collection étrange de vieux livres poussiéreux. C'était comme si des gens de tous chemins de vie avaient décidé de laisser quelque chose à eux pour rappeler leur passage à de futurs clients.

//D'autre part// se dit Harry//les propriétaires pouvaient juste avoir acheté ces choses et les avoir coincées là-haut pour ajouter à l’atmosphère.//

Mais de toute façon, Harry appréciait toujours cela, et il s'avança avec confiance dans la pièce, passant les locaux qui bavardaient avec bonheur et ne firent pas attention à lui. Les étrangers étaient les bienvenus ici, et le barman sourit quand Harry s’approcha.

Il commanda une pinte et expliqua ensuite qu'il cherchait un homme nommé Graham Jackson qui avait récemment quitté l'armée.

Le barman fronça les sourcils. "Je ne me souviens pas d’un ‹ Graham Jacksons › j'en ai peur. C’est un ami à vous ? "

"Non, " répondit facilement Harry. "Je ne l'ai jamais rencontré. Je suis ici pour lui offrir un travail -- ou lui demander des conseils sur qui d'autre pourrait être intéressé s'il ne le veut pas ".

"Vous faites un entretien d’embauche dans un pub avec un parfait étranger ? " Le barman avait l’air sceptique et suspicieux. Il commençait à l’évidence à se demander si quelque chose illégal était en cours.

Harry rit. "Oui, je suppose que oui -- mais ne vous inquiétez pas, je ne recrute pas pour quelque conspiration sournoise. Tout est sur la table, je promets. Et si cela ne vous rassure pas, alors je peux dire honnêtement que "Jack " Jackson m’enverrait sur les roses s’il pensait qu’il y avait anguille sous roche ".

Harry vit le barman se relâcher visiblement. "Jack ? " demanda l’homme avec surprise. "Je pensais que vous aviez dit que son nom était Graham ".

"Oui, mais apparemment il n'aime pas son prénom ".

"Ah. Ce qui explique pourquoi je ne l'ai pas reconnu, " le barman hocha la tête. Soudain il émit un rire court. "Alors, son nom c’est Graham, n'est-ce pas ? Comprends pas pourquoi il ne me le dirait pas -- c'est un nom parfaitement respectable. Et oui, je pense que je connais le type que vous cherchez. Il n'y a pas trop de "Jacks " qui sont partis l'armée il y a à peu près un mois et qui aiment boire dans mon pub. Il est une sorte de client habituel ces jours-ci, bien qu’il soit encore un peu tôt pour lui. Si vous voulez attendre, je peux lui dire que vous êtes ici quand il arrivera ".

Attendre ne dérangeait absolument pas Harry. Il commanda son dîner puis s’installa dans un coin calme avec un livre qu'il avait descendu d’une des poutres du plafond.

A peu près quarante minutes plus tard, pendant que les restes de dîner de Harry étaient en train d’être enlevés, il remarqua Jack debout au bar. Le barman pointait vers Harry, et Jack -- boisson en main --- se tourna pour le regarder.

La première impression de Harry fut une de jeunesse. Sa seconde fut une impression d'amertume. Après avoir été autour de ses amis adolescents pendant presque deux mois, Harry s’était attendu à cette plus jeune version de Jack -- mais l'amertume était une surprise. //Bien que cela ne dût probablement pas en être une// se dit Harry. Il se rappelait vaguement quelque chose au sujet d'une vilaine dispute de pouvoir qui avait débordé sur certains des rangs plus bas -- et surtout Jack, qui avait finalement quitté l'armée à cause de cela. Mais dans le Miroir, Harry n'avait pas été présenté à Jack avant plusieurs années plus tard, et alors l'homme avait continué sa vie et placé le passé derrière lui -- ce qui était pourquoi Harry avait seulement une vague idée de ce qui s’était vraiment passé. Pour le Jack dont il se souvenait, ce n’était simplement pas important, et il ne le mentionnait que de temps en temps en passant.

Pendant que Harry le regardait, Jack se tourna et dit quelque chose au barman qui répondit avec un rire et une secousse de sa tête. Jack revint alors à Harry et commença à frayer son chemin jusqu’à la table de Harry.

Harry glissa de sa chaise et se leva pour accueillir l'homme. Il se permit aussi de se relâcher dans la disponibilité désinvolte de son entraînement de Mage de Guerre, et sourit en regardant Jack cataloguer mentalement sa position et sa posture, avec ses armes moldues dissimulées. En retour, Harry remarqua le grand pas facile de Jack et la manière dont il se tenait alerte et prêt. Ils étaient tous les deux des soldats, et Harry rencontra les yeux de l’autre homme avec un regard égal. Quand Jack l’atteignit, ils avaient tous les deux reconnu et accepté qu'ils partageaient une certaine quantité d'entraînement professionnel.

"Vous n'êtes pas de l'armée, " dit Jack avec un regard spéculatif, "mais vous êtes militaire. Forces Spéciales ? "

"A peu près, " reconnut Harry. "Mais pas d’une armée que vous connaissiez ".

"Black Ops ? "

"Si vous en avez entendu parlé, alors je n’en fais pas partie ".

Jack eu l’air étonné et un peu curieux. Mais il était résolu quand il dit : "Je viens de sortir de l'armée. Je ne cherche pas à y re-rentrer-- ou quoi que ce soit du genre ".

"Je ne vous le demande pas, " répondit sérieusement Harry. "J'ai juste besoin de quelqu'un pour entraîner un petit nombre de spécialistes. Et fiez vous à moi quand je dis que ce en quoi ces hommes et femmes vont se "spécialiser " va vous souffler ".

Jack paraissait toujours curieux, mais aussi plutôt douteux. "Vous dites que tout est légal , " dit-il sans ménagements. "C’est vrai ? "

Harry plissa ses lèvres. "Cela dépend de votre définition, " répondit-il d’une manière également directe. "Juste pour vous dire que ce que le travail est violera au moins une loi majeure -- mais c'est une loi dont la plupart des gens de loi, y compris la plupart des juges, ne connaissent même pas l’existence -- et c’est moi qui violerai cette loi, pas vous ".

"Une loi que les avocats ne connaissent pas ? " Jack n'avait jamais entendu parler d'une telle chose, mais l'homme devant lui n'avait pas l'air de plaisanter. Jack pensa très soigneusement à ce que cela impliquait. Si c'était vrai, alors il y avait quelque chose très sérieux -- et probablement de très dangereux -- derrière cette offre de travail. Mais cela pourrait être aussi quelque chose d’assez différent -- et d’assez remarquable -- pour garder son intérêt. Il était fatigué d'être au chômage, et il n’était pas particulièrement intéressé par n'importe lequel des travaux civils pour lesquels il était qualifié.

"Je veux juste que vous m‘écoutiez, " dit l'étranger. "C’est tout ce que je demande ".

//Et quel mal cela pourrait-il faire de juste l’écouter //pensa Jack. Donc il s'assit à la table, posa sa boisson sur le bois poli, et regarda l'autre homme se glisser dans la chaise opposée.

----oo00oo----

Quelque temps plus tard...

"Pourquoi est-ce que personne ne nous regarde ? Ou du moins les verres qui flottent? "

"Un sortilège. Il... décourage... les gens de nous remarquer. Je suppose qu’on pourrait dire que cela nous fait sembler ennuyeux... Comme si cela ne valait pas la peine de faire attention à nous."

"Ah ".

----oo00oo----

Encore plus tard...

"Alors ces gens -- ces... crackmols. Ce seront des civils ? Pas d'entraînement physique, pas de stratégie, aucunes armes... rien ?"

"Rien, " confirma le Mage de Guerre. "C’est pour cela que j'ai besoin de vous. Vous êtes un tireur d'élite et spécialiste. Vous êtes aussi bon aux autres formation. Je ne veux pas que qui que ce soit se tire dans le pied ".

"Si vous êtes sérieux à ce propos, alors ils auront aussi besoin de corps à corps. Et tenant compte de ce que vous m'avez dit, je pense que quelque genre de lancer de couteau pourrait être sage aussi ". Jack y pensa un peu plus. "Vous aurez besoin d'au moins deux autres personnes -- et ils devront être bons à garder des secrets -- surtout envers leurs famille et amis ".

"Oui, " consentit Ash. "La dernière chose dont j'ai besoin est que la maman de quelqu'un pose trop de questions ".

"Mais n'importe qui qui aimerait une chance de faire quelque chose de différent serait un bon pari, " Jack réfléchit tout haut.

Le Mage de Guerre lui sourit d'un air satisfait. "Vous avez quelqu’un à l'esprit ?"

----oo00oo----

Une demi-heure plus tard, et en dépit du fait qu'il avait habilement éviter de répondre, cette question traînait toujours à l‘esprit de Jack. Etait-il intéressé par le travail ? Diable oui. La magie était réelle. Qui ne serait pas intéressé ? Mais Jack n'était pas stupide. Il savait qu’il aurait besoin de plus d'information avant de se commettre dans quoi que ce soit. Le fait que la magie soit réelle ne changeait pas les principes de base. Les gens toujours des gens, et Jack ne se faisait aucune illusion du monde magique comme une sorte d'utopie -- surtout pas avec le genre de chose que ce ‹ Mage de Guerre › décrivait. Mais quand même... La travail que "Ash " voulait qu’il fasse ne semblait pas être au delà de ses capacités, et ce n'était pas même une position en première ligne...

"Alors, " commença Jack pensivement, "ce Voldemort … Il n'est plus vraiment humain ? "

Ash renifla moqueusement. "Pas physiquement. Mentalement ? Je souhaiterais pouvoir dire non, mais il y a gens entièrement humains dehors là-bas qui partagent ses convictions et sont d'accord avec ce qu'il fait ".

"Les ombres d’Hitler, " répondit Jack avec une grimace.

Le Mage de Guerre sourit un peu d’un air moqueur. "Et il péterait un câble d‘être comparé à un moldu, n‘est ce pas ?"

"Moldu, " dit expérimentalement Jack. "Alors je suis un "moldu ", n'est-ce pas ? Vous savez, cela semble vaguement insultant ".

"Et beaucoup de sorciers et sorcières l'utilisent comme ça aussi -- même ceux qui ne sont pas d'accord avec Voldemort. C’est presque... de la condescendance. Vous êtes un "moldu " -- pauvre petite chose ! Comment est-ce que vous vous en sortez?"

"Bien, bien sûr en tant que "moldu " je ne sais pas ce que je manque, " ajouta Jack de manière tordue. "Alors vraiment, je suis un pauvre moldu ignorant ".

"Plus tout à fait ignorant maintenant, " lui rappela Ash. "Et c’est pire pour les crackmols que pour vous. Si vous êtes un moldu, alors vous êtes un moldu et c‘est tout. Mais si vous êtes un crackmol, alors vous étiez censé être un sorcier. Cela implique qu’il y a quelque chose qui ne va pas chez vous. Le monde de la sorcellerie traite ses enfants crackmols comme des lépreux ".

"Ce qui leur donne un point commun, " dit Jack. "Si vous construisez une équipe, c’est une base assez puissante sur laquelle la construire. Quiconque vous choisirez pour ce travail travaillera d’arrache pied pour prouver sa valeur". Alors, après une pause sobre, il ajouta : "Mais s'ils ont été traités aussi mal que vous le dites, il y en aura forcément un ou deux qui laisseront leur entraînement leur monter à la tête. Dans l'armée nous avons toujours un idiot occasionnel qui pense que son entraînement signifie qu'il peut faire le seigneur au-dessus des civils. Nous devrons faire attention à cela".

"Nous ? " Ash sourit.

Jack se sentit sourire en retour.

----oo00oo----

Beaucoup plus tard...

" Est-ce que vous aviez besoin de lui dire mon fichu nom ? Maintenant il va m’appeler Ham1 à chaque fois que je vais entrer. Je déteste me faire appeler Ham ! Et comment diable avez-vous découvert mon nom en premier lieu ? D’autres sorts ? "

Harry rit alors qu’ils marchaient tous les deux côte à côte dans la rue. Le barman avait dit qu’il était l’heure il y a quelques minutes, et le pub fermait derrière eux. "Peut-être que vous pourriez faire en sorte qu’il vous appelle "Grae ". " suggéra Harry.

Jack lui lança un regard noir. "Comme si c‘était mieux, " grogna-t-il.

Harry ricana. "Continuez comme ça, " conseilla-t-il, "et vous ferez que Rusard se sente chez lui. Vous grognez tout comme son fichu chat. ".

"Qui est-ce qui nomme son chat ‹ Madame Teigne › de toute façon ? Et ce qu'est arrivé à ‹ M Teigne › ?"

"Je ne sais pas. Je m’en fiche ". Harry rit encore. "Mais pour l’amour de Merlin, si jamais vous rencontrez cette boule de poil, ne l'insultez pas. Dédaignez la et Rusard ne vous parlera plus jamais ".

"Il ne m'a même pas encore rencontré-- et de ce que vous m’avez dit il ne vous a pas vraiment parlé non plus. Etes-vous sûr que ce gars est le bon à nommer responsable? "

"Faites moi confiance. Il sera bon. Très bon ".

"Il semble assez amer, " dit Jack douteusement. "Personne n'a besoin d'un commandant avec une fissure à son plastron ".

"Il n'a pas de sens de sa valeur, " répondit Harry. "Arrangez cela, et ce sera un homme avec qui il faut compter ".

"Mais pourra-t-il commander?" appuya Jack. "Cela n'est pas pareil de simplement de donner des ordres de ci de là. Apparemment vous voulez donner à ce gars l'équivalent d’un poste de capitaine avec sa propre section de spécialistes. Il sera directement responsable de la sûreté et du déploiement de vingt ou trente autres personnes. A-t-il ce qu'il faut ? Voudront-ils le suivre ? De ce que vous m'avez dit il n'est pas très aimé, et nous n'aurons pas beaucoup de temps. S'il n'a pas au moins quelque capacité naturelle tout s’effondrera ".

Harry arrêta de marcher. "Jack, " dit-il sérieusement. "Je sais que nous venons tout juste de nous rencontrer, mais s'il vous plaît -- faites moi confiance la-dessus. Je connais très bien Argus Rusard. La semaine dernière il n’a pas arrêté de me suivre, me faisant le mauvais ?il. Je suis un Mage de Guerre. Il est un crakmol. Par droits il devrait se recroqueviller loin de moi à chaque fois qu’il me voit. Ces derniers jours ont aussi été pire que jamais pour les élèves -- les élèves en magie qui pourraient l'ensorceler jusqu'à la semaine prochaine par caprice! Mais ce sont eux qui fuient devant lui ! Cet homme peut intimider des sorcières et des sorciers adultes par simple force de personnalité -- et il est près de craquer. Je peux le sentir. Il veut ce que j'offre, et il le veut vraiment ".

"Je ne suis pas sûr que ce soit une si bonne chose, " l’avertit Jack. "Il semble mûr pour la vengeance une fois qu’il se rendra compte de ce que son entraînement lui permet de faire ".

"Oh, c'est pire que cela, " dit Harry. "Il a aussi vécu à l’un des endroits les plus magiques du monde. Il s'est littéralement trempé de pouvoir toute sa vie adulte. Il est, tout à fait franchement, le crackmol le plus puissant de la planète ".

"Maudit enfer. Et vous voulez le nommer capitaine ? Avez-vous perdu la tête ? "

Harry rit "Vous n'êtes pas la première personne à me le demander ". Puis, plus sérieusement, il ajouta : "Je ne peux pas vraiment expliquer pourquoi... mais je peux dire honnêtement que j'ai une bonne raison de croire que Rusard est-- au fond du coeur -- un être humain décent ". Puis il s'arrêta un instant. "Cela a dit, j'entends ce que vous me dites. Je ne suis pas assez stupide pour négliger la possibilité que les choses puissent aller de travers ". Sinistrement, il continua. "Si le pire devait arriver... Eh bien, je sais mieux que lui-même ce qu'il peut et ne peut pas faire -- et si je le dois, je le descendrai ".

Jack hocha la tête. "J’aimerai savoir pourquoi vous avez tant confiance en ce gars là, mais tant que vous n’êtes pas trop confiant je peux vivre avec cela ".

Ils marchèrent ensemble jusqu'à ce qu'ils atteignent le bout de la rue.

Regardant derrière lui vers son nouvel/ancien ami, Harry dit : "? un point dans la semaine prochaine j'arrangerai un compte en banque avec les fonds pour la section et ses dépenses. Cela inclut votre salaire. Je sais que vous avez mon numéro de téléphone, mais les téléphone portables ne marchent pas à l'école, donc nous ne pourrons probablement pas reparler avant vendredi prochain. " .

"Ne vous inquiétez pas pour ça, " le rassura Jack. "J'ai quelques appels à passer, mais j'ai déjà deux personnes en tête pour le corps à corps et le maniement du couteau. Un est un ex de l’armée comme moi, et survit maintenant comme entraîneur de sécurité privé. L'autre travaille juste assez pour acheter sa nourriture et dépense alors le reste de son temps dans le dojo à aiguiser ses compétences pour s'amuser. Aucun des deux n’est vraiment fermement attaché à son travail. Une fois que vous aurez tout expliqué -- et prouvé que la magie est réelle -- je pense qu'il est plus probable qu’ils sautent sur l'occasion que de dire "non ". Surtout puisque je peux garantir que vous offrez un meilleur argent que ce qu’ils gagnent maintenant ".

"Ca semble bon. Mais je me faisais plus de soucis au sujet de l'infrastructure de formation. Vous savez mieux que moi ce dont vous aurez besoin en terme d'armement, de munitions, de cibles, et d'équipement de formation. Et je n'ai même pas commencé à regarder les choses fondamentales comme les tables et les chaises. Tout cela coûtera de l'argent -- et tant que je suis sur le sujet, aurons-nous besoin d'un comptable ?"

"Quelqu’un pour tenir un registre suffira probablement, " répondit Jack avec un haussement d‘épaules. "Mais nous pourrions avoir de la chance et en choisir un dans la section. Je m’en occuperai jusqu’à ce que nous soyons sûrs que nous n’avons personne en interne.

"Suffisant. Demain je compte signer le contrat pour un endroit que nous pourrons équiper. J'offre assez d’argent pour régler ça rapidement et nous permettre d’emménager le weekend d’après ".

?Vous savez, je suis assez sûr que je vais apprécier de travailler pour un type riche, " médita Jack. "Cela rend tout tellement plus facile ".

"Je vois un siège de toilettes plaqué or et vous êtes mort, " plaisanta Harry.

"Pas de chiottes en or, " consentit Jack. "J’ai compris ".

Harry sortit sa main. "Je vous verrai vendredi prochain, alors ".

La poignée de main de Jack était chaude et ferme. "A vendredi alors, patron ". Et avec cela, Harry revint dans l'ombre de la rue et transplana au loin.

----oo00oo----

1 Jambon

  • Post a new comment

    Error

    default userpic
  • 10 comments